Communiqué de presse
Le Conseil des États ne souhaite pas poursuivre la libéralisation du travail du dimanche. Il a refusé d’entrer en matière sur le projet visant à imposer aux salarié·e·s du commerce de détail de travailler jusqu’à douze dimanches par an. Il appartient désormais au Conseil national de classer définitivement l’initiative cantonale. Travail.Suisse reste prêt à lancer un référendum contre ce projet si cela devait s’avérer nécessaire. Le dimanche ne doit pas devenir un jour ouvrable.
Le Conseil des États a décidé aujourd’hui de ne pas entrer en matière sur le projet de nouvelle libéralisation du travail dominical dans le commerce de détail. L’initiative cantonale du canton de Zurich vise à obliger les salarié·e·s du commerce de détail à travailler jusqu’à 12 dimanches par année. Travail.Suisse se félicite de cette décision du Conseil des États.
Aujourd’hui, pour 84 % des travailleurs et travailleuses, le dimanche est normalement un jour non travaillé. Il joue un rôle essentiel pour la récupération et revêt même une importance croissante compte tenu de l’augmentation des contraintes dans le quotidien professionnel de nombreuses personnes. Le stress lié au travail et l’épuisement des salarié·e·s ont fortement et continuellement augmenté ces dernières années. Cette charge est particulièrement élevée dans le commerce de détail. Désormais, 47 % des employé·e·s du secteur déclarent être souvent ou très souvent trop épuisé·e·s le soir pour encore pouvoir s’occuper de leurs affaires privées. Horaires irréguliers, faible marge de manœuvre dans l’organisation du temps de travail, journées de travail trop longues ou fragmentées, travail en soirée ou le samedi font partie du quotidien de nombreux employé·e·s du commerce de détail.
« Pour les employé·e·s du commerce de détail en particulier, le dimanche sans travail est d’une grande importance, car ils et elles sont déjà aujourd’hui soumis·es à une charge supérieure à la moyenne. Travail.Suisse se réjouit donc de la décision du Conseil des États de ne pas entrer en matière », déclare Thomas Bauer, responsable de la politique économique de Travail.Suisse.
Le dimanche sans travail ne sert toutefois pas uniquement au repos. « Pour de nombreuses personnes travaillant dans la vente, le dimanche est souvent le seul jour libre commun de la semaine pouvant être passé avec la famille et les amis. Le dimanche remplit ainsi une fonction sociale importante et ne doit pas devenir un jour ouvrable », souligne Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse.
L’extension du travail dominical n’apporte en outre aucune valeur ajoutée économique. Le chiffre d’affaires du commerce de détail dépend du pouvoir d’achat de la population ; l’allongement des heures d’ouverture des magasins n’y change rien. Si la demande reste inchangée alors que les heures d’ouverture s’allongent, cela entraîne principalement un besoin accru de personnel, une baisse de la productivité et une aggravation de la pénurie de main-d’œuvre liée à l’évolution démographique.
Le comité de Travail.Suisse a donc déjà décidé de lancer un référendum contre ce projet si, lors de la session d’automne, le Conseil national devait persister dans l’extension du travail dominical et que le Conseil des États modifiait sa position.
Renseignements
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93, wuethrich@travailsuisse.ch
Thomas Bauer, responsable de la politique économique de Travail.Suisse, 077 421 60 04, bauer@travailsuisse.ch