Thèmes – Politique sociale – AI et LAA

Examiner de nouvelles voies réalistes d’intégration au lieu d’augmenter unilatéralement la pression sur les bénéficiaires de l’AI

Dans la 6e révision de l’AI, il est prévu de faire des économies en réinsérant plus de 15’000 bénéficiaires actuels de l’AI. Face à cet objectif très ambitieux, il n’y a aucune obligation, côté employeurs, de faire travailler des personnes ayant un handicap. Si l’on veut éviter que la réinsertion reste illusoire, il faut instaurer maintenant des obligations pour les employeurs, ainsi que de nouveaux moyens, en vue de créer des emplois pour les personnes concernées. Si les conditions cadres sont fixées clairement et équitablement, la voie passant par les entreprises sociales offre de bonnes perspectives, selon Travail.Suisse.

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18 janvier 2010, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Arrêtons les dégâts !

Le 28 janvier 2010, les délibérations portant sur la révision de la loi fédérale sur l’assurance-accidents entrent dans le prochain round au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS-N) du Conseil national. Victoire de la stratégie de l’UDC?

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18 janvier 2010, Hugo Gerber, président transfair Drucker-icon

La 6e révision de l’AI: oui à la réinsertion, mais de manière correcte

La 6e révision de l’AI devrait permettre des économies, du fait que plus de 15’000 rentiers et rentières de l’AI seront réinsérés dans le premier marché du travail. Mais si les employeurs n’ont pas l’obligation de mettre à disposition les emplois nécessaires à cet effet, cet objectif restera illusoire, brimera les personnes concernées et alourdira le budget de l’aide sociale. C’est pourquoi Travail.Suisse demande que l’on impose aux employeurs une obligation d’engager des personnes handicapées. Quiconque faillira à son devoir devra payer une taxe affectée à un usage bien défini : la création d’emplois pour les personnes handicapées.

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26 octobre 2009, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Une taxe obligatoire et affectée auprès des employeurs comme condition pour la réinsertion

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, soutient sur le fond les efforts pour intégrer les rentiers AI dans le marché du travail. Mais il faut créer les conditions nécessaires à cet égard en obligeant les employeurs d’engager des personnes ayant un handicap. Sinon, l’entreprise doit s’acquitter d’une taxe qui sera affectée pour créer des places de travail pour les personnes concernées. La manière dont est conçu aujourd’hui le projet rend illusoires les efforts d’insertion tels que désirés. suite

La 6ème révision de l’AI veut réduire ou supprimer plus de 15’000 rentes en cours. Les personnes concernées doivent être réintégrées dans le premier marché du travail. Cela signifie rien d’autre que la création de plus de 15’000 postes pour des personnes souffrant de handicap. Au lieu d’augmenter la pression sur les rentiers AI, il est temps de prendre des mesures qui permettront de créer les postes de travail requis. Car si on oblige les détenteurs de rentes AI à l’ensemble des mesures prévues, mais que l’on n’oblige pas les employeurs à créer les postes de travail requis, on chicane les personnes concernées et ce n’est que l’aide sociale qui est davantage sollicitée. Ce n’est pas là une réinsertion prometteuse de succès. Par contre, si l’on oblige les employeurs à créer des postes de travail pour des personnes souffrant de handicap, il devient possible d’atteindre les buts de réinsertion.

Travail.Suisse demande une obligation pour les entreprises

C’est une évidence : la réinsertion ne fonctionne que si les employeurs jouent le jeu. L’effet de mesures volontaires de la part des employeurs est très limité. Il ne faut pas s’en étonner d’ailleurs : l’augmentation de nombre de rentes est pour une bonne part redevable à une économie de plus en plus productive où plus tout le monde ne trouve sa place. Sans changement des conditions-cadres, cela ne va pas changer. La Suisse, comparativement aux pays voisins, occupe très peu de personnes ayant un handicap. Dans les pays voisins, il existe des quotas obligatoires qui contribuent à l’obtention des buts de réinsertion. Ainsi en France et en Allemagne jusqu’à 5 fois plus de personne ayant un handicap sont occupées qu’en Suisse. C’est pourquoi Travail.Suisse demande que dans la 6ème révision de l’AI on introduise aussi en Suisse un devoir d’engagement de personnes ayant un handicap. Le but visé est de parvenir à un pourcentage de 2.5 pour-cent du personnel.

Taxe affectée pour créer des places de travail pour les personnes ayant un handicap

Travail.Suisse est conscient que les entreprises ne sont pas toutes dans la même mesure capables de contribuer à une meilleure réinsertion de personnes ayant un handicap. C’est pourquoi, il faut prélever une taxe affectée auprès des entreprises qui ne peuvent pas ou ne veulent pas remplir leur devoir. Celle-ci doit être utilisée par les offices AI pour créer des places de travail pour les personnes ayant un handicap. Il s’agit de chercher des alternatives à la réinsertion directe dans le premier marché du travail. Pour Travail.Suisse, il s’agit en premier lieu de renforcer la collaboration de l’AI avec des entreprises du domaine social. Ces dernières ont un grand potentiel de développement et peuvent proposer des places de travail aussi bien limitées dans le temps qu’ à durée indéterminée.

19 octobre 2009, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Financement additionnel de l’AI : un progrès important vers l’assainissement

La population suisse a montré aujourd’hui qu’elle tient à la solidité de son assurance invalidité. Mais le financement additionnel ne dissipe en aucun cas tous les soucis de l’AI. Si l’on veut vraiment assainir l’AI, il faut partir sur de nouvelles bases. C’est pourquoi Travail.Suisse revendique que la 6e révision de l’AI introduise une obligation à la charge des employeurs d’occuper des personnes handicapées. En effet, le surcroît de pression sur les travailleuses et les travailleurs et sur les rentières et les rentiers ne suffira pas à lui seul à assainir l’AI. suite

Travail.Suisse se réjouit que le oui d’aujourd’hui accorde les recettes supplémentaires urgentes et nécessaires à l’AI. Les partis bourgeois et les employeurs partent comme toujours du principe que les étapes ultérieures d’assainissement doivent mettre la pression sur les travailleuses et les travailleurs et sur les rentières et les rentiers AI. Mais l’assainissement de l’AI ne peut pas se faire sur leur dos. Du côté des employeurs, il faudra d’une façon ou d’une autre mettre la main à la pâte. En effet, l’augmentation des cas de rente est due en bonne partie au fait que nous travaillons dans une économie qui n’octroie plus de place à tous. Cette situation ne va pas changer toute seule.

Réadapter les rentiers : oui, mais comme il faut

Les premières propositions pour la 6e révision de l’AI sont sur la table. Le nouveau credo s’intitule « réadapter les rentiers ». Les rentières et les rentiers AI qui présentent un potentiel de réadaptation doivent être réintégrés sur le marché du travail. On ne peut rien reprocher à ce principe pour autant que les places de travail nécessaires soient mises à disposition. Mais obliger les rentières et les rentiers AI à se réadapter tout en leur supprimant leur rente, et ceci sans leur offrir les places de travail nécessaires, c’est les expédier tout droit sur la voie de l’assurance-chômage et de l’aide sociale. C’est une alternative insoutenable.

Pas d’assainissement de l’AI sans obligation à la charge des employeurs

Le passé nous enseigne que la seule bonne volonté des employeurs ne suffit pas à augmenter l’embauche de personnes ayant un handicap. Travail.Suisse est d’avis qu’il est nécessaire d’inscrire clairement dans la loi une obligation à la charge des employeurs de créer ces places de travail. Ceux-ci ont le choix : soit ils participent à long terme à l’assainissement de l’AI par des contributions supplémentaires, soit ils s’obligent à mettre à disposition autant de places qu’il faut pour entamer une vraie offensive au plan de la réadaptation.

L’économie suisse occupe peu de handicapés

Comparé aux pays voisins, l’économie suisse occupe très peu de personnes handicapées. Alors qu’en Suisse le taux d’occupation des handicapés n’atteint même pas un pourcent des actifs, en Allemagne et en France il se monte à 4 %. Ces pays ont des quota obligatoires qui permettent d’atteindre un objectif élevé en matière de réadaptation.

Si la Suisse réservait la même proportion de places de travail pour handicapés que de l’autre côté de la frontière, l’AI serait en grande partie assainie ! C’est pourquoi il est urgent d’introduire dans la 6e révision une obligation à la charge des employeurs d’offrir les places nécessaires.

27 septembre 2009, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon