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Défendons les salaires minimums

30. juin 2026

Référendum contre l’attaque visant les salaires minimums

Communiqué de presse

Medienkonferenz zur Lancierung des Referendums

À l’heure actuelle, des milliers de travailleuses et travailleurs occupés dans le secteur des services, dans le nettoyage, les salons de coiffure ou les boulangeries ont déjà du mal à s’en sortir avec leur salaire. Or il y a deux semaines, l’Assemblée fédérale a décidé que les salaires minimums cantonaux et communaux ne s’appliqueraient plus à leurs professions. Un comité composé de syndicats et de partis politiques lance donc un référendum pour dénoncer cette attaque contre les salaires minimums et les décisions populaires. Quiconque travaille doit pouvoir vivre de son salaire !

Avec cette attaque contre les salaires, les salaires minimums cantonaux et communaux cesseraient de s’appliquer à tout le monde – même là où les cantons ou les communes ont expressément décidé du contraire. « Bien des personnes occupées dans des secteurs à bas salaires en feraient les frais. Leur pouvoir d’achat diminuerait à Genève et Neuchâtel ainsi qu’en ville de Lucerne, faute d’adaptation annuelle au renchérissement. Et dans les cantons et les villes ayant adopté un salaire minimum mais ne l’ayant pas encore mis en place, des dizaines de milliers de personnes n’en verraient jamais la couleur », a souligné Vania Alleva, présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS.

Attaque contre les salaires féminins et contre la protection des salaires

Près des deux tiers des personnes touchant le salaire minimum sont des femmes. Beaucoup d’entre elles travaillent dans des branches d’activité à bas salaires, où elles doivent souvent se contenter des activités les moins bien rémunérées. Les salaires minimums ont dès lors des effets positifs sur l’égalité salariale. Or l’attaque contre les salaires minimums remet en question cet acquis social. Léonore Porchet, vice-présidente des VERT-E-S, s’interroge : « Comment expliquer aux femmes les moins bien payées que leur choix démocratique en faveur d’un salaire minimum vient d’être réduit à néant par une simple révision de loi fédérale ? ».

Les salaires féminins ne seraient d’ailleurs pas les seuls perdants dans l’affaire. Car lorsque les salaires minimums sont fragilisés, la pression s’accroît sur l’ensemble des rémunérations. Les entreprises versant des salaires corrects ne tarderaient pas à subir la pression de celles qui exploitent leur personnel. Les salaires minimums visent précisément à empêcher toute concurrence au détriment des salarié-e-s. Un tel projet affaiblit donc la protection salariale dans toute la Suisse et sape les mesures d’accompagnement contre la sous-enchère salariale. « Au moment même où la concentration des richesses bat tous les records, la droite patronale s’en prend aux travailleuses et travailleurs les plus précaires pour les priver du minimum vital », constate Christian Dandrès, président de la SSP.

Attaque contre des décisions démocratiques

Au Tessin, le Parlement a adopté des salaires minimums applicables à tous les salarié-e-s. À Genève et à Neuchâtel, une telle mesure a même été votée par les citoyennes et citoyens. Il en va de même en ville de Zurich et à Winterthour. Le projet qui vient d’être adopté à Berne ne tient aucun compte de ces décisions démocratiques. Là où des salaires minimums sont déjà en vigueur, ils ne seraient plus adaptés au renchérissement pour l’ensemble des salarié-e-s. Partout ailleurs, ils ne pourraient plus être introduits dans de grands secteurs à bas salaires, tels que l’hôtellerie-restauration ou le nettoyage. « Ce que le Parlement tente de faire ici, passez-moi l’expression, n’est rien moins qu’un coup de force des patrons et des adeptes de la sous-enchère salariale contre la démocratie directe », a résumé Cédric Wermuth, coprésident du PS Suisse.

Attaque contre le fédéralisme et la Constitution

La décision du Parlement porte également atteinte au fédéralisme. Les salaires minimums destinés à combattre les rémunérations de misère relèvent de la politique sociale et sont donc de la compétence des cantons et des communes. Ce sont les collectivités locales qui assument les coûts de l’aide sociale. Or à l’avenir, elles ne seraient plus autorisées à adopter des mesures efficaces pour prévenir le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres. Autrement dit : Berne dicte sa loi, les cantons passent à la caisse.

L’attaque contre les salaires minimums constitue un dangereux précédent. Aussi importantes soient-elles pour les salarié-e-s, les CCT restent des contrats privés et ne doivent donc pas primer sur les lois adoptées démocratiquement. Le contraire porterait atteinte à l’État de droit et à la Constitution.

Les syndicats et les partis politiques lancent le référendum

Les salaires minimums sont un modèle de succès. Là où ils ont été introduits, le nombre de travailleurs et travailleurs pauvres a diminué, sans que le taux de chômage ait augmenté. « Cette modification de loi frappe de plein fouet toutes les personnes qui travaillent dur mais doivent tout de même compter chaque centime, et pour qui un salaire permettant de vivre dignement est une nécessité absolue », a déploré Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. Quiconque travaille à plein temps en Suisse doit pouvoir vivre de son salaire. Et la volonté populaire doit être respectée. Voilà pourquoi les syndicats et de nombreux partis lancent aujourd’hui le référendum pour dénoncer l’attaque contre les salaires minimums.

Signer le référendum

Discours de Adrian Wüthrich

83.91 Ko

Discours de Léonore Porchet

162.95 Ko

Renseignements
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

Au sujet de Travail.Suisse

Travail.Suisse est la principale organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses en Suisse, elle agit en toute indépendance politique et confessionnelle. Travail.Suisse défend sur le terrain politique et auprès du grand public les intérêts des 130 000 membres des fédérations affiliées, et plus généralement de tous les travailleurs et travailleuses. Travail.Suisse est un des quatre partenaires sociaux au niveau national et compte dix fédérations.

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