Communiqué de presse
Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, affiche son soulagement après le refus aux urnes de l’initiative du chaos. Les citoyennes et citoyens se sont prononcés aujourd’hui contre un projet qui aurait eu de graves répercussions négatives sur l’emploi, les salaires, la prospérité et les rentes. Le résultat du scrutin montre toutefois à quel point les questions liées au pouvoir d’achat, au logement et à l’intégration préoccupent les gens. Les responsables politiques se doivent donc de prendre au sérieux ces sujets d’inquiétude et d’agir. De l’avis de Travail.Suisse, une bonne protection des salaires et le renforcement du pouvoir d’achat des travailleurs, de même que l’amélioration de leurs perspectives professionnelles doivent avoir ici la priorité absolue.
Travail.Suisse constate avec soulagement que dans leur majorité, les citoyennes et citoyens ne se sont pas laissé abuser par les fausses promesses de l’initiative de l’UDC et ont refusé tout plafonnement rigide de la population. Un oui à l’« initiative pour la durabilité » de l’UDC aurait abouti à la résiliation de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne et, partant, remis en question la voie bilatérale qui a fait ses preuves. Une telle situation aurait fait entrer l’économie et la société suisses dans une longue ère d’incertitude et de chaos, accentuant encore la pression sur les emplois, les salaires et les conditions de travail.
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, tire le constat suivant : « La population suisse s’est clairement prononcée aujourd’hui en faveur de bonnes relations avec nos voisins. Cela permet de garantir les emplois et la protection des salaires, dans l’intérêt de toutes et tous les travailleuses et travailleurs. L’heure est aux mesures concrètes en faveur de bonnes conditions de travail, de salaires robustes et d’un pouvoir d’achat durable, ainsi qu’aux investissements dans le secteur des infrastructures et du logement. »
Selon Travail.Suisse, ce n’est pas avec une politique de repli sur soi, avec un plafonnement rigide de la population et un régime de contingents qu’on va résoudre les défis actuels. La Suisse a besoin d’une immigration modérée pour garantir sa prospérité, gérer le vieillissement de sa population et faire face à une pénurie croissante de main-d’œuvre. La campagne de votation des dernières semaines a toutefois montré que les préoccupations d’une grande partie de la population ne doivent pas être prises à la légère. Il est bien clair à ses yeux que la libre circulation des personnes nécessite plus que jamais des mesures d’accompagnement fortes. En effet, faute d’une protection efficace des salaires et des conditions de travail, la population cesserait tôt ou tard de soutenir la libre circulation et la voie bilatérale dans son ensemble. Le non à l’« initiative pour la durabilité » permet de se concentrer dès aujourd’hui sur les accords bilatéraux III. À cet égard, le paquet de mesures pour la protection des salaires proposé par le Conseil fédéral, les cantons et les organisations faîtières des partenaires sociaux revêt une importance capitale.
À l’avenir aussi, Travail.Suisse se battra afin que la croissance économique du pays rime avec le progrès social, de bonnes conditions de travail et de réelles perspectives professionnelles pour l’ensemble des travailleurs. Les priorités sont ici des mesures de protection efficaces contre la sous-enchère salariale, l’engagement en faveur de conditions de travail qui ne rendent pas malade, des investissements ciblés dans la formation initiale et continue, des mesures contre le chômage des jeunes et pour une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que le renforcement ciblé du pouvoir d’achat des salarié·e·s.
Renseignements
Adrian Wüthrich, président, 079 287 04 93, wuethrich@travailsuisse.ch