Communiqué de presse
Le Conseil des États a adopté aujourd’hui la motion CSEC-N 25.4414 sur la formation continue et la reconversion professionnelle préventives en cas de mutations structurelles et technologiques. Travail.Suisse salue cette décision, tout en regrettant que la motion ait été affaiblie par rapport à sa version adoptée par le Conseil national en avril. La Suisse a besoin d’aller plus loin : elle doit anticiper les transformations du monde du travail et permettre aux travailleuses et travailleurs d’acquérir les compétences nécessaires avant que leur emploi ne soit menacé.
Les transformations du marché du travail ne concernent plus uniquement quelques secteurs particulièrement exposés ou les personnes peu qualifiées. Elles touchent désormais tous les niveaux de formation et de nombreux domaines professionnels. Les progrès technologiques, l’ubiquité de l’intelligence artificielle et les mutations économiques accélèrent l’évolution des métiers et des compétences recherchées. Les parcours professionnels deviennent moins linéaires et un choix de formation pertinent aujourd’hui ne garantit plus nécessairement une employabilité durable demain.
« Un choix de formation pertinent au moment alpha ne doit pas condamner une personne au moment bêta. La Suisse, en tant que pays riche qui mise sur le capital humain, doit choisir délibérément de donner à chacune et chacun les moyens d’évoluer professionnellement lorsque le monde du travail se transforme », souligne Jackie Vorpe, responsable de la politique de formation de Travail.Suisse.
Travail.Suisse regrette que le Conseil des États ait affaibli la motion adoptée par le Conseil national en avril : la demande d’une stratégie nationale a été remplacée par une simple réévaluation de la collaboration institutionnelle entre la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux. La réévaluation de la collaboration institutionnelle entre la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux constitue toutefois un premier pas utile et nécessaire. Les partenaires sociaux disposent d’une expertise directe sur l’évolution des métiers et des compétences dans les différentes branches. Ils jouent par ailleurs déjà un rôle important dans la formation continue, notamment à travers des fonds de formation continue paritaires et d’autres structures existantes.
L’enjeu sera désormais de transformer ce travail d’analyse en mesures concrètes. La formation continue et la reconversion professionnelle préventive ne doivent pas être considérées comme une dépense à engager lorsque le chômage menace déjà, mais comme un investissement permettant de préserver l’employabilité, d’éviter les pertes de compétences et de limiter les coûts sociaux liés aux ruptures professionnelles.
Travail.Suisse appelle donc la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux à utiliser ce mandat pour élaborer des réponses concrètes et coordonnées, notamment : ouvrir les discussions sur une meilleure gouvernance de la formation continue, mieux utiliser les fonds d’impulsion existants pour la formation continue ou développer les compétences de gestion de carrière (CGC). La Suisse doit se donner les moyens d’anticiper les mutations, de renforcer l’accès à la formation continue et de permettre des reconversions avant que les personnes ne soient durablement affectées.
Renseignements :
Jackie Vorpe, Responsable de la politique de formation, 078 895 01 37, vorpe@travailsuisse.ch