Thèmes – Formation – Formation professionnelle

La formation de rattrapage permet de remédier à la pénurie de main-d’œuvre

Parmi les 25 – 64 ans, une personne sur huit n’a pas de diplôme professionnel. Malgré un fort potentiel, peu d’adultes sans formation parviennent à terminer une formation initiale. Il y a lieu d’améliorer l’accès à l’information, aux conseils et au suivi, et d’aplanir les obstacles financiers. Pour ce faire, les cantons doivent adapter les lois sur les bourses d’études et les harmoniser avec l’aide sociale. Il conviendrait aussi que davantage de chômeurs terminent une formation initiale grâce aux allocations de formation versées par l’assurance-chômage. suite

La question de savoir de quelle manière la Suisse couvrira, à l’avenir, ses besoins en main-d’œuvre est devenue encore plus brûlante après l’approbation dans les urnes de l’initiative populaire « contre l’immigration de masse ». La génération issue des années de faible taux de natalité qui entrera sur le marché du travail au cours des prochaines années ne pourra pas remplacer celle des baby-boomers qui partiront à la retraite. A cela s’ajoute le fait que la population ne veut pas d’une immigration illimitée de main-d’œuvre. Il faut donc désormais se focaliser sur le maintien de la population active sur le marché du travail et l’amélioration de ses qualifications.

D’une pénurie de places d’apprentissage à un manque de main-d’œuvre qualifiée

La formation professionnelle se retrouve donc dans la ligne de mire. Au cours des deux dernières décennies, elle a privilégié la création de places d’apprentissage et l’intégration des jeunes rencontrant des difficultés scolaires, linguistiques et sociales. Sa stratégie d’encouragement a permis à la formation professionnelle d’intégrer les jeunes dans le monde du travail. La pénurie de main-d’œuvre a désormais succédé à celle des places d’apprentissage. Une possibilité de pallier ce problème passe par la qualification d’adultes qui n’ont pas de certificat professionnel reconnu.

Les instruments permettant à des adultes de suivre une formation initiale existent. Les adultes ont en effet la possibilité de faire un apprentissage, qu’ils peuvent également effectuer à temps partiel ou sous forme accélérée. Il existe aussi un moyen de se préparer en cours d’emploi à l’examen de fin d’apprentissage. Enfin, la procédure de validation permettant de faire reconnaître l’expérience professionnelle existe dans certaines professions. Et pourtant, un petit nombre seulement des quelque 600‘000 adultes sans formation initiale terminent une formation, alors que le nombre potentiel se situerait, selon les différentes études, entre 50‘000 et 93‘000 personnes.

Selon les études, entre 52’000 et 93’000 personnes remplissent les conditions préalables pour entreprendre directement une formation de rattrapage. Et pourtant, seuls environ 1’300 diplômes professionnels ont été délivrés en 2012 à des adultes sans formation initiale.

Faciliter l’accès à l’information et aux conseils

Le potentiel des adultes sans formation initiale est mal exploité. Une question se pose: quels sont les facteurs qui compliquent l’accès à la formation de rattrapage? De larges catégories de la population continuent, aujourd’hui encore, de manquer de connaissances sur les offres de formation, même chez les formateurs professionnels ou les spécialistes des ressources humaines. Les informations appropriées se trouvant sur les sites internet des cantons ne sont accessibles qu’au bout de plusieurs « clics », et les conseils ne sont pas gratuits dans tous les cantons. Aussi faut-il que la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux mènent une campagne d’information. Les fédérations et branches professionnelles doivent sensibiliser les employeurs et faire de la formation de rattrapage leur cheval de bataille. Enfin, les cantons doivent offrir gratuitement des informations, des conseils et un suivi qui soient aisément accessibles.

Des compétences de base lacunaires

Les compétences de base nécessaires (lire et écrire, compter au quotidien, maîtriser la langue officielle locale, connaître les technologies de l’information et de la communication TIC) font défaut chez une partie des adultes sans formation. 1 Cela concerne aussi bien les migrantes et migrants qui n’ont qu’une maigre formation à leur actif que des personnes qui ont fréquenté l’école en Suisse. Ces dernières n’ont pas réussi à entrer en apprentissage, ont interrompu leur formation ou ont échoué à l’examen final. Des résultats scolaires médiocres jouent un rôle important dans les trois cas cités. A cela s’ajoute le fait que de nombreuses personnes sans formation utilisent peu les compétences de base dans leur quotidien professionnel et qu’elles les oublient au fil du temps. 2 Une partie des adultes sans formation devra donc commencer par assimiler les notions scolaires de base, pour être en mesure de s’atteler à une formation de degré secondaire II.

Chez les migrantes et migrants, c’est souvent une maîtrise linguistique insuffisante de la langue officielle locale qui constitue un obstacle. Mais l’acquisition d’une deuxième langue nationale – comme elle est prévue dans les apprentissages de commerce et les professions de commerce de détail – peut représenter un obstacle supplémentaire. Les cantons devraient mettre à disposition davantage d’offres préparant à une profession (par exemple, le préapprentissage des adultes dans le canton de Berne), ainsi que des offres de formation, combinées avec l’acquisition d’une langue.

Importance des obstacles financiers

C’est souvent l’argent qui fait écueil aux efforts de relèvement des qualifications. Les actifs sans formation ne touchent qu’un faible salaire et, s’ils ont des enfants à leur charge, ils ne peuvent pas réduire leur temps de travail pour suivre une formation. Dans de nombreux cantons, les adultes sans formation initiale n’ont pas accès à des bourses d’études; soit ils se heurtent à la limite d’âge, soit le montant des bourses est limité vers le haut. Un problème supplémentaire se pose aux bénéficiaires de l’aide sociale: souvent, celle-ci et les lois sur les bourses ne sont pas harmonisées. Il convient donc de changer les réglementations: les bourses doivent être octroyées sans qu’aucune limite d’âge soit fixée et leur montant doit pouvoir assurer les moyens d’existence.

Les allocations de formation sont accordées d’une manière très restrictive

Les personnes sans formation initiale constituent environ un tiers des demandeurs d’emploi. Elles ne peuvent guère mettre à profit la période de chômage car l’assurance-chômage ne finance une formation professionnelle qu’à titre exceptionnel. Quant aux allocations de formation, elles ne sont octroyées qu’au compte-gouttes. Le salaire d’apprenti est complété par des allocations de formation de l’assurance-chômage à concurrence de CHF 3’500, pendant trois ans au maximum. En 2012, 41‘000 chômeurs sans formation initiale étaient enregistrés. En regard, moins de 500 adultes ont bénéficié d’allocations de formation versées par l’assurance-chômage. Il convient d’augmenter considérablement le nombre de diplômes professionnels que ces allocations de formation permettent d’obtenir. L’objectif visé: 1’000 diplômes professionnels par an par le biais des allocations de formation. Ces coûts pour la formation de base ne doivent pas être pris en charge par l’assurance-chômage elle-même mais par la Confédération, car la formation initiale est l’affaire de l’Etat.

Un engagement pour l’encouragement de la formation de rattrapage

En plus d’améliorer les conditions-cadre, la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux doivent s’engager d’une manière ciblée en faveur de la formation de rattrapage. A l’heure actuelle, les partenaires n’ont aucune obligation d’encourager activement les efforts de formation des adultes qui n’ont pas de formation initiale. Un engagement contraignant visant à assurer à 95% des jeunes un certificat du degré secondaire II permettrait de changer les choses et de montrer la voie. Il faut pour cela modifier la loi sur la formation professionnelle, afin de soutenir financièrement la formation initiale des adultes en mettant à disposition les fonds appropriés destinés à des projets novateurs. Travail.Suisse propose que l’objectif visé soit de 30‘000 formations initiales d’adultes en dix ans. La Confédération devrait débloquer quelque 850 millions de francs pour les coûts de la formation et des moyens d’existence, auxquels devraient s’ajouter 850 millions de francs versés par les cantons.


1 Le projet du Conseil fédéral relatif à la loi sur la formation continue LFCo prévoit des réglementations pour l’acquisition et le maintien des compétences de base des adultes: la Confédération et les cantons encouragent l’acquisition et le maintien de compétences de base des adultes (LFCo art. 15), le SEFRI peut verser des aides financières aux cantons (LFCo art. 16). Pour connaître l’état actuel de la loi sur la formation continue, voir http://www.sbfi.admin.ch/themen/01366/01382/01388/index.html?lang=de.
2 Pour de plus amples informations sur les compétences de base, voir Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) sous http://www.alice.ch/de/themen/grundkompetenzen/.

14 avril 2014, Angela Zihler, Responsable de projet

Première rencontre nationale des partenaires centraux de la formation professionnelle

Aujourd’hui, 10 ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la formation professionnelle, a eu lieu la première rencontre nationale des partenaires centraux de la formation professionnelle. La rencontre réunit la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux et fait suite à la conférence sur les places d’apprentissage. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, estime favorablement les résultats du travail des 10 dernières années et demande que l’on s’engage avec vigueur dans la formation de rattrapage pour adultes. suite

Aujourd’hui, les partenaires centraux de la formation professionnelle – c’est-à-dire la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux – ont dressé un constat positif des 10 années passées de la formation professionnelle. On peut considérer les éléments suivants comme d’indéniables succès : avoir surmonté la crise des places d’apprentissage, l’intégration des jeunes ayant des difficultés et aussi le bon fonctionnement du partenariat entre organisations concernées. A l’occasion de la rencontre nationale des partenaires centraux de la formation professionnelle, qui fait suite à la conférence des places d’apprentissage, on a désigné comme nouveaux points forts le renforcement de la formation professionnelle supérieure, l’augmentation des taux de maturité professionnelle, le développement des diplômes de formation professionnelle des adultes et l’amélioration du conseil pour les choix de carrière professionnelle.

Buts obligatoires pour la formation professionnelle des adultes

Malgré de grands succès, il reste encore beaucoup à faire : une personne sur huit entre 25 et 64 ans n’a toujours pas de diplôme, soit plus de 600’000 personnes. Jusqu’à 93’000 d’entre elles seraient dans la situation d’acquérir un premier diplôme. « Bien que l’on dispose des instruments à cet égard, ils ne sont guère utilisés. Cela doit changer », demande Martin Flügel, président de Travail.Suisse. « La génération du baby boom arrive à la retraite, les générations qui suivent sont moins nombreuses. A cela s’ajoute le oui à l’initiative sur l’immigration de masse. Il est donc plus important que jamais de maintenir le plus possible d’actifs sur le marché du travail et d’augmenter le niveau de leurs qualifications » indique Flügel qui demande une déclaration ferme des partenaires de la formation professionnelle – Confédération, cantons et organisations du monde du travail – pour le développement de la formation de rattrapage. Le but doit être d’atteindre dans les dix prochaines années 30’000 diplômes d’adultes. Afin que les adultes aient les moyens financiers pour obtenir un diplôme, la Confédération et les cantons devraient investir chacun dans les dix prochaines années 850 millions de francs. Ce n’est qu’ainsi qu’on fera de la formation de rattrapage une réelle réussite.

> Position Travail.Suisse

Pour plus d’informations :
Martin Flügel, président de Travail.Suisse
Tél. 031 370 21 11, mobile : 079 743 90 05

31 mars 2014, Martin Flügel, Président

La Suisse se doit de former plus d’adultes aptes à devenir des professionnels qualifiés

Dans notre pays, une personne sur huit entre 25 et 64 ans n’a pas de diplôme. Une telle situation n’est plus acceptable en Suisse, car le manque de places d’apprentissage débouche déjà peu à peu sur une pénurie de main-d’œuvre. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, invite le monde politique à faciliter l’accès à une formation initiale des personnes sans diplôme. suite

Après le oui à l’initiative contre l’immigration de masse, il faut se demander plus que jamais comment la Suisse va répondre à son besoin de main-d’œuvre qualifiée. La génération des baby-boomers arrive à l’âge de la retraite, les générations qui ont suivi ont enregistré un recul de la natalité. Il est donc d’autant plus important de maintenir les personnes actives sur le marché du travail et de leur permettre d’acquérir de meilleures qualifications.

L’accès à une formation pour adultes n’est pas simple

En Suisse, 600‘000 personnes sont dépourvues d’un diplôme sanctionnant une formation initiale. Certes, les outils qui permettent d’acquérir une formation de rattrapage existent, mais ils sont peu utilisés, bien que les études menées à ce sujet montrent que 52‘000, voire 93‘000 personnes seraient aptes à suivre une telle formation. Travail.Suisse a examiné les facteurs qui entravent l’accès à une formation de rattrapage et est arrivée à la conclusions suivante : premièrement, l’ignorance de l’existence d’offres de formation adéquate – ignorance même du côté des formateurs/trices ou des spécialistes des ressources humaines. Une vaste campagne d’information s’impose donc ; elle doit être soutenue par la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux. Deuxièmement, les femmes surtout interrompent souvent leur formation parce qu’elles sont surchargées, devant assumer des tâches familiales et un travail. Elles sont donc tributaires d’offres flexibles et modulaires. Troisièmement, les adultes dépourvus de formation initiale ne disposent souvent pas des compétences de base indispensables ; ces personnes pourraient donc être soutenues par des offres les préparant à une profession. Quatrièmement, le soutien financier qui assurerait à des adultes en formation des moyens de subsistance fait défaut.

Engagement des partenaires de la formation professionnelle et investissements des pouvoirs publics

Afin de pouvoir surmonter les obstacles, la volonté et la collaboration de tous les partenaires de la formation professionnelle – Confédération, cantons, et organisations du monde du travail – sont indispensables. Travail.Suisse place deux exigences au premier plan :

1. Si on souhaite soutenir les personnes sans formation tout en visant un objectif, celui d’atteindre en dix ans 30‘000 diplômes sanctionnant une formation initiale pour adulte, un engagement des partenaires s’impose. Un engagement analogue, dont l’objectif était en 2006 que, chaque année jusqu’en 2015, 95 pour cent des jeunes terminent soit le gymnase soit un apprentissage, a été une pleine réussite. Cette recette doit être appliquée en faveur des personnes dépourvues d’un diplôme sanctionnant une formation initiale.

2. Afin que des adultes puissent effectuer une formation de rattrapage sans souci financier, la Confédération et les cantons doivent débloquer chacun au cours de la prochaine décennie 850 millions de francs. Si on veut vraiment soutenir la formation de rattrapage, les adultes et, le cas échéant, leur famille, doivent pouvoir disposer de moyens de subsistances durant leur formation. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et il faut que cela change.

Citations:

„Grâce à une formation de rattrapage, les adultes, soutenus par des moyens financiers relativement peu élevés, pourraient grandement contribuer à remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui s’annonce“, déclare Angela Zihler, responsable de projet chez Travail.Suisse.

„La Confédération ainsi que les cantons doivent investir chacun 850 millions dans la formation des adultes. Nous devons repenser la formation professionnelle compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre et du oui à l’initiative contre l’immigration de masse. La promotion de la formation de rattrapage est un impératif“, déclare Martin Flügel, président de Travail.Suisse.

Pour de plus amples informations :

• Martin Flügel, président de Travail.Suisse, 079 743 90 05
• Josiane Aubert, conseillère nationale, vice-présidente de Travail.Suisse, 079 635 98 20
• Angela Zihler, responsable de projet, politique de formation, Travail.Suisse, 079 242 67 21

21 mars 2014, Martin Flügel, Président

La force de la Suisse : un système de formation différencié

La société et l’économie (publique) suisses bénéficient d’un système de formation différencié. Il se distingue par des voies de formation professionnelle et de formation générale fortement tracées. A la différence de beaucoup d’autres pays, la Suisse ne fait pas l’erreur de tout miser sur la formation générale. La Suisse attend aussi le succès de la formation professionnelle, qui permet d’acquérir des diplômes de fin d’études à tous les niveaux. Travail.Suisse considère comme une tâche politique fondamentale de défendre ce système de formation différencié caractéristique de la Suisse, comme l’exige l’art. 61a 3 Cst. suite

Le texte de la Constitution fédérale pose des exigences claires vis-à-vis de la Confédération et des cantons: « dans l’exécution de leur tâche, ils s’emploient à ce que les filières de formation générale et les voies de formation professionnelle trouvent une reconnaissance sociale équivalente. » (art. 61a 3 Cst.). Derrière cette norme constitutionnelle se cache une notion importante: une société et une économie (publique) sont bien inspirées de promouvoir un système de formation différencié, dans lequel les formations tant théoriques que pratiques sont fixées à tous les niveaux.

Les points forts d’un tel système sautent aux yeux :
• Dans un système de formation différencié, les capacités et les goûts de chaque individu peuvent être mieux utilisés. Chacun et chacune a la chance d’emprunter une voie de formation qui correspond au mieux à ses dons.
• Un système de formation différencié est plus à même de répandre à grande échelle dans une société et une économie les connaissances, les capacités et les compétences existantes. Et plus encore si la connaissance pratique est transmise dans différentes entreprises et que sa diffusion n’est pas déléguée aux seules écoles.
• Dans un système de formation nettement différencié, des personnes aux compétences différentes se retrouvent sur le marché du travail dans un combiné de compétences diverses, ce qui permet de composer des équipes mixtes. La capacité d’innovation de la Suisse doit beaucoup à ce phénomène.

Chances comparables

Que la Constitution ait posé l’exigence d’une reconnaissance sociale équivalente des voies de formation générale et des voies de formation professionnelle ne doit rien au hasard. Le danger est grand que la voie de la formation générale soit considérée comme la voie royale. On lui associe les notions de carrière, de sécurité de l’emploi, de revenu élevé, de considération sociale, de grande souplesse sur le marché du travail. Par conséquent, quiconque a la possibilité de suivre la voie de la formation générale devrait le faire sans hésiter – c’est du moins l’opinion générale. Mais on néglige ainsi à dessein le fait que cette manière de voir est dépassée. Grâce au positionnement de la formation professionnelle supérieure dans le domaine tertiaire, à la création de la maturité professionnelle et des Hautes écoles spécialisées, et à la perméabilité du système de formation, les deux voies de formation garantissent aujourd’hui, à engagement égal, des chances comparables.

Tâche de la Confédération et des cantons

La Constitution exige de la Confédération et des cantons qu’ils s’engagent pour assurer une reconnaissance sociale équivalente aux voies de formation générale et à celles de formation professionnelle. Dans la situation actuelle, cela se résume en un mot « communication »:

Communication : La Confédération et les cantons, d’entente avec les organisations du monde du travail, doivent communiquer de manière percutante pour faire connaître le système de formation actuel et les nombreuses possibilités qu’il offre de passer d’une filière à l’autre. Il faut mettre en évidence les forces et souligner les chances qu’un système de formation différencié présente pour chaque individu, comme pour l’économie et la société dans son ensemble. On doit marteler le thème de l’équivalence lors de la phase du choix professionnel et aller à la rencontre des jeunes et de leurs parents qui, trop souvent, vivent encore avec des idées dépassées. On doit faire connaître le système de formation suisse aux entreprises internationales et persuader les politiques de l’équivalence des deux voies de formation.

Politique des « armes égales » : La Confédération et les cantons doivent se demander s’ils tiennent compte ou pas, lorsqu’ils ont à prendre des décisions en matière de politique de la formation, de la valeur équivalente des deux voies de formation. Naturellement, cela concerne au premier chef les finances. Le besoin reconnu de réforme de la formation professionnelle, notamment de la formation professionnelle supérieure, ne doit pas être occulté pour la seule raison que l’on sait que les réformes ne pourront être mises en œuvre dans une parfaite neutralité des coûts. Il est temps de donner une nouvelle base financière à la formation professionnelle supérieure, afin que tous les étudiants de cette filière puissent profiter de soutiens publics déclarés. Des corrections linguistiques doivent aussi être prévues. Exemple : il doit dorénavant être clair pour les jeunes que la classe A, au niveau secondaire inférieur (appelée aujourd’hui classe de progymnase) ne prépare pas seulement à l’entrée au gymnase, mais aussi à la maturité professionnelle. Il serait donc judicieux de nommer à l’avenir la classe A « classe de préparation aux différents types de maturité » et de traiter, dans le cadre de la préparation au choix professionnel, la voie de la formation professionnelle au même titre que la voie de formation générale.

Optimisation de la perméabilité : En développant le système de formation, la Confédération et les cantons doivent veiller à améliorer la perméabilité entre les deux voies de formation. Les deux voies – formation générale, formation professionnelle – bénéficient de la perméabilité des filières. Les premières décisions en matière de profession, généralement prises à 15 ans, ne conduisent plus à des impasses si les filières sont perméables. Si ces décisions ont été erronées, elles peuvent être corrigées au cours de la vie grâce à la perméabilité. Sont surtout à améliorer, dans le système de formation tertiaire, les possibilités de passer des filières professionnelles supérieures aux Hautes écoles spécialisées et aux universités.

Positionnement international de la formation professionnelle supérieure : La formation professionnelle supérieure est peu connue en dehors de la Suisse et, en Suisse même, peu connue des entreprises internationales. Les personnes qui ont obtenu un diplôme professionnel supérieur sont donc désavantagées sur le marché du travail européen et international. La Suisse doit dès lors réussir à délivrer à ces personnes un diplôme de fin d’études professionnelles supérieures immédiatement reconnaissable comme diplôme de formation tertiaire, prouvant la haute qualité professionnelle pratique de ces personnes.

10 février 2014, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Un jour important pour la formation professionnelle

Vendredi, 31 janvier, se déroule à Bâle la journée de la formation professionnelle. A cette occasion, le Conseil fédéral rend hommage aux prestations exceptionnelles des maîtresses et maîtres d’apprentissage dans près de 40 professions, de même qu’aux participants du WorldSkills Leipzig. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de travailleurs et travailleuses, remercie SwissSkills et le Secrétariat d’Etat à la formation, la recherche et à l’innovation SEFRI d’avoir organisé cette manifestation publique. suite

La formation professionnelle a besoin d’une attention positive, parce qu’elle est une partie très importante du système suisse de formation diversifié dont profite au final la société et l’économie. A la différence de beaucoup d’autres pays, la Suisse peut compter sur le facteur de succès de la formation duale. Elle mise tout autant sur la voie de la formation professionnelle que sur la voie de la formation générale.

Mettre en valeur la qualité de la formation professionnelle

Au vu de l’internationalisation de la formation, le système de formation suisse – en particulier la formation professionnelle – est toujours plus sous pression. Il est par conséquent d’une grande importance que la formation professionnelle puisse régulièrement démontrer ce qu’elle vaut. Selon Bruno Weber-Gobet, responsable de la politique de formation chez Travail.Suisse : « Le jour de la formation professionnelle donne la possibilité à chacun de mettre en lumière la haute qualité de la formation professionnelle suisse et de mettre à l’honneur les personnes qui apportent une contribution de grande valeur à leur métier. » Il ajoute : « La formation professionnelle a encore cette réputation de n’être qu’un « second choix ». Mais pour de nombreux jeunes talentueux, il s’agit de la meilleure solution». Dans un environnement professionnel, ils peuvent démontrer leurs dispositions et capacités pratiques et devenir des professionnels et experts recherchés. Les gagnantes et gagnants des championnats nationaux ou internationaux des métiers sont des modèles parlants pour cela. Ils sont en mesure de transmettre le défi et la fascination de la formation professionnelle et de donner un aperçu de la grande valeur qu’elle possède au sein de notre système de formation diversifié.

La formation professionnelle a besoin de beaucoup d’acteurs

Une formation professionnelle de haute qualité n’est possible que grâce à la collaboration engagée de la Confédération, des cantons et du monde du travail. Tous jouent un rôle important lors de cette journée de la formation professionnelle : ensemble, ils ont le pouvoir de rendre la formation professionnelle prête à affronter le futur.


« Maîtriser son apprentissage » – le nouveau guide de Travail.Suisse

La brochure « Maîtriser son apprentissage » s’adresse aux jeunes qui ont un contrat d’apprentissage en poche ou qui sont déjà en dernière année d’apprentissage. Le guide informe de manière courte et compréhensible sur les droits et les devoirs des apprenants et donne des astuces pour maîtriser son entrée dans le monde du travail et pour l’étude, tant à l’école que celle qui est nécessaire à l’école. Il indique aux apprenants comment gérer les conflits dans l’entreprise et où ils peuvent obtenir un soutien dans des situations difficiles.

Le guide peut être commandé à l’adresse www.travailsuisse.ch/fr_service/brochures_et_produits (version française à partir de mi-février). Nous vous serions reconnaissants de rendre vos lecteurs attentifs à cette nouvelle parution. Si vous le souhaitez, nous vous en envoyons volontiers un exemplaire.

30 janvier 2014, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

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