Communiqué de presse
Le Conseil fédéral a défini aujourd'hui les lignes directrices de la prochaine réforme de l'AI. Travail.Suisse, l'organisation faîtière indépendante des travailleuses et travailleurs, salue l'orientation donnée par les lignes directrices adoptées. La promotion du maintien dans l'emploi ainsi que l'insertion et la réintégration des assuré·e·s sur le marché du travail sont notamment des objectifs centraux et pertinents. Il sera déterminant que la réforme prenne au sérieux la réalité de l'augmentation des maladies psychiques et du stress lié aux conditions de travail, et qu'elle garantisse le maintien des prestations existantes de l'AI.
Travail.Suisse salue la décision du Conseil fédéral de mettre davantage l'accent, dans sa réforme de l'AI, sur le maintien de l'emploi et la réinsertion rapide. Le travail est synonyme de participation sociale, de structure et de sécurité financière. Cela présuppose toutefois des conditions de travail saines et des mesures préventives.
Le nombre de nouvelles rentes AI pour cause de maladie psychique a fortement augmenté ces dernières années : en 2024, environ une nouvelle rente sur deux était attribuée pour cause de maladie psychique. En même temps, des enquêtes récentes montrent que le stress et l'épuisement liés au travail ne cessent d'augmenter. Selon le « Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse et de la Haute école spécialisée bernoise, environ 40 % des employé·e·s sont souvent confronté·e·s à un stress lié au travail. Dans certains secteurs, tels que la santé ou la construction, près de la moitié des employé·e·s sont régulièrement tellement épuisé·e·s qu'ils et elles n'ont plus d'énergie pour leur vie privée après le travail. Si l'on veut stabiliser durablement l'AI, on ne peut donc pas ignorer le rôle des conditions de travail. La prévention pendant l'apprentissage et sur le lieu de travail est tout aussi importante que la réintégration après une maladie.
Focus sur les jeunes adultes : un soutien mesuré
Travail.Suisse soutient l'accent mis sur les 18-24 ans et l'introduction d'une nouvelle prestation d'intégration. Chez les jeunes en particulier, un soutien ciblé, individuel et adapté peut faciliter la réinsertion dans le monde du travail et éviter une entrée précoce et évitable dans le système de rente. Un accompagnement étroit et une sécurité financière pendant cette phase sont essentiels à cet effet. La conception concrète des nouvelles prestations d'intégration doit toutefois être examinée avec soin. Pour Travail.Suisse, une chose est claire : les personnes qui ont aujourd'hui droit à des prestations AI doivent conserver ce droit à l'avenir. La réforme de l'intégration ne doit pas conduire à un durcissement insidieux de l'accès à la rente.
Assurer la stabilité financière, renforcer les prestations et lutter contre les causes
La stabilité financière de l'AI est importante et un financement durable est dans l'intérêt de tou·te·s les assuré·e·s. Si un ajustement modéré des cotisations salariales devait s'avérer nécessaire, il faudrait l'examiner en toute transparence. Dans le même temps, la réforme de l'AI doit également aborder la situation financière des bénéficiaires de prestations AI. Pour trop de personnes, les rentes AI actuelles ne suffisent pas à assurer une vie digne. Travail.Suisse continue donc de se prononcer clairement en faveur de l'introduction d'une 13e rente AI, analogue à la 13e rente AVS.
La réforme prévue offre la possibilité de renforcer la (ré)intégration et de soutenir les jeunes de manière ciblée. Cependant, la réforme ne peut être durable que si les conditions de travail néfastes pour la santé sont systématiquement abordées et améliorées. L'augmentation du stress, l'allongement du temps de travail et l'augmentation de la pression sur les performances entraînent non seulement une augmentation des maladies, mais aussi, en fin de compte, une augmentation des cas AI.
Travail.Suisse s'engagera de manière constructive dans la suite du processus de réforme, avec pour objectif une assurance invalidité forte, solidaire et financée de manière équitable. Elle devra éviter autant que possible les entrées dans l'AI, favoriser efficacement l'intégration et garantir une couverture sociale fiable.
Renseignements
Edith Siegenthaler, responsable de la politique sociale, 077 405 34 21, siegenthaler@travailsuisse.ch