Thèmes – Travail – Conditions de travail

Lacunes dans la prévention des risques psychosociaux

Le stress et les risques psychosociaux sur le marché du travail sont à la hausse. C’est pourquoi le SECO et les inspections cantonales du travail se concentrent sur cette question en 2014-2018. Un rapport met maintenant l’accent sur son effet préventif, mais souligne aussi clairement les limites existantes. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des employés, il est nécessaire d’agir à trois niveaux. suite

Dans l’étude sur le stress de 2000, 27 pour cent des employés ont déclaré qu’ils étaient fréquemment stressés, 34 pour cent en 2010 et 41 pour cent dans le “Baromètre du bon travail” de Travail.Suisse en 2017. En outre, l’assureur maladie Swica a enregistré une forte augmentation du nombre total de cas de maladie et de maladies mentales, en particulier depuis 2012. Dans un rapport, le SECO présente l’évaluation d’un axe de mise en œuvre en cours depuis 2014. Les risques psychosociaux ont été plus étroitement intégrés dans les activités d’inspection. l en résulte une plus grande sensibilisation des employeurs, mais il y a aussi des limites claires à l’effet préventif. “Pour lutter contre le stress et les risques psychosociaux, en plus d’un renforcement supplémentaire des inspecteurs du travail, il y a besoin également d’une plus grande coresponsabilité des employeurs et une réglementation plus efficace dans la loi”, explique Gabriel Fischer, responsable de la politique économique chez Travail.Suisse. Pour Travail.Suisse, le rapport souligne la nécessité d’agir aux trois niveaux suivants :

Renforcement des inspecteurs du travail : le rapport indique clairement que l’effet préventif des inspecteurs du travail ne peut être obtenu que dans un contexte cohérent. Pour ce faire, il faut mettre l’accent sur les risques psychosociaux dans les contrôles, renforcer la formation et la formation continue des inspecteurs, augmenter les ressources financières des inspections du travail et intensifier les échanges d’expériences.
Partage de la responsabilité par les employeurs : Selon l’évaluation, les employeurs sont préoccupés par les risques psychosociaux. Cependant, l’accent est mis sur la résolution de problèmes individuels ou l’augmentation de la productivité – la prévention par l’adaptation de l’organisation du travail et l’implication des employés est négligée. La sensibilisation accrue des supérieurs hiérarchiques et des risques psychosociaux et leur prévention doivent être au centre de la formation et de la formation continue des responsables du personnel.
Nécessité d’agir au niveau législatif : la flexibilisation et l’allongement du temps de travail doivent être évités d’urgence. Au contraire, l’obligation générale de diligence de l’employeur prévue par la Loi sur le travail doit être adaptée et étendue aux risques psychosociaux.

Pour plus d‘informations : Gabriel Fischer, Responsable Politique économique, tél. 076 412 30 53

21 juin 2018, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Loi sur le travail : Des employeurs incorrigibles

La Commission du Conseil des États dégrade les conditions de travail pour des centaines de milliers d’employé(e)s. Travailler plus, être moins protégé. Tel est le but que poursuivent deux interventions qui passeront prochainement au Parlement. suite

Le démantèlement des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que des durées maximales de travail et des temps de repos concernera des centaines de milliers d’employé(e)s. Avec de graves conséquences. L’Union syndicale suisse (USS), Travail-Suisse, Unia, Syna et l’Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC) disent non à ces projets et s’y opposent.

Le droit suisse du travail est l’un des plus libéraux et favorables aux employeurs d’Europe. En Suisse, on travaille comme pratiquement nulle part ailleurs. Parallèlement, le nombre des personnes victimes d’épuisement professionnel et de stress au travail augmente dramatiquement. Toujours plus de personnes éprouvent de la difficulté à éviter les horaires irréguliers, le chevauchement des frontières entre travail et temps libre dans le cadre de la numérisation ainsi qu’une pression accrue au travail. Il est toujours plus difficile, avant tout pour les travailleurs et travailleuses âgés ayant des obligations familiales, de rester dans la vie professionnelle.

La Commission des redevances et de l’économie du Conseil des États (CER-E), emmenée par Konrad Graver et Karin Keller-Sutter, a donc fait preuve de cynisme en décidant de dégrader encore plus les conditions de travail des salarié(e)s de Suisse.

S’il en va selon la volonté des deux représentant(e)s de Lucerne et Saint-Gall de la CER-E, les travailleurs et travailleuses que leur contrat de travail désigne comme étant des spécialistes ou des cadres ne bénéficieraient plus des dispositions fondamentales de protection au travail. Pour les personnes concernées, non seulement la durée hebdomadaire maximale du travail serait pratiquement supprimée, mais la protection contre le travail pendant la nuit et le repos du dimanche seraient très fortement menacée.

Les médecins du travail savent depuis très longtemps quelles sont les conséquences pour la santé, des conséquences prouvées depuis longtemps aussi. Mais les salaires également se retrouveraient sous pression. Les initiatives parlementaires acceptées par la commission ne sont toutefois que la pointe de l’iceberg. D’autres interventions parlementaires ont pour objectif de saper encore plus le droit suisse du travail. Les organisations de salarié(e)s ne vont pas rester les bras croisés. Elles demandent au Parlement de reprendre enfin ses esprits et d’enterrer les initiatives parlementaires Graber et Keller-Sutter.

Union syndicale suisse USS, Travail.Suisse, Unia, Syna et ASMAC

Renseignements :

  • Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l’USS , 079 249 59 74
  • Linda Rosenkranz, responsable de la communication Travail.Suisse, 079 743 50 47

19 juin 2018, Adrian Wüthrich, Président

La protection salariale n’est pas négociable : Travail.Suisse, USS, Syna et Unia a à les mesures d’accompagnement et au accord-cadre

Cette semaine, le conseiller fédéral Ignazio Cassis s’est dit prêt à abandonner la " ligne rouge " des mesures d’accompagnement dans les négociations avec la Commission européenne. Il a de ce fait perdu le soutien des syndicats. suite

En ridiculisant la règle des 8 jours – " presque une question religieuse " -, le ministre des Affaires étrangères a signalé qu’il était prêt à remettre en question l’ensemble de la protection des salaires et des conditions de travail suisses. La discussion sur la règle des 8 jours porte tout simplement sur la question de savoir si la Suisse peut protéger ses salaires les plus élevés d’Europe de manière indépendante. Ces règles et les mesures d’accompagnement en général doivent être exclues du nouvel accord-cadre. C’est le seul moyen d’assurer que les règles ne sont pas contournées par les juridictions européennes ou un tribunal arbitral, malgré les interdépendances institutionnelles.

Les Accords bilatéraux devant profiter aux travailleuses et travailleurs de notre pays, des salaires suisses doivent être versés en Suisse. Raison pour laquelle déjà lors du premier vote sur les bilatérales, le Conseil fédéral a promis une protection globale contre la sous-enchère salariale et sociale via les mesures d’accompagnement. Selon l’Accord sur la libre circulation des personnes, il s’agit également d’" accorder les mêmes conditions de vie, d’emploi et de travail que celles accordées aux nationaux ". Les salaires des nationaux et des étrangers doivent être protégés de la sous-enchère.

L’annonce préalable de 8 jours : élément central de la protection

Elément central de la protection des salaires en Suisse, l’annonce préalable de 8 jours permet de planifier les contrôles et d’appliquer les cautions. Les missions de nombreuses entreprises sont relativement courtes. Sans annonce préalable, les entreprises étrangères auraient dans de nombreux cas déjà terminé leur mission avant que les organes de contrôle en aient eu connaissance.

Dans la pratique, cette annonce préalable n’est pas un obstacle majeur. Aujourd’hui déjà, on ne trouve aucun pays en Europe où travaillent autant d’entreprises étrangères qu’en Suisse (par rapport à la population résidente). Les entreprises doivent planifier leurs missions en Suisse, ce qui dans la plupart des cas dure nettement plus de huit jours. Dans des cas exceptionnels, notamment les réparations, les travaux peuvent débuter avant la fin du délai de huit jours.

Suite aux déclarations du conseiller fédéral Ignazio Cassis, il faut demander au Conseil fédéral dans son ensemble, si l’accord-cadre doit vraiment être un objectif ces prochains temps. Ou s’il ne faut pas organiser d’abord les votations sur les initiatives dites " pour l’autodétermination " et la résiliation de l’Accord sur la libre circulation des personnes. Car une protection salariale efficace est la condition pour le rejet de ces deux projets.

Renseignements:

  • Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93
  • Hans Maissen, vice-président de Syna
  • Paul Rechsteiner, président de l’Union syndicale suisse, 079 277 61 31
  • Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef de l’USS, 079 205 69 11
  • Vania Alleva, présidente d’Unia, 079 620 11 14

((les textes de A. Wüthrich, H. Maissen et P. Rechsteiner existent seulement en allemand, a lire ou télécharger ici))

19 juin 2018, Adrian Wüthrich, Président

Plus de 8000 entreprises ne respectent pas les conditions salariales

Les mesures d’accompagnement (MAC) sont un instrument efficace contre la sous-enchère des conditions salariales et de travail. Le rapport du Seco sur les MAC présenté aujourd’hui le montre. Mais il montre aussi qu’une telle sous-enchère est bien présente. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, les MAC ne doivent en aucun cas être affaiblies dans le cadre de la partie de poker pour un accord-cadre institutionnel avec l’UE. suite

Le rapport annuel du Seco sur les mesures d’accompagnement (MAC) montre qu’on a effectué en 2017 plus de 44’000 contrôles des salaires et des conditions de travail et que des infractions aux dispositions salariales ont été constatées dans plus de 8000 entreprises. « La sous-enchère salariale fait partie de la réalité quotidienne en Suisse » indique Gabriel Fischer, responsable de la politique économique à Travail.Suisse. Et d’ajouter : «Ce n’est que grâce aux MAC que l’on a pu détecter ces cas. » Les employés travaillant dans des branches avec des CCT déclarées de force obligatoire sont bien protégés (CCT DFO). Ils profitent de salaires minimaux obligatoires. Mais il y a environ la moitié des travailleurs et travailleuses qui ne sont pas protégés par une CCT, ce qui fait que lors de contrôles on doit se baser sur des salaires usuels dans la branche ou la localité en partie fantaisistes ou même trop bas. Si l’on arrive toutefois à prouver des cas de sous-enchère salariale, des procédures d’entente sont déclenchées avec le but de payer des arriérés de salaire. On arrive à boucler ces procédures avec succès dans 82 pourcent des cas lorsqu’il s’agit d’entreprises qui détachent des travailleurs. Mais avec les entreprises suisses, le succès n’est au rendez-vous que dans 51 pourcent des cas. En d’autres termes, ce sont avant tout les employeurs suisses qui minent l’efficacité des MAC.

Plus de protection et de meilleures chances pour les travailleurs et travailleuses

Le rapport sur les MAC montre qu’il faudra accorder la plus grande attention à la protection des salaires et des conditions de travail aussi à l’avenir. En aucun cas, les MAC ne doivent devenir l’enjeu d’une partie de poker autour d’un accord-cadre institutionnel et être ainsi affaiblies. Travail.Suisse exige du Conseil fédéral qu’il tienne sa promesse où les MAC représentent une ligne rouge dans les négociations. Et il faut d’urgence pouvoir faciliter la Déclaration de force obligatoire des CCT et un registre fiable des entreprises qui travaillent correctement pour augmenter l’efficience des MAC. « Nous sommes persuadés que l’on pourra convaincre durablement la population de la voie bilatérale avec l’UE que si l’on parvient à une meilleure protection des salaires et des conditions de travail, à une meilleure intégration des jeunes sur le marché du travail, à une participation facilitée des femmes au marché du travail et à des places de travail plus sûres pour les travailleurs âgés », indique Gabriel Fischer.

Pour d’autres renseignements :
Gabriel Fischer, responsable de la politique économique, 076 412 30 53

12 juin 2018, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Les actifs seniors restent pour Travail.Suisse un thème central, même après la Conférence et le 1er mai

Lors de la quatrième Conférence nationale portant sur le thème des actifs seniors, Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, a voté une déclaration finale commune, conjointement avec la Confédération, les cantons et d’autres partenaires sociaux du pays. On ne saurait sous-estimer les incidences d’une conférence nationale, en dépit d’avancées modestes et de l’absence de mesures concrètes. La démographie exige des entreprises – mais aussi des travailleurs – qu’ils revoient leur manière de penser. Travail.Suisse continuera de se mobiliser en vue d’améliorer la situation. suite

L’augmentation de la longévité constitue l’un des bienfaits de l’évolution sociale. À cela s’ajoute qu’avec l’évolution démographique actuelle, le nombre de travailleurs prenant leur retraite sera plus élevé, au cours des prochaines années, que celui des nouveaux arrivants sur le marché du travail. À l’avenir, les entreprises emploieront aussi davantage de travailleurs d’un certain âge. En 2017, le taux des personnes âgées de 55 ans et plus a représenté 18% par rapport à l’ensemble de l’offre de main-d’œuvre, alors que ce taux ne s’élevait qu’à 16% une décennie plus tôt. Mais cette situation requiert un changement de mentalité en matière de politique des ressources humaines. Les actifs seniors doivent être prêts à apprendre tout au long de leur vie et à s’engager à saisir les possibilités de développement professionnel qui s’offrent à eux. De leur côté, les employeurs doivent investir dans leurs collaborateurs d’un certain âge pour permettre à ces derniers de conserver leur employabilité sur le marché du travail. Quiconque ne possède plus les qualifications requises, risque avec l’âge de ne plus pouvoir suivre. Au cours des cinq dernières années, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a nettement augmenté par rapport à d’autres catégories d’âge (cf. graphique 1). En 2017, le taux de chômage est resté constant par rapport à 2016, en dépit de la bonne marche de l’économie et de la recherche de main-d’œuvre.

Cette augmentation est due en partie à la démographie, mais elle reflète aussi la dégradation des chances sur le marché du travail pour les actifs seniors, comme l’atteste l’évolution des taux de chômage (cf. tableau 1).

Les excellents résultats du premier trimestre 2018 confirment ces chiffres. Alors que l’ensemble des chômeurs a diminué de 14.4% par rapport à l’année précédente, cette baisse a été nettement inférieure à la moyenne aussi bien chez les 50-54 ans (11.7%) que chez les 55-59 ans (8%) et les plus de 60 ans (2.7%). Les actifs seniors profitent donc nettement moins que les autres catégories d’âge de la détente que connaît le marché du travail.

En plus du nombre croissant de personnes d’un certain âge à l’assurance chômage, on observe aussi une augmentation de celles qui sont à l’assurance sociale (cf. graphique 2). Quiconque ne peut plus assurer lui-même son minimum vital après avoir perdu son droit aux indemnités journalières et est donc contraint de recourir à l’aide sociale économique fait face à de sérieuses difficultés. Pour la personne en fin de droit, les retombées financières et sociales sont graves.

Alors que les taux de l’aide sociale sont restés constants ou n’ont que légèrement augmenté au cours de la dernière décennie pour la plupart des catégories d’âge, leur hausse est frappante chez les 56-64 ans. Depuis 2011 notamment, le taux de l’aide sociale augmente fortement chez les personnes d’un certain âge – dans des proportions supérieures à la moyenne. Dans l’ensemble, le nombre des bénéficiaires âgés de 56 à 64 ans qui touchent l’aide sociale a doublé pour atteindre plus de 30’000 personnes au cours des dix dernières années.

Le « Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse donne des indices sur les problèmes que rencontrent les travailleurs seniors : Ces derniers sont conscients que leur employabilité est nettement réduite par rapport à celle de leurs plus jeunes collègues. Concrètement, la proportion de travailleurs qui, suite à une perte d’emploi voulue ou non ne croient plus ou ne croient guère pouvoir retrouver un poste comparable augmente considérablement avec l’âge (cf. graphique 3).


Alors qu’une personne sur trois chez les 16-29 ans et près de la moitié chez les 30-45 ans s’attendent à des difficultés correspondantes, environ les deux tiers des 46-65 ans ne s’attendent guère ou pas du tout à trouver un poste comparable en cas de perte d’emploi. Il est frappant de constater que la proportion de travailleurs dont la mobilité sur le marché de l’emploi est limitée est restée stable entre 2015 et 2017 dans les deux catégories d’âge les plus jeunes, alors que celle des actifs seniors a continué d’augmenter de 4.3%.


Il est nécessaire de prendre des mesures pour éviter que les chômeurs n’arrivent en fin de droit


L’analyse montre l’ampleur des défis à relever, compte tenu de l’amélioration de la situation sur le marché du travail pour les travailleurs âgés. Il est important d’envisager des améliorations concrètes. Lors de la Conférence, il a été décidé au sein d’un groupe de travail de « vérifier des propositions sur la manière d’éviter des problèmes financiers et sociaux causés par la menace d’exclusion des actifs seniors » qu’il fallait éviter aux travailleurs âgés de devoir recourir à l’aide sociale peu de temps avant de partir à la retraite. Pour Travail.Suisse, il est essentiel qu’employeurs et travailleurs fassent régulièrement le point de la situation pour planifier de concert des formations continues. Pour ce faire, les travailleurs ont besoin de soutien et les entreprises doivent investir dans les actifs seniors ; ce faisant, elles pourront en retirer un avantage concurrentiel. Le conseil professionnel et en matière d’orientation de carrière destiné aux adultes doit également être au centre de l’attention. Travail.Suisse soutient l’exigence de Profunda-Suisse, selon laquelle les cantons devraient mettre au point des offres en matière d’orientation de carrière pour les travailleurs seniors. Quiconque n’a aucun soutien de son employeur doit être soutenu par des spécialistes expérimentés.


Travail.Suisse continue de se mobiliser en faveur des travailleurs âgés


Travail.Suisse a conclu un accord de collaboration avec la Fédération suisse des travailleurs et des chômeurs (Schweizerische Arbeitnehmer- und Arbeitslosenverband) Save50Plus afin de poursuivre de concert des mesures politiques. D’autres mesures seront étudiées l’an prochain afin d’améliorer la situation des actifs seniors et de promouvoir la meilleure manière de faire pour eux au sein des entreprises.

14 mai 2018, Adrian Wüthrich, Président

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