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Défendre les emplois et les salaires – Non au repli sur soi

1. mai 2026
Adrian Wüthrich
Adrian Wüthrich
Président de Travail.Suisse

Discours du 1er mai à Amriswil

Adrian 1. Mai 2026 Amriswil

Mesdames et messieurs, chères et chers collègues,
chères habitantes et chers habitants d’Amriswil,

nous sommes aujourd’hui ici à Amriswil, dans le district d’Arbon – dans une commune et une région qui incarnent le travail, qui incarnent les emplois industriels. Et donc aussi la fiabilité, la cohésion. Ici, en Suisse orientale, on sait ce que signifie se retrousser les manches, prendre ses responsabilités et pouvoir compter les uns sur les autres. Et c’est précisément pour cela que la devise de cette année s’applique si bien ici : « Défendre les emplois et les salaires – Non au repli sur soi. »

Mais ce slogan n’est pas qu’une simple formule. C’est une attitude. C’est une réponse claire aux défis de notre époque, marquée par les guerres, les droits de douane et les catastrophes – une époque qui doit supporter l’incertitude. Ce slogan fait écho au vote décisif du 14 juin dernier. En cette période déjà incertaine, cette initiative du chaos de l’UDC, formulée en termes extrêmes, menace précisément nos emplois. Une chose est claire : un travail de qualité ne naît pas de l’exclusion, mais de la solidarité.

Nous assistons actuellement à une évolution politique – non seulement au niveau international, mais aussi chez nous – qui mise sur le repli sur soi. On fait comme si l’on pouvait résoudre les problèmes en fermant les frontières. En dressant les gens les uns contre les autres. En donnant des réponses simplistes à des questions complexes.

Mais nous le savons : cela ne fonctionne pas. La Suisse – et tout particulièrement la Suisse orientale, qui partage des frontières avec nos pays voisins – vit de l’ouverture, de la coopération, des échanges. Nous l’avons constaté pendant la pandémie de coronavirus. Nos emplois en dépendent. Nos entreprises en dépendent. Notre prospérité en dépend. C’est pourquoi nous affirmons clairement aujourd’hui : non au repli sur soi.

Nous nous soutenons les uns les autres. Le 1er mai et tous les autres jours. Peu importe d’où l’on vient. Peu importe le métier qu’on exerce. Que ce soit dans le bâtiment, à l’hôpital, au bureau, à l’usine ou dans le commerce : le travail, c’est le travail. Et le travail mérite le respect. La solidarité, c’est ne pas se laisser diviser. Ni par l’origine. Ni par le secteur d’activité. Ni par le revenu. Car si nous nous laissons diviser, nous sommes tous perdants.

Le 1er mai nous rappelle ce qu'il est possible de réaliser lorsque nous sommes solidaires. La journée de 8 heures, l’introduction des vacances, les assurances sociales – oui, même le congé paternité et la 13e rente AVS, pour ne citer que les derniers exemples de progrès en matière de politique sociale – tout cela ne nous a pas été offert sur un plateau. Nous avons dû nous battre pour l’obtenir. Et aujourd’hui, nous nous trouvons à nouveau à un moment où nous devons nous battre : pour des emplois de qualité. Pour des salaires équitables. Pour le respect sur le lieu de travail.

L'économie tourne à plein régime. De nombreuses entreprises réalisent des bénéfices. Les dividendes augmentent. À elles seules, les entreprises de l'indice boursier suisse SPI verseront cette année la somme record de 64 milliards de francs de dividendes. Mais les travailleuses et travailleurs n'en profitent pas suffisamment. Bien sûr, une partie de ces bénéfices est également versée à nos caisses de pension afin de financer nos retraites. Mais les marges bénéficiaires de nombreuses entreprises sont exagérées et se font au détriment de l’évolution des salaires. Les entreprises ont capté les gains de productivité réalisés ces dernières années, sans que cela se traduise par des salaires plus élevés. Beaucoup ressentent directement la hausse des prix, des loyers et des primes d’assurance maladie. Et nous nous demandons à juste titre : où est notre part ?

Nous le disons clairement : celui qui travaille doit pouvoir en vivre. Il ne doit plus y avoir de salaires inférieurs au minimum vital. C’est pourquoi il est incompréhensible que notre Parlement veuille contourner les salaires minimaux décidés par la population dans certains cantons au moyen de conventions collectives de travail conclues en droit privé. Les CCT sont en principe une bonne chose. Mais la majorité de droite au Parlement trouve acceptable que, même pour un emploi à temps plein, le salaire ne suffise pas à vivre et que l’État doive aider les collègues concernés par le biais de l’aide sociale. C’est scandaleux, c’est injuste et nous allons nous battre contre cela. L’objectif doit être le suivant : des salaires plus élevés, une compensation intégrale du renchérissement et une participation équitable aux gains de productivité.

Le respect ne se mesure pas seulement au salaire. Il se mesure aussi à la capacité des gens à concilier vie familiale et vie professionnelle. La réalité est la suivante : de nombreuses familles sont sous pression. Ici aussi, à Amriswil. C’est pourquoi nous disons : la Suisse doit aller de l’avant. Elle doit investir dans un congé familial, soit 18 semaines de congé parental pour chaque parent. C’est un pas vers plus d’égalité. Et un pas vers un monde du travail moderne.

Chères et chers collègues, revenons-en à la fermeture des frontières et à la soi-disant « initiative pour la durabilité ». Appelons-la par son vrai nom : l’initiative du chaos de l’UDC. Et disons clairement : non. Pourquoi ?

Parce qu’elle produit exactement le contraire de ce qu’elle promet. Elle met en péril nos relations avec l’Europe. Elle remet en cause la libre circulation des personnes : nous devrions la dénoncer dès que la population atteindra le seuil de 9,5 millions d’habitants, car d’abord, plus aucun demandeur d’asile ne serait reconnu, et ensuite, les travailleuses et travailleurs dont nous avons besoin et qui viennent travailler en Suisse ne pourraient plus faire venir leurs familles. 

Un regard sur notre propre histoire montre où une telle voie peut mener et pourquoi nous devons être particulièrement vigilants à cet égard. Avant l’introduction de la libre circulation des personnes, la Suisse appliquait le système des contingents et ce qu’on appelait le « statut de saisonnier ». À l’époque, des centaines de milliers de personnes sont venues dans notre pays pour y travailler. Elles ont travaillé dur – sur les chantiers, dans les usines, dans l’agriculture. Elles ont contribué à la prospérité de notre pays. Elles sont devenues nos collègues. 

Mais ils n’avaient pratiquement aucun droit. Les saisonniers n’avaient le droit de rester que quelques mois. Ils n’avaient pas le droit de changer de lieu de résidence ni de lieu de travail. Leur droit de séjour dépendait entièrement de leur employeur. Et leurs familles n’ont pas pu les rejoindre pendant longtemps et ont été séparées. Le regroupement familial était interdit ou fortement restreint. De nombreux enfants ont donc dû rester dans leur pays d’origine. D’autres vivaient ici en Suisse dans la clandestinité – sans accès à l’école ni aux soins de santé. Nous savons aujourd’hui qu’un demi-million d’enfants ont grandi dans ces conditions. Ce système a créé un énorme déséquilibre de pouvoir entre employeurs et employés. Quiconque perdait son emploi perdait souvent aussi le droit de rester. Cela a permis de faire baisser les salaires et d’imposer des conditions de travail.

C'était un système de dépendance. Un système caractérisé par des salaires bas, une protection insuffisante et une forte pression sur les travailleuses et travailleurs. Ce chapitre de l'histoire suisse a laissé des blessures profondes et devrait nous servir de leçon claire : un marché du travail sans protection solide conduit à des inégalités, à une pression sur les salaires et à des conditions de travail injustes pour nous tous.

C’est précisément pour cette raison que la Suisse a choisi une autre voie – avec la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement solides pour protéger nos salaires et nos conditions de travail. L’initiative pour la durabilité, ou « initiative du chaos » de l’UDC, remet en cause cet équilibre et fait planer la menace d’un retour à un système à deux vitesses. Oui, les auteurs at autrices de l’initiative parlent clairement d’un système de contingentement. Quels travailleurs européens viendraient travailler en Suisse s’ils ne pouvaient pas être accompagnés de leur famille ? Cela nous pénalise nous-mêmes. L’UDC veut également supprimer la protection des salaires. Sans ces mécanismes de protection, sans protection des salaires, nous risquons un marché du travail soumis à davantage de pression, d’incertitude et de salaires plus bas. Et le dumping salarial touche toujours les plus faibles en premier – et, au final, nous toutes et tous. Et nous ne le voulons pas.

Or, les véritables défis de notre pays se situent tout ailleurs. La Suisse vieillit. Dans de nombreux secteurs, un très grand nombre de personnes partiront à la retraite dans les années à venir. Parallèlement, le taux de natalité est à un niveau historiquement bas et il manque déjà aujourd’hui de la main-d’œuvre qualifiée – dans le secteur de la santé, de la construction, de la logistique ou de l’éducation. Une main-d’œuvre réduite entraîne – outre une baisse de la prospérité – une charge de travail accrue pour les employés actuels et donc davantage de stress au travail. Rien que dans le secteur des soins, il pourrait manquer plus de 30 000 professionnels d’ici 2030. L’acceptation de l’initiative chaotique de l’UDC aggraverait la pénurie de personnel – notamment dans le secteur des soins – et mettrait en péril la prise en charge médicale de la population. Les régions rurales sont d’ailleurs les plus menacées, et je le dis aussi en tant que président d’une commune rurale. Parallèlement, les immigrés versent plus de cotisations à l’AVS qu’ils n’en perçoivent en prestations. L’initiative pèserait donc également sur les finances de l’AVS. Nous ne devrions pas nous infliger tout cela, ni à nous-mêmes, ni à nos parents et grands-parents.

Ce n’est pas en imposant un plafond rigide à la population que nous résoudrons ces défis. Ceux-ci exigent une politique active du marché du travail. Nous devons mieux exploiter le potentiel de main-d’œuvre indigène, tant chez les jeunes que chez les travailleurs plus âgés. Nous avons besoin d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, de plus de formation continue et de salaires et conditions de travail attractifs. En bref : nous avons besoin de solutions qui renforcent le marché du travail – et non d’initiatives qui l’affaiblissent.

Cette initiative prétend résoudre des problèmes. Mais elle en crée de nouveaux. Elle sème le chaos, elle mène la Suisse au bord du gouffre économique. On peut critiquer la croissance, mais sans croissance, il y a moins de prospérité à répartir. Les riches – les Martullo, les Oeri ou les Ermotti – le ressentent moins fortement. Mais ceux qui ont de petits salaires, les régions rurales et le service public le ressentent très fortement. Le repli sur soi frappe notre porte-monnaie. Tout le reste n’est que poudre aux yeux.

Notre réponse est claire : pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. Pas l'isolement, mais la coopération. Pas la division, mais la solidarité. Amriswil montre comment cela peut fonctionner : une communauté forte, une cohésion qui fonctionne, des gens qui se soutiennent mutuellement. C'est exactement cela notre modèle pour la Suisse.

Mesdames et messieurs, j’ai lu tout à l’heure cette phrase : « Le 1er mai n’est pas une journée pour rester spectateur. C’est une journée pour y prendre part. » Comme c’est vrai ! C’est pourquoi je vous remercie d’être venus et de vous engager. Vous envoyez un signal fort en faveur du respect, de la justice et de la solidarité. Pour des emplois de qualité, des salaires équitables, des droits solides pour les travailleuses et travailleurs. Car une chose est sûre : ensemble, on est forts. Merci beaucoup – pour un 1er mai combatif à Amriswil !

Au sujet de Travail.Suisse

Travail.Suisse est la principale organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses en Suisse, elle agit en toute indépendance politique et confessionnelle. Travail.Suisse défend sur le terrain politique et auprès du grand public les intérêts des 130 000 membres des fédérations affiliées, et plus généralement de tous les travailleurs et travailleuses. Travail.Suisse est un des quatre partenaires sociaux au niveau national et compte dix fédérations.

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