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Travail.Suisse au sujet de l’étude de l’OFAS: les conditions de travail sont centrales

Pouvoir travailler jusqu’à l’âge ordinaire de la retraite dépend essentiellement de bonnes conditions de travail. Voilà ce que montre une nouvelle étude de l’Office fédéral des assurances sociales. En outre, l’étude relève que les employeurs n’ont pas du tout la volonté d’occuper plus longtemps tous les travailleurs et travailleuses et rejettent un relèvement de l’âge de la retraite. suite

Par le biais d’une nouvelle étude, l’Office fédéral des assurances sociales a examiné l’âge de la retraite dans un contexte démographique.

De bonnes conditions de travail = pouvoir travailler plus longtemps

L’étude montre que pour les travailleurs et travailleuses à partir de 58 ans l’état de santé propre et des conditions de travail attractives sont le facteur principal pour le maintien sur le marché du travail. Un environnement professionnel positif, suffisamment de repos et des temps de travail flexibles jouent un rôle central. C’est pourquoi, Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses demande en particulier assez de repos par suffisamment de vacances et des pauses payées ainsi qu’une meilleure conciliation du travail et de la vie de famille. Cela en particulier dans la perspective des tâches de soins que les travailleurs plus âgés doivent plus souvent accomplir. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra utiliser le potentiel des travailleurs plus âgés pour contribuer à la maîtrise de l’évolution démographique.

Les employeurs rejettent un âge de la retraite plus élevé

Un autre résultat intéressant de l’étude, c’est le fait que les employeurs ne sont pas du tout intéressés à un temps de travail plus long de nombreux travailleurs et travailleuses et rejettent en outre dans leur majorité un âge de la retraite légal plus élevé. Dans ce contexte, Travail.Suisse demande à l’Union patronale suisse et à l’Union suisse des arts et métiers de laisser définitivement tomber l’exigence d’un relèvement de l’âge de la retraite. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra mener des réformes de la prévoyance vieillesse capables de réunir une majorité. Tout le reste n’est qu’une politique de blocage qui menace de faire aller droit dans le mur l’AVS et la LPP.

08 octobre 2012, Martin Flügel, Président Drucker-icon

Un mécanisme de pilotage de l’AVS: Oui, mais pour le financement

Récemment, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a présenté divers mécanismes de pilotage possibles de l’AVS, à titre de base de la prochaine révision de l’AVS. Et ce, pour garantir la solidité et la liquidité de l’AVS au-delà du pic démographique. Il existe de bonnes raisons de renforcer le poids des automatismes. Pour Travail.Suisse, il faut toutefois établir un tel automatisme sur le plan du financement. suite

Actuellement, le financement de l’AVS est solide, contrairement aux perspectives financières annoncées précédemment par la Confédération. Les derniers résultats annuels montrent que les comptes de l’AVS resteront positifs, même dans les années où l’AVS devra financer des augmentations de rentes (adaptation à l’indice mixte). Elle a pu reconstituer ses fonds propres à plus de 40 milliards de francs. C’est plus que l’ensemble des dépenses annuelles. Dans sa publication portant sur les nouvelles perspectives financières1, la Confédération a également reconnu que l’AVS reposait actuellement sur des bases saines.

Augmentation de la pression démographique dès 2025

Dès 2025, si de nouvelles mesures ne sont pas prises, l’AVS sera soumise à de plus fortes pressions dues à l’évolution démographique: pour la plupart, les classes d’âge issues du baby-boom sont à la retraite. Les réserves de l’AVS seraient alors trop faibles pour payer toutes les rentes. La pression démographique sur la prévoyance vieillesse en Suisse est pourtant maîtrisable, ce qui n’est pas toujours le cas à l’étranger. Et ce, parce qu’il convient de partir de l’idée que le nombre des actifs augmentera légèrement à l’avenir ou du moins restera stable. Néanmoins, il est approprié de revoir dès aujourd’hui les mécanismes qui assurent la pérennité de l’AVS dans cette situation et qui permettent d’éviter un nouveau blocage en cas de nouvelle évolution.

Les moyens supplémentaires nécessaires sont modestes

Si les finances de l’AVS ne suffisent plus, il existe fondamentalement trois possibilités: augmenter les recettes, réduire les rentes ou relever l’âge de la retraite. La question-clé pour l’avenir doit être de savoir ce qui affectera le moins la qualité de vie de la population? L’analyse et les perspectives financières montrent que les moyens supplémentaires nécessaires sont relativement modestes par rapport à l’étranger: les manques à combler supposent un ordre de grandeur d’environ 1 à 2 pour cent salarial ou point de pourcentage de la taxe sur la valeur ajoutée2.

Le report sur l’AVS du frein à l’endettement n’est pas recevable

Les associations économiques et le PRD souhaitent faire passer tel quel le frein à l’endettement du budget de la Confédération à l’AVS. Mais cette analogie ne fonctionne pas: en effet, la plupart des dépenses de l’AVS sont de nature captive. À l’inverse de l’Etat, les assurances sociales n’ont guère de marge de manœuvre. Les rentes doivent être versées. Par contre, dans le budget de l’Etat, certains investissements peuvent être différés de quelques années ou il est possible de décréter un arrêt de l’embauche. Et de plus, les retraité-e-s ne peuvent pas simplement modifier leur comportement ou générer d’autres revenus lorsque, par exemple, la rente AVS baisse ou que l’âge de la retraite est relevé peu de temps avant leur départ à la retraite.

Rapport sur le mécanisme de pilotage: des considérations correctes…

Les auteurs du rapport concernant les mécanismes possibles de pilotage ne commettent pas cette erreur.3 Ils sont pleinement conscients que la situation de l’AVS est particulière. Le rapport contient donc des considérations qui méritent réflexion:

- Il conviendra d’agir à moyen terme. Une AVS durablement financée est essentielle pour la confiance dans les institutions, la stabilité politique et le développement économique.

- À la longue, un blocage politique n’apportera rien à personne. Un mécanisme défini à l’avance permettra d’objectiver la discussion idéologique, d’atténuer la dureté des mesures à prendre et de dépassionner le débat portant sur l’exactitude des pronostics.

- Dans tous les mécanismes de pilotage, il faut veiller au respect du mandat constitutionnel, en particulier pour les bas revenus.

… mais aussi des conclusions erronées

Les trois modèles présentés dans le rapport partent tous sans exception de mesures orientées pour la moitié sur les dépenses et pour l’autre moitié sur les recettes, dès lors qu’un certain seuil est dépassé:

Modèle 1
Côté financement: Augmentation des cotisations salariales/relèvement de l’âge de la retraite
Côté prestations: Relèvement de l’âge de la retraite

Modèle 2
Côté financement: Augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée
Côté prestations: Réduction des rentes

Modèle 3
Côté financement: Augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée/relèvement de l’âge de la retraite
Côté prestations: Relèvement de l’âge de la retraite

À cet égard, ces modèles sont valablement conçus, parce que les mesures envisagées s’étendent sur une période relativement longue et qu’elles sont par conséquent plus facilement supportables. L’objectif visé est d’atteindre une certaine symétrie au niveau des personnes touchées: chacun doit apporter sa pierre à l’édifice pour assainir l’AVS. Toutefois, la conclusion voulant qu’il s’ensuive automatiquement – pour que toutes les « victimes » soient traitées sur un pied d’égalité – des réductions de prestations ou des relèvements de l’âge de la retraite est erronée.

Il faut garantir l’égalité de traitement des « personnes touchées », également pour les mesures axées sur les recettes

La symétrie des sacrifices peut également exister si le mécanisme est orienté uniquement sur les recettes. Si, par exemple, on relève la taxe sur la valeur ajoutée en faveur de l’AVS, les retraité-e-s participeront également à son financement, ce qui n’est pas anodin compte tenu du nombre croissant de ces derniers. Objectivement, une certaine contribution des retraités se justifie aussi du point de vue démographique: nombre d’entre eux ont profité, lorsqu’ils travaillaient et cotisaient, d’un rapport favorable entre actifs et retraités. Cette génération a eu elle-même peu d’enfants, si bien que la charge est plus lourde pour la génération active d’aujourd’hui. Par contre, une augmentation des cotisations salariales sera financée tant par les actifs que par les employeurs. Il sera ainsi possible, en combinant les sources de recettes, de faire participer divers groupes de la population pour satisfaire aux exigences d’une répartition des « personnes touchées ».

Un financement supplémentaire porte le moins atteinte à la qualité de vie

Le peuple a exprimé à plusieurs reprises son refus d’une réduction des rentes de vieillesse et d’un relèvement de l’âge de la retraite. Ce n’est pas parce que la population vieillissante devient plus nombreuse qu’elle ne doit pas s’en tirer automatiquement avec moins de prestations. Les propositions qui visent des réductions de rentes automatiques sont dangereuses du point de vue du respect du mandat constitutionnel. De plus, elles s’écartent du premier pilier, si les prestations entre l’AI et l’AVS ne sont plus concordantes. Un relèvement de l’âge de la retraite est irréaliste et inapplicable politiquement parlant tant que les employeurs n’apportent pas la preuve du contraire et que les travailleurs d’un certain âge sont encore suffisamment nombreux à travailler. Le taux d’emploi des 55 à 65 ans devrait encore augmenter énormément. Pour ces raisons-là, il est improbable que le peuple approuve un chèque en blanc pour des réductions de prestations dans le cadre d’un automatisme. Il sera plutôt prêt à accepter un financement supplémentaire, modéré et d’une durée limitée en raison de la génération du baby-boom. Cela affectera beaucoup moins la qualité de vie de la population que des réductions de prestations.

Ne pas renoncer à ce qui fait la force de l’AVS

Ce qui fait la force de l’AVS, c’est son fonctionnement simple et fiable. C’est là une qualité à préserver. Des changements constants par le biais d’un automatisme du côté des prestations la rendront compliquée et impénétrable. Les travailleurs doivent savoir (et pouvoir planifier) à quel âge ils prendront leur retraite et sur quelles prestations de l’AVS ils pourront compter. Les propositions impliquant des réductions automatiques de prestations, en fonction du développement démographique, sapent la confiance que la population accorde à l’AVS. C’est pourquoi les mesures prises du côté des prestations dans le cadre d’un automatisme ne sont pas prometteuses aux yeux de Travail.Suisse.

Un automatisme quant au financement est nécessaire

Travail.Suisse propose donc un automatisme orienté côté recettes, qui assure les prestations futures de l’AVS, au-delà du pic démographique. Il convient de fixer d’avance quels sont les cas où l’AVS doit toucher temporairement des recettes supplémentaires. Il sera alors important de s’appuyer sur le développement effectif et non pas sur des pronostics incertains. Les recettes supplémentaires éventuellement nécessaires devront donc dépendre de l’état du Fonds de compensation AVS (avoirs de l’AVS).4

L’automatisme du financement crée la fiabilité

Du fait de l’automatisme, en cas de baisse du Fonds AVS au-dessous d’un certain seuil (commençant par exemple dès 50% des dépenses annuelles), des recettes supplémentaires sont automatiquement prélevées en faveur de l’AVS (par exemple, des points de pourcentage de la taxe sur la valeur ajoutée, des pour cents salariaux). De plus, une valeur plancher doit être définie, au-dessous de laquelle les avoirs du Fonds AVS ne doivent pas tomber, faute de quoi les versements de rentes ne sont plus assurés. Il incombe ensuite au Conseil fédéral et au Parlement de prendre d’autres mesures fondées sur le principe de cette couverture, mesures qui empêchent ou retardent une baisse du Fonds AVS au-dessous de la valeur seuil définie.

D’autres mesures restent possibles

Il sera possible de renoncer à la perception automatique de recettes supplémentaires si d’autres mesures prises par le législateur sont acceptées par le peuple. En revanche, si le peuple juge, par exemple dans le cadre d’un référendum, que les mesures proposées sont inacceptables, et qu’il les refuse, une augmentation des recettes entrera tôt ou tard automatiquement en vigueur. Le rejet d’une mesure proposée aurait ainsi un prix clairement chiffré, sous la forme, par exemple, d’une augmentation automatique de la taxe sur la valeur ajoutée. De ce fait, le peuple pourra décider à chaque fois, en cas de risque de baisse des avoirs de l’AVS, s’il préfère une autre mesure aux recettes supplémentaires décrites. Une telle manière de procéder est également souhaitable du point de vue d’une politique démocratique.

1 http://www.bsv.admin.ch/dokumentation/zahlen/00093/00424/index.html?lang=fr

2Feuille d’information « Perspectives financières 2012 de l’AVS jusqu’en 2030 » de l’OFAS; scénario « moyen » pour les années 2025 et 2030; http://www.bsv.admin.ch/dokumentation/zahlen/00093/00424/index.html?lang=fr

3Mécanismes de pilotage de l’AVS, Rapport de recherche 7/12 BSV
4Vous trouverez des informations plus détaillées sur l’automatisme du financement souhaité/demandé par Travail.Suisse dans le Service de presse du 16 mai 2011: http://www.travailsuisse.ch/fr/node/2793. Le modèle est également esquissé dans le rapport de recherche relatif aux mécanismes de pilotage de l’AVS, 7/12 OFAS (p. 37)

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PD Mécanisme de pilotage de l'AVS.doc 140 KB

10 septembre 2012, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Premier pilier stable

Les comptes annuels 2011 de l’AVS et de l’AI, publiés aujourd’hui, le montrent : l’AVS continue à produire des excédents et est en bonne santé financière. Quant à l’AI, sa stabilisation est en cours. Il n’existe ni d’urgence, ni de nécessité financière pour une réforme précipitée 6b. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, demande à la commission sociale compétente un renvoi au Conseil fédéral de ce projet de réduction de rentes. suite

Les résultats annuels montrent que l’AVS, même dans les années dans lesquelles il y a des augmentations de rentes nominales (adaptation à l’indice mixte), boucle de façon positive. Elle a pu augmenter son capital à plus de 40 milliards de francs. C’est plus qu’une année de dépenses en réserves. Les revendications politiques visant à mettre hors circuit l’adaptation au renchérissement sont ainsi déplacées tout comme d’autres mesures de démantèlement.

Pas besoin de 6b

Les chiffres le montrent : l’AI est en bonne voie. Son résultat s’est stabilisé et est quasiment équilibré. Et cela, sans inclure encore la réforme 6a, qui, selon les projections du Conseil fédéral , remettra l’AI dans les chiffres noirs dès 2012 et contribuera de façon déterminante à la bonne santé financière de l’AI. Il faut donc concentrer maintenant les efforts pour une mise en œuvre réussie de 6a. Ensuite, il n’y aura pas de nécessité financière pour des réductions de rentes précipitées comme cela est prévu avec 6b. La commission sociale du Conseil national se réunit aujourd’hui et demain concernant 6b. Travail.Suisse demande qu’elle renvoie au Conseil fédéral cette révision précipitée et inutile.

29 mars 2012, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Une solidarité intergénérationnelle bien réelle au sein de l’AVS

En sa qualité de principale institution sociale de Suisse, l’AVS est un projet qui transcende les générations. Elle montre à quel point jeunes et aînés sont tributaires les uns des autres et elle est importante pour la cohésion sociale. suite

L’AVS repose sur le système de la répartition. Les actifs et les employeurs versent des cotisations sur les salaires. Ces cotisations sont utilisées pour payer aux retraités leurs rentes AVS. De ce fait, l’AVS repose sur un contrat de génération: celles et ceux qui paient aujourd’hui peuvent partir de l’idée qu’ils verront leurs propres re*ntes de vieillesse financées par la génération suivante.

De nombreuses dépendances entre jeunes et vieux

Ce contrat de génération est-il encore d’actualité? Certains jeunes gens en doutent et pensent qu’ils ne doivent pas être les seuls à trimer unilatéralement pour « nourrir les vieux ». Cette vision des choses méconnaît le fait que les jeunes et les aînés sont tributaires les uns des autres de diverses manières. Ainsi les retraités fournissent à la société une contribution non négligeable en accomplissant un travail d’encadrement et de bénévolat pour permettre aux actifs de verser autant de contributions à l’AVS. Quiconque a des enfants sait apprécier les innombrables heures que les grands-parents consacrent à l’encadrement de leurs petits-enfants, permettant ainsi aux parents d’exercer une activité professionnelle. D’autres prestations bénévoles fournies par les retraités reviendraient chers aux actifs s’ils devaient les payer ou les accomplir eux-mêmes. Par exemple, l’accompagnement de personnes âgées ou handicapées. Sans oublier que beaucoup d’argent passe des personnes d’un certain âge à la génération qui travaille par le biais des héritages et des donations.

L’AVS encourage la cohésion sociale

Aujourd’hui comme hier, l’AVS jouit – tout à fait à juste titre – d’un grand soutien au sein de la population. Elle est financièrement stable et le restera également en périodes de vieillissement de la population, grâce à certains réaménagements raisonnables. Elle repose sur des bases simples et elle est compréhensible. Et l’AVS est même bien plus qu’une simple prévoyance vieillesse. Elle est aussi une institution qui garantit une solidarité réelle et donc la cohésion sociale. Un solide instrument de solidarité réside dans le fait que les gros salaires paient des cotisations sur la totalité de leur revenu, mais qu’ils recevront au maximum le double de la rente minimale de l’AVS. De ce fait, l’AVS veille à une certaine redistribution entre les riches et les pauvres, ce qui est plus nécessaire que jamais lorsqu’on voit ces derniers temps que les mouvements monétaires circulent plutôt des pauvres vers les riches et que les riches se voient accorder un peu partout des allègements fiscaux.

Une vache sacrée

De tout temps, l’AVS a été une « vache sacrée ». Et c’est bien ainsi. Le récent sondage mené par Vimentis, une plate-forme indépendante de discussions destinée à la population, montre aussi que la réduction des rentes AVS est taboue pour plus de 80% des personnes interrogées. De même, le relèvement de l’âge de la retraite est rejeté par une majorité. Par contre, les gens sont prêts à verser davantage de cotisations à l’AVS. En bref: on ne doit ni abattre, ni traire, une vache sacrée. Il faut plutôt prendre soin d’elle. À cet effet, la solidarité doit exister davantage au sein d’une même génération. Il faut accepter que certaines personnes ne puissent pas travailler aussi longtemps que d’autres. Quiconque accomplit un travail physique pénible ou n’a plus de débouchés sur le marché du travail doit pouvoir bénéficier d’un départ à la retraite flexible, à des conditions décentes.

Prendre soin

Prendre soin de l’AVS, c’est aussi prendre soin de notre population active. Nous devons nous mobiliser généralement en faveur de conditions de travail qui permettent de travailler jusqu’à l’âge légal de l’AVS. Et nous devons résolument faire face à toute intimidation en ce qui concerne le financement de l’AVS, qui serait le fait de celles et ceux qui veulent saper la solidarité intergénérationnelle et favoriser l’égoïsme. Il en a toujours été ainsi lorsque les actifs, en nombre proportionnellement inférieur à celui des retraités, devaient financer les rentes de ces derniers. Toutefois, pour maintenir l’AVS dans une situation saine, il est fondamental que la productivité des travailleurs augmente, et donc les cotisations à l’AVS. Il vaut la peine de prendre soin de l’AVS. En effet, comme on l’a dit: en Suisse, l’AVS a une fonction de soutien national. Elle offre la sécurité et favorise la cohésion. Ou comme quelqu’un l’a dit récemment lors d’une séance: « L’AVS est aujourd’hui pour la population ce que l’armée était autrefois pour elle ». L’AVS aura 64 ans cette année, mais elle est encore loin d’être à mettre au rebut ou d’être bonne pour la retraite.

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PD Une solidarité intergénérationnelle bien réelle dans l'AVS.doc 112 KB

18 mars 2012, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

La revalorisation du travail, un thème central pour le Parlement

Les incidences de la démographie sur le marché du travail s’accentueront au cours des quatre prochaines années. Selon Travail.Suisse, la pénurie de main-d’oeuvre constitue l’un des plus grands défis posés par l’évolution démographique. C’est uniquement en renforçant la condition des travailleurs – donc en revalorisant le travail – que la Suisse pourra maintenir sa prospérité et la qualité de vie qu’elle offre. Travail.Suisse attend du PBD et du parti vert’libéral suisse qu’ils assument leur nouvelle responsabilité et contribuent à faire triompher des solutions constructives et susceptibles de recueillir la majorité. suite

Le PBD et le parti vert’libéral sont les grands vainqueurs des élections. Ce succès les met devant une grande responsabilité à l’égard de la prospérité de la Suisse. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs, attend du PBD et du parti vert’libéral qu’ils reprennent les questions politiques urgentes, qu’ils adoptent des positions judicieuses et qu’ils fassent ainsi triompher des solutions constructives, sur les plans de la politique économique, sociale et environnementale, et susceptibles de recueillir une majorité.

Aux yeux de Travail.Suisse, la future pénurie de main-d’oeuvre constitue l’un des problèmes les plus urgents à résoudre en Suisse. Ce n’est qu’en renforçant la condition des travailleurs et travail-leuses que nous pourrons maintenir la prospérité et la qualité de vie en Suisse. Voici ce qui est nécessaire à cet effet:

Salaires et conditions de travail: impôts sur les bonus, salaires minimums, démographie

Il faut instaurer un impôt sur les bonus pour lutter contre l’explosion des hauts salaires et pour empêcher des salaires de misère des salaires minimums par branche et par région. De plus, il faut renforcer massivement les mesures d’accompagnement liées à la libre circulation des personnes. Les conditions de travail doivent être alignées sur l’évolution démographique. Le Parlement doit donc se poser la question de savoir ce qu’il y a lieu de faire pour que les gens puissent et veuillent travailler en Suisse jusqu’à l’âge normal de la retraite.

Prévoyance vieillesse: âge flexible de la retraite, exclusion des assureurs vie du deuxième pilier

Il faut que l’âge de la retraite soit flexible, et qu’il soit supportable sur le plan financier pour toutes les catégories de revenus, afin de tenir compte des réalités actuelles sur le marché du travail et de l’état de santé des travailleurs et travailleuses âgés. Les assureurs vie doivent être exclus du deuxième pilier et il faut confier ces opérations aux partenaires sociaux. Cela permettrait d’affecter à des rentes de vieillesse plus élevées les 600 millions de francs qui vont chaque année dans les poches des managers et des actionnaires.

Familles: hausse des allocations familiales, congé paternité, parité des salaires

Pour améliorer la situation financière des familles en Suisse, il faut, d’une part, relever les allocations familiales et, d’autre part, concrétiser l’égalité des salaires, chose essentielle pour les familles. C’est seulement en appliquant la formule « à travail égal salaire égal » que les modèles familiaux fondés sur le partenariat auront une réelle chance d’exister. De plus, il conviendra de mieux concilier travail et famille. Pour ce faire, on introduira un congé paternité payé de 20 jours au moins. En outre, les offres de structures d’accueil destinées aux enfants et aux personnes âgées devront être pleinement reconnues à titre de service public.

Formation: égalité des chances tout au long de la vie

La formation se déroule du berceau à la tombe. Il faut accroître les chances de départ de tous les enfants en encourageant de manière précoce la langue vernaculaire et l’enseignement intégratif. La formation professionnelle doit être attrayante et accessible à tous les jeunes. À cet effet, la formation générale doit être renforcée dans l’apprentissage et, en révisant la loi sur la formation professionnelle, il faut veiller à ce que les étudiants et les étudiantes de la formation professionnelle supérieure ne paient pas plus que les étudiants des hautes écoles. Par ailleurs, le Parlement doit ancrer, dans la nouvelle loi sur la formation continue, l’obligation de suivre trois jours de formation continue, afin que celle-ci devienne également la norme pour les travailleurs et travailleuses âgés et/ou peu qualifiés.

Tournant dans le domaine de l’énergie: cleantech, promotion des énergies alternatives, programme national d’assainissement des bâtiments

En optant pour la sortie du nucléaire, le Parlement a pris une décision qui montre la voie. Mais il faut maintenant en tirer également les conséquences. En d’autres termes, il va falloir promouvoir les économies d’énergie et les énergies alternatives. Le soutien de l’initiative Cleantech, que Travail.Suisse a contribué à lancer, l’augmentation du programme national d’assainissement des bâtiments, ainsi que le financement total de toutes les demandes reçues visant à soutenir les énergies alternatives en font partie.

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07 novembre 2011, Martin Flügel, Président Drucker-icon