Thèmes – Travail – Marché du travail

Art. 121a Cst. : Une mise en œuvre qui ne doit pas se faire sur le dos des travailleurs et travailleuses

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, prend connaissance de la décision d’aujourd’hui du Conseil fédéral sur la mise en œuvre de la nouvelle disposition constitutionnelle 121a. Ce qui sera déterminant c’est le maintien des accords bilatéraux avec l’Union européenne (UE) et une mise en œuvre qui ne se fasse pas au détriment des travailleurs et travailleuses. suite

Le Conseil fédéral a entrepris aujourd’hui un nouveau pas pour la mise en œuvre de la nouvelle disposition constitutionnelle 121a. Pour Travail.Suisse, les négociations avec l’UE demeurent centrales. Ce n’est que s’il est possible de trouver une solution négociée avec l’UE que l’on pourra maintenir les accords bilatéraux et avoir des relations bien réglées avec nos voisins et plus importants partenaires commerciaux.

Solutions requises pour les travailleurs et travailleuses sur le marché du travail

Toute limitation de la libre-circulation des personnes renforcera la dépendance des travailleurs et travailleuses envers leurs employeurs et exercera une pression supplémentaire sur les salaires et les conditions de travail en Suisse. Les mesures d’accompagnement joueront donc un rôle encore plus important à l’avenir pour garantir le principe « En Suisse prévalent des salaires et des conditions de travail suisses ». En lien avec la mise en œuvre du nouvel article constitutionnel, il faut, d’un côté, que la discrimination sur le marché du travail soit empêchée et que, de l’autre, la position des travailleurs et travailleuses sur le marché du travail soit renforcée. C’est la condition pour que la mise en œuvre des nouvelles dispositions constitutionnelles ne se fasse pas sur le dos des travailleurs et travailleuses. Il faut aussi des mesures concrètes et mesurables pour une meilleure intégration de la population résidante sur le marché du travail. Ce n’est qu’avec une offensive dans la formation de rattrapage, une amélioration de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle et des mesures pour la protection des travailleurs plus âgés que l’économie pourra disposer de la main-d’œuvre nécessaire.

Pour plus d’informations :
Gabriel Fischer, responsable de la politique économique, tél. 076 412’30’53

11 février 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Après la décision de la BNS, il convient de se concentrer sur le marché du travail

Il est de plus en plus évident que la BNS n’avait aucune véritable alternative à long terme que celle d’abandonner le taux plancher. En dépit des graves conséquences qu’entraîne cette décision, stigmatiser la BNS ne mène à rien, car nous aurons toujours besoin d’une banque nationale crédible. La question de savoir comment les choses vont évoluer sur le marché du travail et sur le plan politique est beaucoup plus importante. La solution ne réside certainement pas dans des baisses salariales ou des allégements de la fiscalité en général. Il conviendra pourtant de discuter de la politique d’embauche des entreprises. suite

En décidant d’abolir immédiatement le taux plancher, la Banque nationale suisse a déclenché un séisme général sur les marchés financiers. Il est clair que sa décision va également entraver le développement économique en Suisse.

Il n’existe pas de véritable alternative

Suite aux décisions prises par la Banque centrale européenne BCE, il paraît maintenant évident que la BNS n’avait véritablement guère d’autre choix que d’abandonner le taux plancher. Dans les prochains mois, la BCE injectera sur le marché plus de 1‘100 milliards d’euros. De ce fait, la pression sur le taux plancher aurait massivement augmenté. Selon les toutes dernières informations, la BNS aurait été contrainte d’acheter 1‘000 voire 2‘000 milliards d’euros au cours des prochains mois. Certes, elle en est capable, théoriquement parlant. Néanmoins, reste à savoir si les risques de pertes de l’ordre de 200 à 300 milliards de francs – qui auraient dû être supportés par la politique et le peuple – constituaient une alternative.

Il est contreproductif de condamner la BNS

Quoi qu’il en soit, il ne sert absolument à rien de stigmatiser la BNS, comme le font actuellement certains. On ne voit pas à quoi ça rimerait ni où cela pourrait bien mener. Le retour à un taux plancher est exclu pour le moment. Il va de soi que la BNS doit assumer ses responsabilités et il est certainement souhaitable que les milieux économiques envoient des messages clairs. Mais en fin de compte, stigmatiser la BNS ne reviendrait qu’à l’affaiblir et serait donc contreproductif, car dans un proche avenir, la Suisse et sa place économique ont besoin, même sans taux plancher, d’une Banque nationale crédible et capable d’agir.

Concentration sur le marché du travail

En notre qualité de syndicat et d’organisation de travailleurs, nous devons nous concentrer sur la protection des travailleurs sur le marché de l’emploi. Tout récemment déjà, les idées les plus folles ont circulé (baisses salariales générales ou salaires versés en euros, renoncement à l’enregistrement de la durée du travail, prolongations des horaires de travail, etc.). Par bonheur, quelques entrepreneurs et politiciens sensés ont rapidement mis fin à ces spéculations.

Pour Travail.Suisse et ses associations affiliées, il est clair que ni les conclusions hâtives ni les solutions générales n’entreront en considération. En revanche, dans un bon esprit de partenariat social, il sera possible de négocier, en prenant des mesures appropriées, dans des cas isolés et pour les entreprises manifestement en difficulté.

Mais en contrepartie, il s’agit aussi de maintenir les emplois et de faire en sorte qu’en cas de fluctuations et de départs à la retraite, davantage de travailleurs résidant en Suisse soient embauchés. En effet, la politique d’embauche des entreprises aura, elle aussi, une incidence essentielle sur l’évolution du chômage en Suisse. En aucun cas, on ne saurait poursuivre actuellement la politique d’embauche de ces dernières années, étant donné qu’une forte croissance du nombre d’emplois en Suisse n’a pas entraîné le moindre recul du nombre de chômeurs.

Conservons notre sang-froid et évitons les conclusions hâtives

Pour l’heure, ce qui va se produire dans les semaines et mois à venir est encore loin d’être évident. Les conséquences seront diverses pour la Suisse selon l’évolution du cours du franc, et selon l’efficacité, par exemple, des taux négatifs adoptés par la Banque nationale.

Il ne sert à rien de prendre des décisions en pareille situation. Il ne fait aucun sens non plus d’annuler – pour des considérations à court terme – des projets conçus de longue date tels que la Stratégie énergétique 2050, ni de faire passer plus rapidement au Parlement des affaires très délicates comme la Réforme de l’imposition des entreprises III. A ce sujet, la table ronde du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann fut très décevante, et les milieux économiques n’ont fait que réitérer leurs anciennes revendications sous une forme déguisée. Ainsi, ni l’union réclamée par le ministre de l’Economie, ni la votation prévisible sur le maintien des Accords bilatéraux n’ont la moindre chance de réussir.

Travail.Suisse rejettera donc clairement toutes ces réactions hâtives qui tentent ouvertement d’utiliser cette période d’incertitude pour promouvoir des intérêts personnels. Il y a lieu plutôt de garder son sang-froid et, au besoin, de prendre des mesures qui profiteront tôt ou tard à la population suisse.

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04 février 2015, Martin Flügel, Président Drucker-icon

Décision de la BNS : se concentrer sur le marché du travail

En séance aujourd’hui, le Comité de Travail.Suisse a procédé à l’évaluation de la situation après l’abandon du cours plancher du franc. Il en ressort que des défis majeurs attendent les entreprises et les travailleurs et travailleuses en Suisse. Travail.Suisse rejette catégoriquement des baisses générales de salaire ou d’impôt. Les questions portant sur les salaires et les horaires de travail doivent être réglées entre partenaires sociaux et, tout au plus, dans un cas donné justifié. Une discussion plus étendue suppose cependant que la politique de l’emploi appliquée par les entreprises ne peut être celle menée ces dernières années. suite

En décidant d’abolir immédiatement le cours plancher, la Banque nationale suisse BNS a déclenché un séisme de moyenne amplitude qui touche les marchés financiers globaux. Il est évident que cette décision va également influer sur le développement économique en Suisse.

Rester calme – pas de précipitation

Actuellement, on ne peut dire ce qui va arriver ces prochaines semaines, voire ces prochains mois. Suivant le sens vers lequel le cours du franc s’oriente, les conséquences pour la Suisse ne sont pas les mêmes. Au vu de la situation, il serait erroné de prendre des décisions. Travail.Suisse rejette catégoriquement toute décision hâtive que peuvent prendre en particulier les milieux économiques ou certaines branches, essayant manifestement de profiter de ces moments d’insécurité pour imposer leurs propres intérêts. Des modifications précipitées dans les Conventions collectives de travail ne sont, en particulier, pas indiquées pour résoudre des problèmes provoqués par des variations de change de monnaie.

Se concentrer sur le marché du travail – les entreprises sont sollicitées

Pour le Comité de Travail.Suisse, les conséquences sur le marché du travail sont au centre des préoccupations. Les idées les plus débridées, allant de la suppression de la saisie des heures de travail à des baisses de salaires ou à des salaires payés en euros, en passant par des augmentations du temps de travail, ont déjà été mises en avant. Ici aussi, il est évident que ni des décisions hâtives ni des solutions générales entrent en ligne de compte. Par contre, dans un esprit de partenariat social, il est toujours possible, dans des cas précis et pour des entreprises en difficulté avérée, de négocier des mesures appropriées. „Mais, en contrepartie, le maintien des emplois – où cela est possible – doit toujours être une priorité et il s’agit de faire en sorte que, en cas de fluctuations et de départs à la retraite, un nombre accru de travailleurs et travailleuses habitant en Suisse soit engagé. Car la politique de l’emploi appliquée par les entreprises va aussi avoir une grande influence sur l’évolution du chômage en Suisse “, explique Gabriel Fischer, responsable de la politique économique chez Travail.Suisse. En aucun cas, on ne peut désormais continuer de mener la politique de l’emploi qui a caractérisé ces dernières années – au cours desquelles une forte croissance du nombre d’emplois en Suisse n’a pas induit une baisse du nombre de personnes sans emploi.

Pour de plus amples informations :
Gabriel Fischer, responsable Politique économique Travail.Suisse, portable: 076 412 30 53

03 février 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Chômage partiel : Le bon instrument contre une désindustrialisation injustifiée

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, salue la décision du Conseiller fédéral Schneider-Ammann d’accepter les variations du taux de change comme justification du chômage partiel. Car le chômage partiel est l’instrument adéquat pour soutenir des entreprises et des branches compétitives dans des situations de crise. suite

Travail.Suisse se réjouit de la rapidité avec laquelle a agi le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann en assignant à l’assurance-chômage la faculté d’accepter les fluctuations du taux de change comme motif d’indemnisation du chômage partiel. « Le taux de change actuel crée aussi des problèmes pour les entreprises qui sont concurrentielles sur le plan international. Il en résulte le risque de pertes de places de travail que l’on pourrait, sinon, conserver durablement en Suisse » indique Martin Flügel, Président de Travail.Suisse. Le chômage partiel crée les conditions en temps de crise pour donner suffisamment d’air et de temps aux entreprises qui sont compétitives pour s’adapter à la nouvelle donne. On peut sauver ainsi justement en ce moment de bons emplois pour des travailleuses et des travailleurs qualifiés et empêcher une désindustrialisation complètement injustifiée de la Suisse.

Pour d’autres informations :
Martin Flügel, Président de Travail.Suisse, 079 743 90 05

27 janvier 2015, Martin Flügel, Président Drucker-icon

L’économie veut utiliser le potentiel indigène : campagne réjouissante mais d’autre mesures sont aussi nécessaires

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses se réjouit que l’économie prévoit de s’occuper de la question des travailleuses et travailleurs plus âgés. A court terme, l’intention de travailler directement avec les entreprises est certainement la plus prometteuse et cela est d’autant plus urgent au vu des effets du nouveau cours du franc. Mais il faut aussi mettre en place un monitoring qui mesure le résultat et d’autres mesures qui doivent porter des fruits à long terme. suite

Pour Travail.Suisse, c’est une bonne chose que l’on utilise davantage le potentiel de travailleurs et travailleuses résidant dans le pays comme l’ont annoncé aujourd’hui l’Union patronale suisse et economiesuisse. En particulier, la présence prévue auprès des entreprises est centrale. Car, en lien justement avec l’insécurité régnant au sujet du nouveau cours du franc, la campagne de l’économie doit déployer rapidement des effets pour empêcher un désastre pour les travailleuses et travailleurs plus âgés.

Monitoring de l’embauche nécessaire pour mesurer les résultats et communiquer

Pour mesurer l’effet des mesures, il faut davantage que simplement la statistique de l’âge moyen de la retraite. L’accent doit être mis sur la politique d’embauche des entreprises que l’OCDE a considéré comme la raison principale pour les difficultés des travailleuses et travailleurs plus âgés en Suisse. « C’est pourquoi, nous demandons à l’économie un monitoring de la politique d’embauche selon les critères de l’âge et du domicile car seul un monitoring permet de formuler des buts quantitatifs et de mesurer les résultats » indique Martin Flügel , Président de Travail.Suisse. Le monitoring peut servir aussi de base pour des messages positifs à la population.

D’autres mesures pour un succès à long terme

Mais d’autres mesures sont nécessaires, qui vont au-delà de la campagne annoncée, et que Travail.Suisse avait déjà présentées en novembre 2014.

En font partie :
• Un check-up du marché du travail à partir de l’âge 40+ comme standard de base pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses. On peut ainsi planifier et mettre en place les aiguillages qui sont déterminants pour la vie active jusqu’à la retraite.
• Une politique de formation continue 50+ : les buts, la méthode et la didactique dans la formation continue doivent aussi être adaptés aux objectifs et à l’expérience de vie des travailleurs plus âgés. Pour ce faire, il faut en préalable développer et financer une politique de formation continue nationale 50+.
• Formation professionnelle pour adultes 40+ : celui qui n’a pas de formation professionnelle ou qui ne travaille pas dans la profession apprise, rencontre de grandes difficultés en cas de chômage. Pour limiter le nombre de ces cas, il faut promouvoir les diplômes professionnels pour adultes.

Pour d’autres informations :
Martin Flügel, Président de Travail.Suisse, 079 743 90 05

21 janvier 2015, Martin Flügel, Président Drucker-icon