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Dénoncer les bilatérales, affaiblir le pouvoir d’achat ? NON à l’initiative du chaos de l’UDC

27. mars 2026

Les syndicats et les partis de gauche lancent leur campagne en vue de la votation

Communiqué de presse

Lancierung Nein zur Chaos-Initiative
© Matthias Luggen

L’initiative du chaos de l’UDC entraîne la dénonciation des accords bilatéraux avec l’UE. Le plan extrême de l’UDC s’appliquera dès que la Suisse atteindra 9,5 millions d’habitant-e-s, ce qui correspond à une croissance démographique de 4 % seulement. Ce plafonnement rigide de la population constitue une attaque massive contre le pouvoir d’achat des salarié-e-s. La récession qui menace entraînera des destructions d’emplois ainsi qu’une baisse des salaires et des rentes. Sans bilatérales, la protection des salaires tombera également. L’absence de contrôles ouvrira la voie au dumping salarial. L’initiative intervient à un moment particulièrement critique. Dans un monde marqué par l’incertitude et les guerres, il serait irresponsable de saper le partenariat le plus stable et le plus important de la Suisse. C’est pourquoi les syndicats et les partis de gauche se mobilisent contre cette initiative destructrice avec une campagne forte et visible.

La Suisse a besoin de relations stables avec l’Europe et de droits solides pour les collègues de travail, les ami-e-s et les voisin-e-s tout particulièrement en cette période d’insécurité mondiale. En cas d’acceptation de l’initiative du chaos, les 1,5 million de citoyen-ne-s de l’UE qui vivent dans notre pays seront relégué-e-s au rang de personnes de seconde zone. Ils devront en permanence craindre que leurs enfants ou leurs partenaires soient expulsé-e-s. Leur propre statut de séjour deviendra plus précaire. Or, c’est grâce à leur travail que notre pays fonctionne, notamment dans les secteurs des soins, de la construction et de la restauration.

Lors de la conférence de presse de lancement de la campagne, Cédric Wemuth, co-président du PS, a insisté sur une chose : « L’initiative du chaos de l’UDC impose la résiliation des accords bilatéraux. Or, dans un monde où Trump est au pouvoir, la Suisse a plus que jamais besoin de relations stables avec l’Europe. » Pour l’économie suisse tournée vers l’exportation, une résiliation des bilatérales aura des conséquences dramatiques. Près de la moitié des exportations suisses est destinée à l’UE. Un accès restreint au marché européen freinera les investissements, poussera des entreprises à se délocaliser et détruira des emplois.

Les salarié-e-s seront durement touchés. La fin des accords bilatéraux mettra également en péril la protection des salaires. Les mesures d’accompagnement garantissent aujourd’hui les salaires et les conditions de travail. Sans cette protection, le dumping salarial menace, avec un retour à des conditions précaires. Vania Alleva, présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, affirme pour sa part : « Sans protection des salaires, ce ne sont pas seulement les salaires qui baissent, ce sont aussi les droits des travailleuses et travailleurs qui sont menacés. » Lisa Mazzone, présidente des Vert-e-s, précise : « Nous ne voulons pas retourner aux sombres années du statut de saisonnier, lorsque des migrant-e-s devaient vivre sans droits ni perspectives, séparé-e-s de leur famille. »

À cela s’ajoute une aggravation de la pénurie de personnel qualifié. Dans de nombreux secteurs, la Suisse dépend de la main d’œuvre venue de l’étranger. Sans la libre circulation des personnes, le manque de personnel s’aggravera fortement. La sécurité de l’approvisionnement, notamment le système de santé, sera compromise. Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, met en garde : « Le personnel soignant est déjà à bout. Sans les professionnel-le-s des soins venu-e-s de l’étranger, une prise en charge de qualité ne pourra plus être garantie, que ce soit dans les hôpitaux, les EMS ou les soins à domicile. Le stress ne fera qu’augmenter. »

La prévoyance vieillesse sera elle aussi mise à mal. Car moins de personnes actives signifie moins de recettes pour l’AVS et les caisses de pension, tandis que les coûts, eux, augmentent. La pression sur les rentes s’intensifiera. Les primes d’assurance-maladie grimperont également, par maque d’assuré-e-s qui paient leurs primes. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, fait les comptes : « Cette initiative coûtera très cher à la population, dans la mesure où elle provoquera une baisse des salaires et des retraites. »

Face à cette attaque, les syndicats, le PS et les Vert-e-s font front commun. Ils misent sur une vaste mobilisation dans toute la Suisse, avec un travail de terrain, des actions publiques et une présence sur les lieux de travail. En cas d’acceptation, cette initiative nuira gravement à la population active comme aux retraité-e-s.
 

Discour de Adrian Wüthrich

65.9 Ko

Renseignements
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

Au sujet de Travail.Suisse

Travail.Suisse est la principale organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses en Suisse, elle agit en toute indépendance politique et confessionnelle. Travail.Suisse défend sur le terrain politique et auprès du grand public les intérêts des 130 000 membres des fédérations affiliées, et plus généralement de tous les travailleurs et travailleuses. Travail.Suisse est un des quatre partenaires sociaux au niveau national et compte dix fédérations.

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