Thèmes – Travail – Marché du travail

Plus de 8000 entreprises ne respectent pas les conditions salariales

Les mesures d’accompagnement (MAC) sont un instrument efficace contre la sous-enchère des conditions salariales et de travail. Le rapport du Seco sur les MAC présenté aujourd’hui le montre. Mais il montre aussi qu’une telle sous-enchère est bien présente. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, les MAC ne doivent en aucun cas être affaiblies dans le cadre de la partie de poker pour un accord-cadre institutionnel avec l’UE. suite

Le rapport annuel du Seco sur les mesures d’accompagnement (MAC) montre qu’on a effectué en 2017 plus de 44’000 contrôles des salaires et des conditions de travail et que des infractions aux dispositions salariales ont été constatées dans plus de 8000 entreprises. « La sous-enchère salariale fait partie de la réalité quotidienne en Suisse » indique Gabriel Fischer, responsable de la politique économique à Travail.Suisse. Et d’ajouter : «Ce n’est que grâce aux MAC que l’on a pu détecter ces cas. » Les employés travaillant dans des branches avec des CCT déclarées de force obligatoire sont bien protégés (CCT DFO). Ils profitent de salaires minimaux obligatoires. Mais il y a environ la moitié des travailleurs et travailleuses qui ne sont pas protégés par une CCT, ce qui fait que lors de contrôles on doit se baser sur des salaires usuels dans la branche ou la localité en partie fantaisistes ou même trop bas. Si l’on arrive toutefois à prouver des cas de sous-enchère salariale, des procédures d’entente sont déclenchées avec le but de payer des arriérés de salaire. On arrive à boucler ces procédures avec succès dans 82 pourcent des cas lorsqu’il s’agit d’entreprises qui détachent des travailleurs. Mais avec les entreprises suisses, le succès n’est au rendez-vous que dans 51 pourcent des cas. En d’autres termes, ce sont avant tout les employeurs suisses qui minent l’efficacité des MAC.

Plus de protection et de meilleures chances pour les travailleurs et travailleuses

Le rapport sur les MAC montre qu’il faudra accorder la plus grande attention à la protection des salaires et des conditions de travail aussi à l’avenir. En aucun cas, les MAC ne doivent devenir l’enjeu d’une partie de poker autour d’un accord-cadre institutionnel et être ainsi affaiblies. Travail.Suisse exige du Conseil fédéral qu’il tienne sa promesse où les MAC représentent une ligne rouge dans les négociations. Et il faut d’urgence pouvoir faciliter la Déclaration de force obligatoire des CCT et un registre fiable des entreprises qui travaillent correctement pour augmenter l’efficience des MAC. « Nous sommes persuadés que l’on pourra convaincre durablement la population de la voie bilatérale avec l’UE que si l’on parvient à une meilleure protection des salaires et des conditions de travail, à une meilleure intégration des jeunes sur le marché du travail, à une participation facilitée des femmes au marché du travail et à des places de travail plus sûres pour les travailleurs âgés », indique Gabriel Fischer.

Pour d’autres renseignements :
Gabriel Fischer, responsable de la politique économique, 076 412 30 53

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12 juin 2018, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Modification de la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain en cas de service et de maternité (LAPG). Rallonger la durée de l’allocation de maternité en cas de séjour prolongé du nouveau-né à l’hôpital

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Position TS Prolongation conge maternite.pdf 343 KB

07 juin 2018, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

L’AD de Travail.Suisse demande une liste noire des entreprises qui pratiquent la discrimination salariale

Les délégué-e-s de Travail.Suisse ont adopté trois résolutions au cours de leur réunion d’aujourd’hui. Ils ont adopté à l’unanimité la résolution « Discrimination salariale – il faut une liste noire des entreprises ». Ils ont aussi adopté les résolutions sur la libre circulation des personnes et les mesures d’accompagnement et sur la base légale pour la surveillance des assurés par des détectives des assurances sociales. mehr

L’assemblée des délégué-e-s de cette année a démarré avec les louanges du président de Travail.Suisse Adrian Wüthrich aux fédérations affiliées pour leur engagement pour l’initiative pour le congé paternité. « Une année a suffi pour récolter ensemble les signatures nécessaires pour un congé paternité raisonnable. C’est une grande performance. » Les objets statutaires de l’année 2017 – qui fut un très bon cru – ont été rapidement traités. Les délégué-e-s ont élu Carole Furrer (présidente SCIV) à l’unanimité comme nouvelle vice-présidente de Travail.Suisse.

L’exposé du président du Conseil de la Suva, Gabriele Gendotti, a suscité beaucoup d’intérêt. Dans son discours sur les cent ans de la Suva, il a réaffirmé l’importance des syndicats pour faire comprendre le rôle de la Suva. Arno Kerst, président du syndicat Syna et membre de la commission du conseil de la Suva présenta ensuite le point de vue des travailleurs et travailleuses sur la Suva et expliqua pourquoi Travail.Suisse, avec Syna, soutient le référendum contre la nouvelle base légale. « La loi va au-delà du but à atteindre. Nous soutenons dès lors le référendum contre les détectives qui pourront surveiller en Suisse les assurés sans une autorisation judiciaire, jusque dans la chambre à coucher. » Les délégué-e-s de Travail.Suisse ont dès lors adopté à l’unanimité la résolution « Surveillance des assurés : lutter contre les abus dans le domaine des assurances mais selon l’Etat de droit et le principe de proportionnalité ». Outre le soutien au référendum, les délégué-e-s ont appelé la Suva à jouer sérieusement son rôle d’avant-garde et faire approuver par un service indépendant les observations faites de sa propre initiative.

Oui unanime à la résolution d’une liste noire des entreprises pratiquant la discrimination salariale

En février, le Conseil des Etats a choqué en renvoyant le projet de révision de la loi sur l’égalité. Il montre ainsi le peu de considération qu’il porte à la discrimination salariale des femmes qui représente annuellement encore au moins 7.7 milliards de francs. Cela ne semble guère affecter la politique pour laquelle même un auto-contrôle régulier et obligatoire – sans sanctions précisons-le – est encore trop demander. Avec la décision du Conseil des Etats, la coupe est maintenant pleine. « Nous, les syndicats, ne croyons plus aux belles paroles. La loi entrée en vigueur il y a 22 ans doit enfin être effective sinon nous passerons à l’action et instaurerons une liste noire des entreprises qui pratiquent la discrimination salariale », a indiqué Valérie Borioli Sandoz, responsable de la politique de l’égalité à Travail.Suisse.

Oui unanime à la résolution sur la libre circulation des personnes et les mesures d’accompagnement

Un regard sur les évolutions actuelles de la libre circulation des personnes et des mesures d’accompagnement (MAC) donne d’inquiétants signaux. L’attaque frontale la plus récente est venue de l’UDC avec le lancement de son initiative pour résilier la libre circulation : « Cette initiative est plus qu’une attaque contre les accords bilatéraux, c’est une attaque contre les acquis suisses du partenariat social en général et contre les mesures d’accompagnement en particulier » indique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique. Et cela après qu’il ait fallu presque trois ans pour trouver une mise en œuvre compatible avec l’UE de l’initiative sur l’immigration de masse et que l’on mette en œuvre à mi 2018, avec l’obligation de communiquer les postes vacants, un instrument valable qui améliore les chances de la main-d’œuvre résidante. Et comme si cela ne suffisait pas, les MAC menacent, dans le cadre des négociations pour un accord-cadre institutionnel avec l’UE, de faire l’objet de marchandage ou d’être supprimées par la juridiction de l’UE ou par un tribunal arbitral. Travail.Suisse et les fédérations affiliées soutiennent toujours les accords bilatéraux. Mais il faut que la promesse faite par le monde politique de protéger les salaires et les conditions de travail soit clairement tenue et il faut adapter et étendre les mesures d’accompagnement. Les bénéfices de la libre circulation issus des accords bilatéraux doivent profiter à l’ensemble de la population et pas seulement aux entreprises et à leurs actionnaires.

>> vers le communiqué de presse et les trois résolutions

Pour d’autres informations :
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, Mobile : 079 287 04 93

Save the date : lundi prochain, 30 avril (9h30 à Berne), Travail.Suisse présentera à l’occasion d’une conférence de presse le nouveau document de position « Egalité hommes-femmes aujourd’hui et demain » avec 28 revendications pour plus de liberté de choix et préserver la qualité de vie des travailleurs et travailleuses. Plus à ce sujet sous : www.travailsuisse.ch (des lundi, 30 avril 2018)

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2018 04 27 Resolution Lohngleichheit F.pdf 105 KB

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27 avril 2018, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Mieux prendre en considération les travailleurs âgés

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a quitté la 4ème conférence nationale sur le thème des travailleurs âgés avec des sentiments mélangés. Travail.Suisse rend attentif à ne pas minimiser la situation des travailleurs âgés sur le marché du travail. Au vu de l’évolution démographique et du renforcement de la pénurie de personnel qualifié, la Suisse ne peut pas se le permettre. Travail.Suisse demande en particulier plus d’engagement des entreprises, notamment pour la formation continue de leurs employés âgés. suite

En tant que partenaire social national, Travail.Suisse a été invité avec d’autres associations des partenaires sociaux et des représentations des cantons à la Conférence sur les travailleurs âgés. L’échange fut intensif, ouvert et constructif. Mais la Déclaration finale aurait dû être, selon Travail.Suisse, plus percutante.

Qui perd son emploi à plus de 50 ans, a bien de la peine à retrouver une place. Le taux d’aide sociale qui augmente dans la catégorie des 56 à 64 ans le montre bien. Cet accroissement chez les 56-64 ans frappe d’autant plus que pour la plupart des autres tranches d’âge les taux d’aide sociale restent stables ou augmentent très peu. Le nombre des personnes de 56 à 64 ans au bénéfice de l’aide sociale a doublé à plus de 30’000 au cours des dix dernières années. Les conséquences financières et sociales de se retrouver en fin de droit sont très graves pour les personnes concernées. C’est pourquoi, il faut des mesures concrètes pour empêcher l’exclusion des sans-emplois âgés. « Nous saluons le fait que la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux examinent maintenant des propositions à cet égard », souligne Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse.

Pour Travail.Suisse, la priorité va au maintien dans le processus de travail jusqu’à la retraite des travailleurs âgés. A cet égard, les entreprises doivent être davantage contraintes de consacrer leurs budgets de formation continue aussi aux plus de 50 ans et de donner suite ainsi à l’obligation ancrée dans la loi sur la formation continue de favoriser la formation continue. Il faut donner en particulier plus de poids à l’instrument du bilan de carrière.

Travail.Suisse demande aussi un crédit spécial pour la qualification des adultes sans diplômes et la mise en œuvre effective de l’obligation de communiquer les postes vacants pour améliorer réellement les chances des sans-emplois plus âgés sur le marché du travail.

Travail.Suisse a conclu cette semaine avec l’Association des travailleurs et chômeurs suisses de plus de 50 ans, Save50Plus, une convention de collaboration pour peser plus fortement sur cette thématique.

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2018 04 26 MM Aeltere Arbeitnehmende F.docx 36 KB

26 avril 2018, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Accord de collaboration Save50Plus et Travail.Suisse : Donner une voix aux travailleurs âgés

La situation des travailleurs âgés doit être prise plus au sérieux par l’économie. Il faut plus de formations et de formations continues ainsi qu’une mutation culturelle dans les entreprises. L’association suisse pour les employés et les chômeurs Save50Plus et Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs, veulent influencer plus fortement ce développement nécessaire. En amont de la 4ème conférence nationale sur le thème des travailleurs âgés, qui aura lieu le 26 avril 2018, Save50Plus et Travail.Suisse ont signé un accord de collaboration pour mieux représenter les intérêts des travailleurs âgés au niveau national, au-delà de la conférence. suite

La réalité démographique fait qu’aujourd’hui un employé sur quatre a désormais plus de 54 ans, cependant la situation s’est développée de manière peu avantageuse pour les travailleurs âgés au cours des dernières années. Le taux de chômage des employés de plus de 50 ans a augmenté de manière significative durant les années économiquement difficiles et, dans le contexte actuel de reprise, ce taux baisse plus lentement que chez les plus jeunes. Au final, cela signifie que les travailleurs âgés sont licenciés plus rapidement, qu’ils restent au chômage plus longtemps et qu’ils retrouvent moins vite un emploi. En parallèle à cela, le taux de l’aide sociale pour la tranche des 56 à 64 ans a fortement augmenté depuis 2011. En conséquence, il y aurait des mesures à prendre pour soutenir les travailleurs âgés de manière ciblée.

Travail.Suisse a conclu un accord de collaboration avec Save50Plus, une des associations les plus importantes parmi celles qui s’engagent pour les travailleurs âgés. Save50Plus compte plus de 1600 membres et oriente son travail en faveur de demandeurs d’emploi âgés et motivés et leur montre des stratégies et des orientations pour développer des modèles de travail modernes, donnant accès à un revenu et permettant de garantir le standard de vie qu’ils ont eu jusque-là. En collaboration avec des organisations et des entreprises qui ont identifié le potentiel des travailleurs expérimentés et qui savent apprécier leur savoir-faire, l’association nationale Save50Plus s’engage pour un marché du travail neutre en termes d’âge et transmet de précieux contacts. En amont de la conférence pour les travailleurs âgés, Save50Plus a rencontré le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann pour un échange de points de vue. Daniel G. Neugart, Président et Directeur de Save50plus explique : « Nous misons sur une démarche de coopération stratégique en dialogue avec l’économie et la politique. Nous ne cherchons pas à produire un bel effet et à lancer des attaques, mais à proposer des solutions efficaces et concrètes. Dans ce sens, nous considérons la collaboration avec Travail.Suisse comme particulièrement utile. »

Jeudi prochain, Travail.Suisse est invitée à la conférence, comme lors des trois années précédentes, en tant que partenaire social national et présentera ses revendications. À côté de la promotion de la formation et de la formation continue ainsi que de la réalisation de l’état des lieux concernant la situation actuelle des adultes, la mise en œuvre efficace de l’obligation de communiquer les postes vacants constitue un point central pour les personnes sans emploi. La démarche institutionnalisant la collaboration entre les deux organisations est judicieuse afin de pouvoir diriger de manière plus ciblée les revendications des travailleurs âgés. Il faut des changements culturels dans les entreprises et dans l’économie en général, mais il faut aussi prendre des mesures au niveau politique. « En collaboration avec Save50Plus, nous voulons renforcer, dans l’économie et la politique, la conscience que les travailleurs âgés sont précieux, compte tenu du développement démographique. Il faut leur proposer plus de formations continues, afin qu’ils puissent être actifs sur le marché du travail jusqu’à l’âge légal de la retraite », dit Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, en expliquant l’objectif de cette collaboration.

La collaboration des deux organisations va permettre d’améliorer la situation des travailleurs âgés sur le marché du travail et la défense de leurs intérêts au niveau national. Cela se fera autant par un engagement politique et un travail médiatique que par des mesures en faveur de la formation continue.

Autres informations :
• Daniel G. Neugart, Président Save50Plus, 061 361 50 05
• Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

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2018 04 24 MM Zusammenarbeit TravailSuisse-und-Save50plus Aeltere-Arbeitnehmende f.docx 75 KB

24 avril 2018, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon