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Des perspectives plutôt que le dénigrement du temps partiel : les angles morts de l'argumentation des employeurs

11. mai 2026
Thomas Bauer
Thomas Bauer
Responsable de la politique économique

Selon l'Union patronale, les salarié·e·s sans enfants qui ne travaillent pas à temps plein seraient des « adeptes du mode de vie à temps partiel » (Teilzeit-Lifestyler en allemand), ce qui serait répréhensible. Au lieu d'exercer une pression morale pour pousser les gens à travailler, elle devrait améliorer les opportunités pour les salarié·e·s qui souhaitent réellement travailler davantage. De plus, il existe de fausses incitations pour les employeurs à embaucher des salarié·e·s à temps partiel, qu’il faut éliminer. Car il y a suffisamment de salarié·e·s qui souhaitent travailler davantage.

L’Union patronale a importé un nouveau terme d’Allemagne : « Lifestyle-Teilzeit ». C'est ainsi qu'elle désigne désormais les salarié·e·s qui, à ses yeux, ne travaillent pas assez. Elle veut maintenant exercer une pression morale sur les salarié·e·s pour les pousser à adopter un comportement conforme à ses attentes : les salarié·e·s doivent travailler davantage. Ce faisant, elle ignore comment fonctionne aujourd'hui le travail à temps partiel en Suisse et quels sont les potentiels réels. 

Augmentation significative des taux d'activité des familles grâce au travail à temps partiel 

Ces dernières années, ce sont surtout les familles qui ont fortement augmenté leur temps de travail. Les pères n’ont que légèrement réduit leur temps de travail, tandis que les mères l’ont nettement augmenté. Concrètement : il y a 20 ans, les hommes travaillaient 39 heures par semaine ; aujourd’hui, ils en travaillent 38 (-1 heure). Il y a 20 ans, les femmes travaillaient 17 heures par semaine ; aujourd’hui, elles en travaillent 22 (+5 heures). Si l'on additionne ces temps de travail, on constate qu'il y a 20 ans, les couples avec enfants effectuaient ensemble 54 heures de travail par semaine. Aujourd'hui, ce chiffre est passé à 58 heures, soit quatre heures de plus. Pour les couples sans enfants, le temps de travail est passé de 58 à 61 heures par semaine. [1] Les parents, en particulier, effectuent donc nettement plus d'heures de travail qu'il y a 20 ans. Le travail à temps partiel est la condition sine qua non pour que cela soit possible. En effet, même si les deux parents travaillent davantage, il reste des tâches de garde à accomplir. Il s’agit donc d’équilibre entre travail et travail. Apparemment, l’Union patronale considère désormais que le potentiel à cet égard est de plus en plus épuisé. Elle se tourne désormais vers les salarié·e·s qui, à ses yeux, ne travaillent pas assez. 

De quels salarié·e·s les employeurs parlent-ils ? 

Dans le cadre d'une enquête menée par l'Office fédéral de la statistique, les salarié·e·s ont été interrogé·e·s sur les raisons de leur travail à temps partiel. La raison de loin la plus importante est la prise en charge d'enfants, d'adultes nécessitant des soins ou d'autres obligations familiales. Un tiers de l’ensemble des salarié·e·s citent cette raison pour justifier leur activité à temps partiel. Parmi les autres raisons importantes figurent la formation initiale et continue, la maladie ou un handicap. Sur les 1,9 million de salarié·e·s travaillant à temps partiel en Suisse, environ 17 % déclarent ne pas être intéressé·e·s par un emploi à temps plein. Cela correspond à un peu plus de 300 000 salarié·e·s. [2]

Que signifie « ne pas être intéressé·e » par un emploi à temps plein ? 

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les salarié·e·s ne souhaitent pas travailler à temps plein, même s’ils n’ont pas de responsabilités familiales, ne suivent pas de formation continue et ne sont pas en arrêt maladie. La raison principale est l’augmentation de la charge de travail dans divers secteurs professionnels. C’est le cas, par exemple, de plusieurs métiers dans le domaine des soins ou de la garde d’enfants. Mais dans divers autres secteurs où l’on pratique (également) le travail en équipe, les temps de travail sont également réduits pour des raisons liées à la charge de travail. Il s’agit donc d’une version favorable aux employeurs d’une réduction du temps de travail rendue nécessaire par la charge de travail élevée. Une deuxième raison importante pour laquelle les salarié·e·s ne sont pas intéressé·e·s par un poste à temps plein est le désir de disposer de temps pour leurs intérêts personnels. C’est sans doute cette liberté que s’accordent ces salarié·e·s qui irrite le plus l’Union patronale. Pour eux, la liberté ne doit exister que pour les employeurs. En réalité, il n’y a ici aucun potentiel inexploité. La pression morale exercée par les employeurs est superflue, inutile et déplacée. Si toutefois ils recherchent réellement des potentiels, ceux-ci existent bel et bien. 

Le véritable potentiel : les salarié·e·s qui souhaitent travailler (davantage)

Le premier thème est le chômage. En Suisse, environ 250 000 personnes étaient au chômage en 2025. Elles n’avaient pas d’emploi et en cherchaient un. La priorité doit donc être de réintégrer ces personnes dans le monde du travail rapidement et, surtout, de manière durable. 

Le deuxième thème est le sous-emploi. En Suisse, en 2025, 185 000 salarié·e·s auraient souhaité travailler davantage. 136 000 salarié·e·s à temps partiel auraient souhaité travailler à temps plein. 125 000 autres salarié·e·s auraient souhaité augmenter leur temps de travail à temps partiel. Le nombre de salarié·e·s souhaitant travailler davantage est particulièrement élevé chez les femmes [3]. 

Le troisième thème porte sur les personnes sans activité professionnelle. Parmi les 600 000 personnes sans activité professionnelle âgées de 25 à 64 ans, certaines souhaiteraient travailler, mais ne parviennent pas à réintégrer le marché du travail pour diverses raisons. Là encore, il existe un potentiel considérable. 

Dans l’ensemble, il apparaît que le potentiel réel de ces groupes de personnes est nettement plus important que celui des salarié·e·s qui ont volontairement choisi de ne plus travailler. L’Union patronale cherche au mauvais endroit. Mais que faut-il faire ? 

 

Supprimer les incitations négatives pour les employeurs – améliorer les perspectives

Il existe différentes approches pour mieux exploiter le potentiel national. Voici trois propositions très concrètes : 

Supprimer les incitations négatives pour les employeurs en matière de « faux temps partiel » : 

Les employeurs ont tout intérêt à ne pas embaucher de salarié·e·s à temps plein. La législation du travail en vigueur leur permet d’employer des salarié·e·s à temps partiel avec une grande flexibilité, sans avoir à craindre de coûts supplémentaires. Les durées maximales de travail, généralement fixées à 45 heures par semaine, s’appliquent en règle générale de manière identique pour un emploi à temps partiel et pour un emploi à temps plein. Par conséquent, les employeurs n'ont pratiquement jamais à verser de suppléments aux employé·e·s à temps partiel lorsqu'ils les font travailler bien au-delà de leur taux d'occupation de 80 % pendant les périodes de forte activité. Il en résulte une incitation perverse massive qui favorise fortement le faux temps partiel. La loi sur le travail doit donc être adaptée en conséquence. [4]

Créer des perspectives professionnelles 

Les mutations technologiques posent des défis majeurs auxquels la Suisse n'est que partiellement préparée. Pour éviter que les travailleuses et travailleurs ne se retrouvent à la traîne, l'assurance-chômage doit, en cas de besoin, apporter un soutien bien plus important qu'aujourd'hui. La nouvelle stratégie des services publics de l'emploi a constitué un premier pas important dans cette direction. Cependant, sa mise en œuvre reste trop timide dans de nombreux cantons. L’adoption de l’initiative parlementaire Roduit, qui vise à ancrer le domaine de la formation initiale et continue dans la loi sur l’assurance-chômage, est également une avancée positive. Toutefois, il manque encore, entre autres, des instruments destinés aux personnes à la recherche d’un emploi qui ont épuisé leurs droits ou qui, par exemple, ne disposent pas de diplômes de formation à jour après une pause familiale. Un instrument tel que des bourses pour le marché du travail au niveau fédéral pourrait permettre de réaliser des progrès significatifs dans ce domaine et offrir des perspectives aux personnes qui souhaitent reprendre une activité professionnelle. 

Faciliter la réinsertion – repenser la pause familiale 

Dans l’ensemble du domaine du travail à temps partiel, on observe une très forte différence entre les femmes et les hommes. Les femmes souhaitent nettement plus souvent travailler davantage et ont plus souvent des difficultés à se réinsérer après une pause pour raisons familiales. Cela s’explique notamment par le modèle d’activité conservateur modernisé de la Suisse. Les femmes ne travaillent pas pendant un certain temps ou occupent des emplois à temps partiel afin de pouvoir assumer une plus grande part de la garde des enfants. Or, elles ne parviennent souvent pas à augmenter leur taux d’occupation comme elles le souhaitent par la suite, même lorsque leurs obligations en matière de garde diminuent. Il faut donc, d’une part, améliorer les possibilités pour faciliter leur retour à l’emploi. Le Conseil national a approuvé à cet effet une motion de Giorgio Fonio qui demande que les services publics de l’emploi mettent en place un programme adapté. D’autre part, il s’agit d’améliorer les conditions-cadres pour les familles afin qu’elles puissent continuer à exercer une activité professionnelle même avec des enfants. Un congé parental après la naissance d’un enfant permet aux parents de jeunes enfants de consacrer du temps à leur famille et à la garde des enfants sans devoir réduire fortement leur taux d’activité. C’est l’une des mesures susceptibles de modifier considérablement le parcours professionnel, en particulier celui des femmes. 

Ce ne sont là que trois propositions concrètes. Mais elles s’attaquent aux points où il existe un réel potentiel. 

Conclusion

En Suisse, il existe bel et bien un potentiel d’augmentation du taux d’activité. Mais ce n’est pas aux salarié·e·s qui, pour quelque raison que ce soit, ne souhaitent pas augmenter leur temps de travail. Avec le départ à la retraite d’un groupe important de salarié·e·s, les baby-boomers, il est important de continuer à améliorer les possibilités et les perspectives des travailleuses et travailleurs en Suisse. En cas d'adoption d'un plafond démographique fixé à 10 millions d'habitant·e·s, cela ne suffirait toutefois pas non plus. Le défi démographique serait alors pratiquement insurmontable. 

 

[1] Lukas Mergele, Boris Kaiser, Damian Wehrli, Tino Schönleitner, Reto Föllmi et Michael Siegenthaler (2024) : « L'évolution à long terme du travail, du temps libre et de la productivité en Suisse ». Bases de la politique économique n° 45. Secrétariat d'État à l'économie SECO, Berne. 

[2] Les données relatives aux principales raisons du travail à temps partiel, analysées par l’Union patronale suisse, sont disponibles auprès de l’Office fédéral de la statistique.

[3] Enquête suisse sur la population active

[4] Cf. Travail.Suisse (2025) : « Travail à temps partiel – le « modèle suisse » a besoin d’être modernisé »

Lien vers la position sur le travail à temps partiel

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