Thèmes – Famille – Famille et travail

Le congé d’adoption en phase de concrétisation

Le congé d’adoption est aujourd’hui à l’ordre du jour de la commission sociale du Conseil national. Adoptée par les deux commissions à la législature précédente, l’initiative parlementaire du démocrate chrétien Romano devrait déboucher sur un projet de législation de 12 semaines payées à se partager entre les parents adoptants. Soutenu par Travail.Suisse, l’organisation faitière indépendante des travailleurs et travailleuses, le projet, peu coûteux, ne concerne que quelques dizaines de cas chaque année. suite

La commission de la sécurité sociale et de la santé publique CSSS du Conseil national concrétise aujourd’hui la volonté politique exprimée par les deux commissions à la législature précédente. Répondant à une lacune dans la politique familiale de la Suisse, le conseiller national tessinois Marco Romano a pu défendre avec succès l’idée de faire bénéficier les parents adoptant un enfant de l’extérieur à la famille d’un congé de douze semaines à se partager. L’adoption d’un enfant – par nature déraciné – prend du temps. Les premières semaines sont déterminantes pour assurer un bon départ à la nouvelle famille et favoriser le climat de confiance indispensable à l’enfant. En accordant ce temps payé aux parents, on favoriserait ainsi la poursuite de l’activité professionnelle des mères, une des mesures-clés de l’initiative pour combattre la pénurie de main d’œuvre qualifiée du libéral-radical Schneider-Ammann.

Imaginé sur le même modèle que l’assurance maternité actuelle qui alloue 80% du salaire, le projet discuté, moins long et égalitaire, ne pèserait que 0,05% des dépenses actuelles de l’assurance perte de gains APG ou 0,04% de ses recettes, avec un coût total estimé à seulement 780’000.-. Le congé d’adoption serait limité aux adoptions d’enfants âgés de moins de 4 ans et ne concernerait pas l’adoption des enfants du conjoint ou du partenaire, afin de favoriser l’adoption exo-familiale. En 2014, la mesure n’aurait concerné que 64 enfants, à la charge de l’APG.

Travail.Suisse estime que l’adoption de peut plus être le parent pauvre des rares mesures de politique familiale suisse, car il s’agit d’un geste de générosité qu’il s’agit de ne pas freiner. Les parents adoptants ont, à l’arrivée de leur enfant, déjà investi beaucoup de temps, d’argent et d’énergie. La société doit désormais reconnaître cette générosité en permettant de prendre un congé payé.

Pour plus de détails :
Valérie Borioli Sandoz, Responsable Politique de l’égalité, 079 598 06 37

07 juillet 2016, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Modification de la loi fédérale sur les aides financières à l’accueil extra-familial pour enfants

(en allemand seulement)

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Vnml neueFinanzhilfen zur Foerderung Vereinbarkeit.pdf 294 KB

07 janvier 2016, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Les partis bourgeois n’ont toujours pas pris la juste mesure de la pénurie de main-d’oeuvre

Le Conseil national a rejeté aujourd’hui la suppression de la limitation dans le temps du programme d’accueil extrafamilial financé par la Confédération. C’est une décision à très courte vue. Des structures d’accueil fiables et planifiables sont pourtant centrales au moment où se manifeste une pénurie de personnel. suite

Le Parlement doit décider tous les quatre ans de la poursuite ou non de l’encouragement financier de l’accueil extrafamilial au niveau fédéral. Le programme a créé presque 50’000 nouvelles places d’accueil et est donc un succès. Il est dès lors incompréhensible et à courte vue de renoncer à des améliorations dans l’accueil extrafamilial alors que tout le monde parle de l’initiative contre la pénurie de personnel qualifié et de la nécessité de mieux intégrer les mères au marché du travail. La suppression de la limitation exigée par le canton de Soleure représentait pourtant clairement une amélioration. Il en résulte que les perspectives pour l’accueil extrafamilial demeurent incertaines.

Pour plus d’informations:
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Tél. 079 777 24 69

18 décembre 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

info-workcare.ch –
une réponse à de nombreuses attentes

Le projet mené depuis un an et demi par Travail.Suisse suscite de grandes attentes dans des milieux divers. Cette première plateforme nationale d’informations générales, de conseils pratiques et d’adresses de proximité sera offerte gratuitement dès l’automne 2016 aux personnes actives qui aident, soutiennent et soignent leurs proches. Ces personnes passent beaucoup trop de temps à rechercher des informations disparates et des adresses de proximité. info-workcare.ch regroupera l’essentiel utile aux proches aidants qui travaillent, et en particulier plus de mille adresses de proximité. suite

Dans l’édition précédente du Service médias 1 , il a déjà été question des grandes lignes qui structurent la future offre gratuite de Travail.Suisse destinée aux personnes qui travaillent et qui, dès la cinquantaine environ (mais parfois bien plut tôt), doivent faire face à de nouvelles tâches au sein de leur famille car leurs proches âgés ont besoin d’eux.

Plusieurs départements et offices au sein de l’Administration fédérale planchent actuellement sur le sujet, car il concerne l’économie et le marché du travail, mais aussi les assurances sociales et l’égalité entre femmes et hommes. Le Bureau fédéral pour l’égalité entre femmes et hommes a publié une analyse et des recommandations importantes sur le sujet 2 . Des parlementaires sont déjà intervenus sous la Coupole fédérale. Au niveau cantonal, des initiatives sont prises, comme la Journée romande des proches aidants du 30 octobre 3 qui a réuni, cette année pour la première fois sous un même toit, toutes les activités prévues par chacun des cantons romands.

D’après les nombreux contacts pris dans le cadre du projet info-workcare.ch en préparation, Travail.Suisse constate que ce projet suscite de nombreuses attentes. Car c’est un fait incontournable de notre situation démographique, le nombre de personnes âgées est toujours plus élevé, l’espérance de vie n’est pas prête de baisser, tandis que les femmes sont toujours plus nombreuses à être actives professionnellement et ne constituent plus cette réserve de main d’œuvre gratuite sur laquelle la société s’est jusqu’ici reposée pour la prise en charge de ses aînés. Le casse-tête de la conciliation du travail salarié et du travail de care concerne un jour ou l’autre chaque famille, chaque homme et chaque femme de notre pays.

C’est quoi, le travail de « care » ?

Qu’est-ce que le «travail de care » ? Quand on dit « care », il faut comprendre « attention, soin, prévenance, entraide », en bref « le souci de l’autre ». En Suisse, le Bureau fédéral de l’égalité définit le travail de « care » comme l’ensemble des « tâches d’assistance, de soins et de garde auprès des enfants ainsi que des adultes tributaires de soins et de prise en charge » 4 . Il souligne aussi que ce travail est une nécessité et que pour qu’il puisse perdurer, comme le souhaitent les proches aidants comme les proches aidés, il est nécessaire de répartir ce travail sur le plus grand nombre possible de personnes, hommes et femmes. Or actuellement, les femmes sont majori-taires à en supporter le poids, seules, et par conséquent à en subir des conséquences négatives.

Objectifs du projet

Une partie importante de ce futur site sera consacrée à la sensibilisation. Si on aide sa mère à remplir sa déclaration d’impôt, si on fait des courses régulièrement pour son père (et qu’on en profite pour contrôler l’état des denrées dans le frigidaire) ou que l’on accompagne sa belle-mère chez le coiffeur ou le médecin, est-ce que ces « petites » tâches sont du « travail de care » ? La réponse est positive. Faut-il se soucier du travail de care déjà accompli par son père ou sa mère auprès de son autre parent ? La réponse est aussi positive.

A quel moment est-ce que l’on devrait en parler au travail ? Il est connu désormais que les personnes concernées ne parlent pas de ce qu’elles réalisent volontiers dans leur sphère privée. Le moment où le sujet est thématisé sur le lieu de travail intervient trop tardivement, en général lorsque la personne n’arrive plus à faire face seule. Il est courant de constater que les proches aidants aident leurs parents au-delà de leurs propres limites physiques, mais aussi psychiques : elles risquent alors de tomber malades à leur tour. Le futur site internet sensibilisera aux problèmes qui vont immanquablement se poser dans le futur si le public-cible continue de « tout-garder-pour-lui ». Il souhaite aussi encourager les hommes à augmenter leur part de travail de care.

Le projet de Travail.Suisse s’en tient à ce qui touche à la conciliation de l’activité professionnelle régulière réalisée au dehors du foyer avec les tâches de « care » que l’on prodigue à ses proches âgés. Le projet vise en particulier à répondre aux premiers questionnements des travailleurs et des travailleuses lorsqu’ils surgissent. La thématique est volontairement restreinte à ce champ et ne prend pas en compte les thématiques très spécifiques des personnes handicapées (enfants et adultes) nécessitant assistance et soins ou lorsqu’un diagnostic médical précis est posé. Le projet de Travail.Suisse veut intervenir en amont, au tout début de la conciliation, afin de la favoriser.

Déjà plus de 1000 adresses de proximité

Une partie importante du site info-workcare.ch sera de proposer des adresses de proximité triées en fonction des besoins des proches aidants actifs. Toutes les informations publiées seront d’intérêt général, neutres et s’adresseront au plus grand nombre. A ce jour, Travail.Suisse en a déjà répertorié plus de mille.

Une politique a été définie qui préside au choix des offres et des adresses retenues. Etant donné que le site est co-financé par de l’argent public et qu’il ne générera aucun bénéfice, le choix des adresses a dû être envisagé sous un angle différent du modèle économique habituel de « maximisation du profit » et de « retour sur investissement ».

Les adresses répertoriées sont principalement celles d’associations et d’organismes à but non lucratif et, si possible, actifs sur l’ensemble du territoire national. Les offres d’organismes et d’institutions de bonne réputation et/ou bénéficiant d’un financement public figurent aussi dans le répertoire. En sont par conséquent exclues toutes les adresses privées purement commerciales. Les services que l’on peut obtenir auprès d’une association reconnue d’utilité publique et/ou soutenue par des subventions publiques seront affichés, que ces services soient gratuits ou payants. Par contre, les services (à la personne, pour le ménage, etc.) que l’on peut « acheter » auprès d’entreprises purement privées ne seront pas répertoriés.

Les utilisateurs et utilisatrices auront la possibilité de signaler des adresses. Celles-ci seront vérifiées et si elles correspondent à l’esprit qui anime www.info-workcare.ch, elles seront publiées.

Combattre l’exploitation d’une main d’œuvre étrangère démunie

Travail.Suisse n’est pas en mesure de vérifier la qualité des services proposés, ni la formation des personnes qui les procurent et encore moins leurs conditions de travail. C’est pourquoi, en plus de ne pas vouloir offrir une vitrine aux agences de placement suisses et étrangères, une section importante du futur site www.info-workcare.ch sera consacré à la sensibilisation et à l’information des proches qui deviennent de facto des employeurs en engageant des personnes pour assister leurs proches à domicile.

Car les enquêtes le montrent 5 : une des solutions retenues par les proches – quand ils sont relativement aisés au niveau financier – est l’engagement de personnes migrantes qui viennent en Suisse pour réaliser du travail de « care » au domicile de la personne qui en a besoin. Une information claire sur la législation et les bonnes pratiques en la matière est primordiale, ceci afin d’éviter l’exploitation d’une main d’œuvre étrangère souvent démunie.

Le projet info-workcare.ch est ambitieux en ce sens qu’il veut répondre à de nombreuses attentes. Un colloque d’étude sur le thème de la conciliation du travail salarié et du travail de care est en préparation pour lancer officiellement le site en automne 2016.

1 info-workcare.ch au service des travailleurs proches aidants » , Valérie Borioli Sandoz, Service Médias du 15 novembre 2015.
2 Bureau fédéral pour l’égalité entre femmes et hommes. « La protection sociale du travail de care non rémunéré », Berne, avril 2012. « Reconnaissance et revalorisation du travail de care », Berne, mai 2010.
3 www.journee-proches-aidants.ch
4 Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes. « Travail de care – La protection sociale du travail de care non rémunéré. Les besoins d‘adaptation de l’Etat social liés à l’évolution du partage du travail entre femmes et hommes ». Berne, janvier 2012.
5 PNR 60, projet Wigger « Private Care – Arrangements in der Schweiz – eine Herausforderung für die Gleichstel-lung », Haute Ecole spécialisée de Saint-Gall. Avril 2014.
Sarah Schilliger „ Transnationale Care‐Arbeit: Osteuropäische Pendelmigrantinnen in Privathaushalten von Pflegebedürftigen“, in: Schweizerisches Rotes Kreuz (Hg.): Who cares? Pflege und Solidarität in der alternden Gesellschaft, Zürich 2013.

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14 décembre 2015, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

La population votante suisse est clairement en faveur du congé paternité

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a publié aujourd’hui les résultats d’un sondage représentatif sur le congé paternité. Les résultats ne pourraient pas être plus clairs : Plus de 80% des votants suisses veulent un congé paternité payé et ancré dans la loi. L’adhésion est élevée et stable dans toutes les couches de la population, des tranches d’âges et autant chez les hommes que chez les femmes. Cela indique que le moment est plus que favorable pour mettre en place le congé paternité. C’est désormais à la Commission sociale du Conseil des États de prendre acte des signes du moment et d’attribuer un mandat concret pour une loi correspondante. suite

Avec le sondage représentatif de l’institut Link, Travail.Suisse a obtenu, pour la première fois, des données fiables sur les avis des votants suisses concernant le congé paternité. La tendance que le congé paternité correspond à un besoin important, constatée depuis longtemps, se trouve ainsi confirmée. Plus de 80% des votants sont pour que le père ait légalement droit à un congé paternité payé après la naissance de son propre enfant. La demande est soutenue de manière très forte (presque 90%) par les pères et mères entre 30 et 44 ans. Elle est largement soutenue par l’ensemble des votants. Aucun groupe de la population n’affiche une adhésion inférieure à 70%. Malgré la tendance des jeunes votants de se prononcer plus fortement en faveur de cette revendication, l’adhésion générale est tout à fait évidente, également dans le groupe d’âges allant de 60 à 74 ans. Les pères qui n’ont pas pu bénéficier eux-mêmes d’un congé paternité se prononcent clairement en faveur d’une telle loi.

La majorité de la population veut deux à quatre semaines de congé paternité

Les personnes ayant participé au sondage ont également été questionnées sur la durée idéale du congé paternité. Environ 40% de ceux qui se déclarent, par principe, en faveur d’un congé paternité souhaitent un congé de 4 semaines ou plus. Une autre partie comprenant bien 40% se prononce pour deux semaines. Le reste considère une durée plus courte comme suffisante. Les pères, quant à eux, souhaiteraient un congé un peu plus long que l’ensemble de la population. Les résultats de l’étude avec des graphiques peuvent être consultés dans le document en annexe.

Action « Du temps pour les papas », dimanche prochain (30 août 2015) à Berne

La génération actuelle des pères demande désormais des démarches concrètes de la part du monde politique. Sur www.papizeit.ch/fr, presque 200 pères ont déjà déclaré en texte et en images, pourquoi le congé paternité était nécessaire. Le 1er septembre, la Commission sociale du Conseil des États peut donc acter le besoin exprimé et accorder un congé paternité de deux semaines. Cela permettrait d’attribuer explicitement le mandat pour créer une loi correspondante. Travail.Suisse et d’autres organisations attirent à nouveau l’attention sur cette demande importante avec l’action « Du temps pour les papas », qui aura lieu le 30 août à la Waisenhausplatz à Berne. D’autres informations sont accessibles à l’adresse suivante: www.balade-poussette.ch. Pour Matthias Kuert Killer, responsable de la politique sociale de Travail.Suisse, une chose est claire : « Il faut un congé paternité et il le faut maintenant ! ».

Pour plus d’informations :
Martin Flügel, Président, Tél. 079/743‘90‘05
Matthias Kuert Killer, Responsable de la politique sociale, Tél. : 079/777‘24‘69

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LINK Institut Report Travail Suisse Vaterschaftsurlaub 2015.pdf 1291 KB

23 août 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon