Thèmes – Travail – Salaires des managers

Chimie et pharma : L’écart salarial se creuse encore

Réalisée par Travail.Suisse dans le cadre de son projet „Salaires des managers“, l’analyse des rapports annuels 2005 publiés par les entreprises du secteur chimique et pharmaceutique renvoie une image contrastée. Les leaders du secteur, Roche et Novartis, ainsi que Clariant annoncent un bénéfice en croissance pour l’année 2005. La Lonza accuse pour sa part un bénéfice en recul et Ciba a même essuyé une perte d’exploitation. En revanche, l’évolution des salaires et des rémunérations offre un aspect sensiblement plus homogène : tandis que les cadres bénéficient d’augmentations parfois faramineuses, les travailleurs doivent s’accommoder de salaires en stagnation ou, au mieux, en très faible progression. Point commun à toutes les entreprises de l’étude : l’écart salarial – à savoir le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus faible d’une même entreprise –, qui a continué de se creuser.

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24 avril 2006, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Le conseil d’administration et le management profitent des résultats impressionnants de Schindler et de Georg Fischer

Pour la deuxième année consécutive déjà, les rapports d’activité de Schindler et de Georg Fischer présentent des chiffres imposants. Notamment la croissance des bénéfices de ces groupes est remarquable. Mais le chiffre d’affaires a augmenté, lui aussi, par rapport à l’exercice précédent. Pour les membres du Conseil d’administration et pour le management, cela implique automatiquement des augmentations importantes de leurs émoluments et de leurs indemnités. Par contre, il n’y a aucune amélioration substantielle pour les travailleurs, dont les salaires stagnent.

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03 avril 2006, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Conférence de presse – Salaires des managers : Le système sur le déclin – les perdants sont les employés

Les résultats de la comparaison de Travail.Suisse des salaires des cadres sont révoltants du point de vue des salarié-e-s. Les 25 entreprises qui ont participé à l’enquête affichent des bénéfices, quatre cinquièmes ont même pu améliorer leurs résultats par rapport à l’année précédente. Pour ces bons résultats, les membres de la direction et du conseil d’administration se sont octroyé des récompenses royales. Les employés par contre ont dû se faire une raison: en 2004, les 25 entreprises sous revue ont supprimé au total 6’700 postes de travail alors qu’elles n’en ont créés que 370. suite

Au cours de l’exercice 2004, toutes les entreprises considérées ont enregistré des bénéfices: 21 entreprises ont même réussi à améliorer leur résultat de l’année précédente. La Poste, Roche, la Bâloise, Swiss Life et le Credit Suisse ont plus que doublé leur bénéfice. Une augmentation du bénéfice située entre 10 et 100 pour cent a été atteinte par Ruag, Migros, Kuoni, Zschokke, Bobst, Schindler, Helvetia Patria et l’UBS. Swisscom, Nestlé, Batigroup, Swatch Group, Novartis et Zurich Financial Services ont affiché une hausse allant jusqu’à 10 pour cent en comparaison avec l’année précédente. Seules Coop, Clariant, Lonza et Ciba n’ont pas réussi à dépasser leurs résultats précédents. Georg Fischer et Ascom, une année plus tôt encore dans les chiffres rouges, ont renoué avec les bénéfices en 2004.

Globalement, la situation en termes de revenus des entreprises sous revue se présente sous un jour positif, voire euphorique. Les difficultés des trois dernières années, à savoir des tendances conjoncturelles récessives et le crash boursier, ont été surmontées. Les entreprises ont donné le tour et retrouvé la voie de la croissance en 2004.

Une année pour rien pour les employés
En fait, l’on pourrait s’attendre à ce que les employés profitent aussi des bénéfices record des entreprises. Ce raisonnement s’avère néanmoins faux: pour le porte-monnaie des employés, l’année 2004 a été une année maigre de plus. Dans les secteurs au bénéfice de contrats collectifs, il a tout juste été possible de négocier une augmentation des salaires réels de 1,1 pour cent. En appliquant la clé de répartition entre les différents secteurs, cela représente une augmentation de salaire nominal de 0,5 pour cent dans l’industrie et la construction et de 1,5 pour cent dans le secteur des prestations de service. L’index des salaires, qui offre un aperçu complet de toute l’évolution des salaires en Suisse, révèle un résultat encore plus sombre. Les employés doivent considérer l’année 2004 comme année pour rien. Les salaires réels ont stagné autour de +0,1 pour cent. Suivant les branches économiques, les employés du secteur secondaire ont dû accepter une baisse de leur salaire réel de 0,2 pour cent pendant que les travailleurs du tertiaire se sont vus accorder une modeste augmentation du salaire réel de 0,4 pour cent.

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PK Fasel Aucune justification.pdf 85 KB

PK Keller Salaires des managers sous la loupe.pdf 110 KB

Benefices.pdf 47 KB

Remuneration.pdf 56 KB

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20 juin 2005, Susanne Blank, Responsable politique économique Drucker-icon

La transparence des rémunérations octroyées aux membres du Conseil d’administration et de la direction : La volonté fait défaut

Le 8 juin, en sa qualité de deuxième Chambre du Parlement, le Conseil des Etats, délibère sur la directive de transparence en matière de rémunération des managers. Le risque est grand que l’on ôte ses dernières cartouches au projet de loi déjà rogné, ce qui est incompréhensible dans le contexte actuel des débats fiévreux, ravivés sans cesse sur ce sujet. Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs, exige que tous les membres de la direction soient légalement et individuellement tenus de lever le voile sur leur rémunération et que les actionnaires aient un droit d’intervention lors des assemblées. De plus, toutes les grandes entreprises doivent être tenues à l’obligation de transparence.

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PD La volonté n'est pas là.doc 32 KB

06 juin 2005, Susanne Blank, Responsable politique économique Drucker-icon

La disposition du CO sur la transparence ne résout pas le problème des„salaires des managers“. Trop timorée, elle ne suffit pas

Les scandales financiers et comptables qui ont éclaté ces dernières années ont ébranlé la confiance dans l’économie. Les salariées et les salariés sont touchés de plein fouet par les décisions des dirigeants d’entreprise au travers de licenciements en masse et de la stagnation des salaires. C’est pouquoi ils ont, eux aussi, tout intérêt à ce que la politique de rémunération soit plus transparente. suite

Au cours de la session de printemps, le Conseil national délibère sur la modification du Code des obligations dans le sens d’une plus grande transparence en matière de rémunération des membres des conseils d’administration et de la direction des entreprises. Pourtant, le projet de loi ne fait que la moitié du chemin.

Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs-euses, émet les revendications suivantes :

- La disposition relative à la transparence doit s’appliquer à toutes les grandes entreprises de notre pays, et non pas seulement aux entreprises cotées en bourse.

- L’obligation de publication individuelle doit s’appliquer tant aux membres du conseil d’administration qu’à ceux de la direction.

- En ce qui concerne le montant de la rémunération des membres du conseil d’administration et de la direction, l’assemblée générale doit avoir le dernier mot.

La directive sur la transparence ne résout pas le problème que posent les salaires démesurés versés aux managers. La disproportion choquante entre les salaires des patrons et ceux du reste du personnel, mais aussi les disparités d’évaluation des performances ont la vie dure.

Travail.Suisse veut contribuer à faire la lumière sur les incohérences, à rectifier les contre-vérités et à combattre les injustices. Au cours des vingt dernières années, dans certaines firmes, l’écart entre la rémunération des salariés et celle du PDG a décuplé. Pour cette raison, il convient de publier chaque année le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas. L’écart salarial au sein des entreprises doit cesser de se creuser.

28 février 2005, Susanne Blank, Responsable politique économique Drucker-icon