Thèmes – Formation – Formation continue

Voilà comment Travail.Suisse soutient l’intégration au marché du travail des personnes handicapées

Les personnes handicapées ont un grand intérêt à être intégrées au marché du travail, mais cet intérêt dépasse le nombre de places de travail mises à disposition par l’économie. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, s’engage par le biais de projets et mesures depuis des années pour l’amélioration de cette intégration au marché du travail. Le but est de parvenir à ce que davantage de personnes handicapées trouvent un poste de travail leur étant adapté. suite

Aussi bien l’assurance-invalidité que la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées signée par la Suisse soutiennent la demande des personnes handicapées pour être mieux intégrées au marché du travail. Quelle peut être alors la contribution d’une organisation syndicale? Voici cinq exemples sur la manière dont Travail.Suisse essaie d’encourager l’intégration des personnes handicapées:

1. Les personnes handicapées et la convention collective de travail
La convention collective de travail (CCT) est un important instrument pour résoudre les problèmes qui se posent sur le marché du travail. En quoi une CCT peut-elle contribuer à l’intégration au marché du travail des personnes handicapées ? Dans le cadre d’une étude1 Travail.Suisse a traité de cette question. Elle montre que les conventions collectives de travail peuvent aussi empêcher l’intégration de personnes handicapées comme le montre l’extrait suivant: « Si dans les CCT fixant des salaires minimaux, il n’y a pas de réglementation pour descendre au-dessous de ces salaires minimaux, cela empêche ou rend plus difficile l’accès au marché du travail pour les personnes handicapées à la productivité plus faible. Les partenaires sociaux des CCT ayant des salaires minimaux sont donc invités à fixer des dispositions pour descendre au-dessous de ces salaires minimaux pour les personnes qui, en raison d’un handicap, ont une productivité limitée. »

Mais les CCT peuvent aussi, bien entendu, favoriser l’intégration, que ce soit en définissant des dispositions salariales en cas de productivité limitée, en fixant des dispositions claires au lieu de travail après un accident ou une maladie, en rejetant la discrimination fondée sur un handicap physique, mental ou psychique ou en déterminant les paramètres du processus d’intégration. On doit toutefois mentionner le fait que les partenaires sociaux peuvent contribuer encore plus pour l’intégration au marché du travail des personnes handicapées par le biais de l’instrument des CCT. C’est pourquoi, la prochaine tâche à effectuer doit être de sensibiliser et de motiver les commissions paritaires pour faire des pas supplémentaires dans cette direction.

2. Les personnes malvoyantes et leur accès à la formation continue publique
Comme pour toutes les autres personnes, l’accès à la formation continue doit aussi être valable pour les personnes aveugles et malvoyantes. Ce n’est qu’ainsi qu’elles pourront maîtriser les défis qu’elles rencontrent au lieu de travail ou dans la vie quotidienne, sociale ou politique. Mais l’accès à la formation continue publique est semé d’obstacles qui ne sont guère surmontables. Pour que les personnes aveugles et malvoyantes puissent participer avec succès à une formation continue publique, les prestataires de cours doivent éliminer les obstacles persistants et concevoir l’accès à leur formation continue sans barrières. Mais que signifie « sans barrières ? » Un projet de Travail.Suisse Formation TSF2 vise à élaborer avec les personnes aveugles et malvoyantes et différentes prestataires de formation une liste de critères pour éliminer ces barrières. Le but étant de relever le niveau d’accessibilité des personnes aveugles et malvoyantes à la formation continue publique. Une étude de la Haute école zurichoise pour les sciences appliquées ZHAW et de la Haute École Spécialisée de Suisse occidentale HESSO l’a ainsi bien mis en évidence: les personnes aveugles et malvoyantes qui participent à une formation continue dans le contexte public augmentent fortement leur chance d’avoir une meilleure position sur le marché du travail3.

3. Module de formation pour les futurs cadres supérieurs
La sensibilisation et une connaissance suffisante des cadres supérieurs sur le sujet est un avantage pour le processus de l’intégration au marché du travail des personnes handicapées. Un projet planifié par Travail.Suisse prévoit l’élaboration d’un module de formation où les prestataires de formation – p. ex. les Ecoles supérieures – intègrent dans leur offre des cours pour les futurs cadres supérieurs. Il faut inclure les prestataires de formation suffisamment tôt dans le projet pour pouvoir concevoir les contenus et la conception du module correspondant à leurs besoins.

4. Les personnes handicapées et leur accès à la formation continue
Dans les lignes directrices de la Formation professionnelle 2030, les partenaires ont convenu : « Nous concevons une formation professionnelle permettant l’insertion ou la réinsertion dans le monde du travail pour les jeunes et les adultes prenant en compte différentes conditions (italique) ».4 Cette phrase inclut aussi les personnes handicapées. Sur mandat du groupe de pilotage des partenaires de la formation professionnelle 2030, Travail.Suisse a repris le thème „Personnes handicapées et leur accès à la formation continue ». Un premier workshop sur ce thème s’est déjà déroulé à avec la participation des personnes, organisations et prestataires de formation concernées.5 Il s’agit maintenant de transformer les résultats du workshop avec la participation des personnes concernées en projets et mesures concrètes.

5. Collaboration avec d’autres acteurs
L’intégration au marché du travail des personnes handicapées ne fonctionne que grâce à la collaboration de nombreux acteurs. Voilà pourquoi il est important pour Travail.Suisse de travailler en réseau avec d’autres acteurs. Travail.Suisse, en tant qu’organisation faîtière des travailleurs et travailleuses, a adhéré à l’association „Compasso“ fondée par l’Union patronale suisse et participe à son Conseil consultatif. Travail.Suisse est aussi membre de solidarité auprès de l’association faîtière des organisations de personnes handicapées „Inclusion Handicap“. Enfin Travail.Suisse travaille aussi dans le groupe d’accompagnement du programme « Egalité et travail » du Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées.

1 Bruno Weber-Gobet, Über Gesamtarbeitsverträge die Integration von Menschen mit Behinderungen in den Arbeitsmarkt fördern (Volltext), Bern 2. überarbeitete Auflage, September 2018. (avec un résumé en français).
2 On trouve des infromations plus précises sur le projet sous: https://www.ts-formation.ch/den-zugang-zur-weiterbildung-fuer-menschen-mit-behinderungen-verbessern-2/
3 „Participer à une formation continue professionnelle influe positivement sur le degré d’occupation. Pas de participation à une formation continue, respectivement une formation exclusivement donnée pour des personnes malvoyantes, signifie que l’on a trois à six fois moins de chances d’avoir un emploi à plein temps ou au pourcentage désiré.“ SAMS: Studie zum Arbeitsleben von Menschen mit Sehbehinderung, September 2015, S.18.
4 https://berufsbildung2030.ch/images/pdf_de_en/vision2030d.pdf
5 https://www.sbfi.admin.ch/sbfi/de/home/bildung/berufsbildungssteuerung-und—politik/verbundpartnerschaft/verbundpartnertagung/verbundpartnertagung-2019.html

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2019 06 25 Integration Menschen-mit-Behinderungen f.docx 22 KB

25 juin 2019, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

La formation professionnelle requiert-elle de nouvelles règles de financement ?

La Confédération soutient les cantons pour les prestations qu’ils offrent dans le domaine de la formation professionnelle. Ce soutien est calculé principalement sur la base du nombre de personnes effectuant une formation professionnelle initiale dans chaque canton (cf. art. 53 Loi sur la formation professionnelle LFPr). Travail.Suisse se demande si la base
de calcul utilisée pour répartir les fonds versés aux cantons reste la bonne, compte tenu de l’importance croissante d’autres domaines de la formation professionnelle – notamment la formation continue à des fins professionnelles.
suite

Comment fonctionne le financement de la formation professionnelle ? Les dépenses annuelles de la Confédération et celles des cantons sont additionnées. Au total, ces dépenses s’élèvent actuellement à quelque 3.6 milliards de francs. Selon l’art. 59.2 Loi sur la formation professionnelle LFPr, la participation de la Confédération équivaut à 25 pour cent (soit 900 millions de francs) et celle des cantons à 75 pour cent (soit 2.7 milliards de francs). Les forfaits versés aux cantons sont calculés comme suit : sur les 900 millions de francs, la Confédération déduit ses propres dépenses, p.ex. pour l’Institut fédéral des Hautes Etudes en formation professionnelle IFFP, pour les projets qui s’inscrivent dans le cadre des articles 54 et 55 LFPr et pour les frais des cours préparatoires. Elle répartit le solde en fonction du nombre de personnes qui suivent actuellement une formation professionnelle initiale en Suisse. C’est ainsi qu’elle obtient le montant d’un forfait. Chaque canton reçoit désormais un tel forfait pour toute personne qui suit une formation professionnelle initiale dans son domaine. Autrement dit : les cantons ayant de nombreux apprentis reçoivent de la Confédération davantage de subventions que ceux qui en comptent moins.

Stimulants pendant la crise des places d’apprentissage

Ces réglementations relatives au financement ont été fixées pendant la crise des places d’apprentissage. L’engagement d’un canton à créer de nouvelles places d’apprentissage a donc non seulement contribué à désamorcer les problèmes sociaux qu’engendre le « chômage des jeunes », mais a également généré un effet positif en augmentant le nombre de forfaits pour ledit canton.

L’engagement d’un canton dans d’autres domaines de la formation professionnelle, p. ex. celui de la formation continue à des fins professionnelles, n’entraîne pas les mêmes effets. Ainsi, un canton qui s’engage davantage sur cette voie-là augmente en fait ses propres coûts et le montant total du système, mais pas le nombre de forfaits qu’il obtient de la Confédération.

De nouvelles règles de financement sont-elles requises ?

Compte tenu de l’importance croissante notamment de la formation continue à des fins professionnelles due à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, à l’évolution démographique et au besoin de changement concernant les compétences, la question se pose de savoir si la base de calcul actuelle est toujours la bonne. L’engagement plus résolu d’un canton, p. ex. dans la formation continue à des fins professionnelles, ne devrait-il pas aussi se traduire par une augmentation des subventions fédérales ? Aux yeux de Travail.Suisse, il conviendra d’étudier cette question dans le cadre de la Formation professionnelle 2030.

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2019 01 22 Finanzierung Berufsbildung BWG.f.docx 14 KB

22 janvier 2019, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Des personnes ayant un handicap visuel s’entraînent à la numérisation

Lorsque la vue décline, les technologies numériques peuvent améliorer notablement la participation à la société. Des personnes ayant un handicap visuel apprennent dans des cours à utiliser de manière optimale leur smartphone. Travail.Suisse Formation, l’instance de politique de formation de Travail.Suisse, dans le cadre de son projet « Améliorer l’accès à la formation continue publique pour les personnes ayant un handicap visuel », a rendu visite à « l’Apfelschule » et observé les personnes malvoyantes lors de leur apprentissage. suite

Cécile Haldemann touche l’écran de son smartphone. « Téléphone, WhatsApp, E-Mail, Rekunia » lui indique la voix du computer. Elle touche l’application Rekunia, sort un paquet de billets de son portemonnaie et approche l’appareil de photo sur l’un d’entre-eux. «Il faut le tenir plus près », conseille le maître de cours Sandro Lüthi. Maintenant cela fonctionne : « Dix francs suisses » répond le téléphone. « J’ai bien de la peine à distinguer les nouveaux billets parce qu’ils ont quasiment tous la même taille », indique cette personne de 61 ans. Alors que les personnes malvoyantes exercées reconnaissent les billets aux fines rayures palpables sur les bords, celles dont la vue a récemment décliné ont plus de peine : « Jusqu’ici, j’avais le plus souvent un sac de pièces de cinq francs avec moi car elles se distinguent bien des autres pièces de monnaie » rit Cécile Haldemann. « On devient inventif. »

Pour exercer la façon de s’y prendre avec son smartphone, cette femme de Gommiswald (SG) a participé au début novembre à un workshop de deux jours à Uznach. L’association « Apfelschule » propose régulièrement des cours dans toute la Suisse. Les appareils numériques sont d’une grande aide pour la gestion du quotidien pour les personnes souffrant d’un handicap visuel. Mais il faut en apprendre la meilleure utilisation. Beaucoup de personnes âgées ne sont pas encore bien familiarisées avec le smartphone. Les plus jeunes doivent en revanche en exercer l’utilisation avec la voix.

L’organisation s’est donnée ce nom de fruit car ce sont les appareils de la marque Apple qui se prêtent le mieux aux besoins des personnes malvoyantes. Le système d’exploitation de l’iPhone est le premier à avoir intégré un module d’aide comme par exemple l’assistante vocale Siri et la fonction VoiceOver qui lit le texte à haute voix. De plus, il existe aussi différentes applications spéciales que l’on peut télécharger. Mais l’association n’est pas dépendante de l’entreprises Apple mais soutenue par la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA).

Exercices pratiques

« Le smartphone augmente ma liberté de mouvement » indique le directeur Sandro Lüthi. Cet homme de 41 ans est atteint depuis dix ans d’une maladie dégénérative progressive des yeux mais il lui reste une vue partielle. Il a réglé son smartphone pour faire apparaître l’écriture en blanc sur un fond noir et peut ainsi encore l’utiliser pour le moment sur un plan optique. Sandro Lüthi a grandi avec les technologies numériques et peut cependant bien se mettre à la place d’autres générations. « Si on est déjà atteint d’un handicap visuel, notre époque est alors la meilleure sur ce plan » dit-il clairement.

C’est à peine si on remarque que Cécile Haldemann est complètement aveugle. Elle se déplace aussi avec sûreté sans canne dans l’espace ambiant et ne se cogne pratiquement pas. Lorsqu’elle parle, elle regarde droit dans les yeux son interlocuteur. Pourtant dans la vie quotidienne, cette femme active et débordante de vie est tributaire du soutien de son mari et de nombreuses connaissances. Jusqu’à peu de temps, elle a pu s’en sortir avec son handy à touches. Puis cela est devenu toujours plus difficile. « Je ne peux plus lire des messages et en écrire. » Il y a juste une semaine, elle s’est donc tournée vers un smartphone. L’application software Siri de reconnaissance vocale est devenue sa fidèle assistante. « Appelle Werner, s’il-te-plaît », dit Cécile Haldermann ou « Ecris un WhatsApp à Helen. » Siri obéit bravement et transcrit les mots parlés en écriture. Elle connaît aussi toutes les émoticônes mieux que beaucoup de bien voyants et les décrit : « visage ricanant avec des yeux plissés, morceau de pizza, drapeau du Togo ». Siri a aussi le calendrier bien en mains : elle fixe les rendez-vous dans l’agenda ou répond à la question : « Quels sont mes rendez-vous aujourd’hui ? »

Mobile et informé

Le moment est venu de faire une pause au cours de laquelle les participants au cours échangent leurs expériences. Après avoir pris le café, l’utilisation de l’application CFF est au programme. Le responsable du cours Jörg Schilling explique comment introduire les lieux de départ et d’arrivée par la commande vocale et obtenir la liaison. Il recommande aussi de toujours enregistrer le voyage prévu. « L’application vous annonce ainsi quand vous devez sortir. C’est pratique quand vous n’êtes plus certain du prochain arrêt. » Les médias sont un autre thème du cours : les aveugles peuvent sans problème écouter la radio et la télévision sur Play-SRF. Et pour 100 francs par an, l’application E-Kiosk leur permet d’obtenir la plupart des journaux suisses. Si l’on veut que les personnes malvoyantes puissent utiliser les pages internet et les applications habituelles, il faut les concevoir sans obstacles. C’est déjà aujourd’hui le cas pour la plupart des offres officielles comme la consultation de l’horaire des CFF.

Ernst Horat est très heureux de toute l’aide numérique mise à sa disposition. Car la lecture de textes plus longs est devenue très astreignante pour cet homme de 78 ans. « Le regard est voilé comme si quelqu’un avait tiré les rideaux », explique ce retraité dynamique de Richterswil, qui conduisait encore la voiture il y a moins d’un an. Maintenant, il ne peut presque plus se diriger dans l’espace public avec ses yeux, mais il se fait lire des livres et des journaux par le lecteur sonore d’écran. Il a un iPhone depuis longtemps. « Auparavant, j’avais regardé Siri plus comme jeu et divertissement », indique Ernst Horat. « Aujourd’hui, l’assistante numérique est devenue pour moi une accompagnatrice indispensable dans la vie de tous les jours. »


Ne pas être laissé seul face à la technique
L’association Apfelschule est redevable à l’engagement du président d’honneur actuel Urs Kaiser. Ce Soleurois aveugle a commencé il y a environ 7 ans à soutenir les personnes aveugles et malvoyantes dans l’utilisation de leur smartphone. Du fait d’une demande croissante, une association officielle a été fondée en 2016 avec un secrétariat professionnel en Suisse alémanique et en Suisse romande. L’Apfelschule offre en divers lieux des cours de base, de développement et thématiques. Hormis des aides à la communication et à l’organisation, les aspects de l’utilisation des médias et la navigation internet sont abordés. www.apfelschule.ch.

Il faut aussi mentionner l’entreprise Tools4theBlind, fondée en 2007 par Stefan Hofmann, qui propose des formations et des conseils pour l’utilisation d’appareils techniques. On trouve dans son local de vente à Winterthour de nombreux moyens d’aide pour le travail, la vie quotidienne et les loisirs. L’équipe propose aussi son soutien pour l’aménagement de la place de travail. www.tools4theblind.ch

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2018 12 17 TS-Formation Apfelschule f.docx 20 KB

16 décembre 2018, Andrea Söldi, libre journaliste RP Drucker-icon

Neuf champs d’action
en matière de politique de formation continue

La loi fédérale sur la formation continue (LFCo) est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. La situation a évolué puisqu’il n’est donc plus nécessaire de justifier la nécessité d’une telle loi. Il faut plutôt chercher des réponses quant à la manière dont elle doit être appliquée. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a identifié neuf champs d’action qui devront être traités sur le plan politique. suite

Dans l’espace suisse de formation, la loi fédérale sur la formation continue (LFCo)1 doit renforcer la formation tout au long de la vie. Toutes les formations non formelles font partie de la formation continue – à commencer par les compétences de base jusqu’aux formations continues dans le domaine des hautes écoles. Aux yeux de Travail.Suisse, l’action s’impose à tous les niveaux.

Champ d’action « Compétences de base »

Une question essentielle se pose dans le domaine des compétences de base : comment atteindre le groupe cible que constituent les personnes dont les compétences de base sont insuffisantes ? Il faut saluer les campagnes nationales de marketing, qui ont leur importance2. Mais il importe bien davantage de réussir à s’adresser – aux offices régionaux de placement (ORP) ou à l’aide sociale – à des personnes qui rencontrent des problèmes au travail, liés à leurs compétences de base. Mais à cet effet, ces entités doivent être comprises comme faisant partie du mandat politique « Acquisition et maintien de compétences de base ». Il faut réussir cette intégration pour faire progresser cette notion d’ « Acquisition et maintien de compétences de base ».

Champ d’action « LFCo et loi fédérale sur la formation professionnelle LFPr »

La LFCo est une loi-cadre. Elle fixe les principes pour toutes les lois qui traitent de formation continue. Il s’agit encore d’adapter la loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr) aux principes de la LFCo. Autrement dit, la formation professionnelle doit se pencher sur les adaptations requises dans la LFPr afin que les principes de la LFCo y soient également pris en considération. Ce travail n’a pas été accompli jusqu’ici.

Champ d’action « Formation d’adaptation »

La formation continue est utile aussi bien pour obtenir de meilleures qualifications que pour maintenir son employabilité par le biais de la formation d’adaptation. Compte tenu de la rapidité des changements technologiques, économiques et sociaux, la question se pose de savoir qui est compétent pour dispenser cette formation d’adaptation. Certes, la LFCo reconnaît certaines responsabilités, à l’article 5, mais n’offre aucune possibilité de les concrétiser. Si quelque chose doit se passer en matière de formation d’adaptation, la Confédération, les cantons et l’économie doivent se mettre d’accord – pour certains groupes cibles (p.ex. personnes peu qualifiées) – sur des objectifs clairs et vérifiables, ainsi que sur les mesures à adopter pour les atteindre.

Champ d’action « Cadre national des certifications formation professionnelle »

Jusqu’ici, seuls des diplômes formels ont été classés dans le « Cadre national des certifications formation professionnelle » (CNC formation professionnelle)3. Politiquement parlant et à certaines conditions, il est indiqué de classer aussi des certifications par branche dans le CNC formation professionnelle, afin de conférer à la formation continue une valeur et une transparence accrues sur le marché du travail et au sein du système de formation.

Champ d’action « Orientation professionnelle, universitaire et de carrière »

Compte tenu de l’évolution technologique, économique et sociale, les employeurs et les travailleurs ont besoin de compétences accrues en matière de gestion de carrière. Dès lors, l’orientation professionnelle, universitaire et de carrière (OP) doit être réévaluée et repositionnée dans le système de formation, de même que pour planifier la formation continue. À cette fin, l’OP requiert un mandat national plutôt que 26 mandats cantonaux différents. Désormais, la Confédération devrait participer aux coûts, en versant un montant forfaitaire et en menant des projets. L’OP doit offrir davantage de prestations de services définies au niveau national et destinées aux adultes et aux entreprises, et renforcer ainsi la formation tout au long de la vie.

Champ d’action « Formation continue dans les hautes écoles »

Selon l’art. 2.2 de la LFCo, la mise en œuvre des principes fixés par la loi sur la formation continue relève de la compétence des organes chargés de la coordination de la politique des hautes écoles. À ce propos, il faut veiller – lors de la mise en œuvre – à ne pas en arriver à des distorsions de la concurrence par rapport à la formation professionnelle supérieure (art. 3i LEHE). Il convient notamment de définir des règles claires dans le contexte du déroulement de cours préparatoires en vue d’examens professionnels et d’examens professionnels supérieurs.

Champ d’action « Formation continue et personnes malvoyantes »

Selon l’art. 8 de la LFCo, « dans les offres de formation continue qu’ils réglementent ou qu’ils soutiennent, la Confédération et les cantons s’efforcent notamment :
(…) b. de tenir compte des besoins particuliers des personnes handicapées ». Divers obstacles (p.ex. textes [^inaccessibles) rendent difficile l’accès à la formation continue publique pour les personnes aveugles et malvoyantes. Travail.Suisse Formation mène un projet intitulé « Améliorer l’accès à la formation continue publique pour les personnes en situation de handicap visuel ». Ce faisant, une liste de critères est notamment élaborée, qui devrait aider les prestataires de formation à organiser des formations continues de manière à permettre également à des personnes aveugles et malvoyantes d’y participer avec succès. Les prestataires de formations continues publiques doivent avoir pour objectif d’utiliser cette liste de critères et de permettre ainsi à des personnes aveugles et malvoyantes d’accéder à leur formation continue sans avoir à franchir d’obstacles.

Champ d’action « Conventions collectives de travail et formation continue »

Les partenaires sociaux ont la possibilité de renforcer la formation continue, indépendamment de la politique relative aux conventions collectives de travail (CCT). Travail.Suisse et ses associations affiliées s’efforcent aussi de promouvoir la formation tout au long de la vie via les CCT, et ce pour tous les employés4, même pour les personnes peu qualifiées et/ou celles en situation de handicap5.

Champ d’action « Formation continue et seniors »

Compte tenu de l’évolution démographique, la catégorie des seniors constitue un important potentiel en vue de résoudre des problèmes sociétaux, potentiel qu’il faudrait mieux exploiter. Pour ce faire, une stratégie et des mesures de formation continue sont requises. De concert avec la Confédération, les cantons mettent au point une stratégie visant à mieux utiliser le potentiel que représentent les seniors pour résoudre des problèmes de société. La Confédération soutient les organisations actives dans le domaine de la formation continue (LFCo art. 12) qui se consacrent au thème des « seniors ».

1 https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20141724/index.html
2 https://www.besser-jetzt.ch/
3 https://www.sbfi.admin.ch/sbfi/fr/home/bildung/mobilitaet/cnc-formation-professionnelle.html
4 https://www.transfair.ch/Ressourcen/PDF/Communication/GAV/GAV_Swisscom_2018_fr-fr.pdf, chapitre 2.4
5 https://ts-paperclip.s3-eu-west-1.amazonaws.com/system/uploadedfiles/4616/original/Integration_druck.pdf?1522244770; page 24.

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2018 10 02 Handlungsfelder-fuer-die-Weiterbildungspolitik f.docx 19 KB

02 octobre 2018, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Accord de collaboration Save50Plus et Travail.Suisse : Donner une voix aux travailleurs âgés

La situation des travailleurs âgés doit être prise plus au sérieux par l’économie. Il faut plus de formations et de formations continues ainsi qu’une mutation culturelle dans les entreprises. L’association suisse pour les employés et les chômeurs Save50Plus et Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs, veulent influencer plus fortement ce développement nécessaire. En amont de la 4ème conférence nationale sur le thème des travailleurs âgés, qui aura lieu le 26 avril 2018, Save50Plus et Travail.Suisse ont signé un accord de collaboration pour mieux représenter les intérêts des travailleurs âgés au niveau national, au-delà de la conférence. suite

La réalité démographique fait qu’aujourd’hui un employé sur quatre a désormais plus de 54 ans, cependant la situation s’est développée de manière peu avantageuse pour les travailleurs âgés au cours des dernières années. Le taux de chômage des employés de plus de 50 ans a augmenté de manière significative durant les années économiquement difficiles et, dans le contexte actuel de reprise, ce taux baisse plus lentement que chez les plus jeunes. Au final, cela signifie que les travailleurs âgés sont licenciés plus rapidement, qu’ils restent au chômage plus longtemps et qu’ils retrouvent moins vite un emploi. En parallèle à cela, le taux de l’aide sociale pour la tranche des 56 à 64 ans a fortement augmenté depuis 2011. En conséquence, il y aurait des mesures à prendre pour soutenir les travailleurs âgés de manière ciblée.

Travail.Suisse a conclu un accord de collaboration avec Save50Plus, une des associations les plus importantes parmi celles qui s’engagent pour les travailleurs âgés. Save50Plus compte plus de 1600 membres et oriente son travail en faveur de demandeurs d’emploi âgés et motivés et leur montre des stratégies et des orientations pour développer des modèles de travail modernes, donnant accès à un revenu et permettant de garantir le standard de vie qu’ils ont eu jusque-là. En collaboration avec des organisations et des entreprises qui ont identifié le potentiel des travailleurs expérimentés et qui savent apprécier leur savoir-faire, l’association nationale Save50Plus s’engage pour un marché du travail neutre en termes d’âge et transmet de précieux contacts. En amont de la conférence pour les travailleurs âgés, Save50Plus a rencontré le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann pour un échange de points de vue. Daniel G. Neugart, Président et Directeur de Save50plus explique : « Nous misons sur une démarche de coopération stratégique en dialogue avec l’économie et la politique. Nous ne cherchons pas à produire un bel effet et à lancer des attaques, mais à proposer des solutions efficaces et concrètes. Dans ce sens, nous considérons la collaboration avec Travail.Suisse comme particulièrement utile. »

Jeudi prochain, Travail.Suisse est invitée à la conférence, comme lors des trois années précédentes, en tant que partenaire social national et présentera ses revendications. À côté de la promotion de la formation et de la formation continue ainsi que de la réalisation de l’état des lieux concernant la situation actuelle des adultes, la mise en œuvre efficace de l’obligation de communiquer les postes vacants constitue un point central pour les personnes sans emploi. La démarche institutionnalisant la collaboration entre les deux organisations est judicieuse afin de pouvoir diriger de manière plus ciblée les revendications des travailleurs âgés. Il faut des changements culturels dans les entreprises et dans l’économie en général, mais il faut aussi prendre des mesures au niveau politique. « En collaboration avec Save50Plus, nous voulons renforcer, dans l’économie et la politique, la conscience que les travailleurs âgés sont précieux, compte tenu du développement démographique. Il faut leur proposer plus de formations continues, afin qu’ils puissent être actifs sur le marché du travail jusqu’à l’âge légal de la retraite », dit Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, en expliquant l’objectif de cette collaboration.

La collaboration des deux organisations va permettre d’améliorer la situation des travailleurs âgés sur le marché du travail et la défense de leurs intérêts au niveau national. Cela se fera autant par un engagement politique et un travail médiatique que par des mesures en faveur de la formation continue.

Autres informations :
• Daniel G. Neugart, Président Save50Plus, 061 361 50 05
• Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

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2018 04 24 MM Zusammenarbeit TravailSuisse-und-Save50plus Aeltere-Arbeitnehmende f.docx 75 KB

24 avril 2018, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon