Thèmes – Famille – Famille et travail

Congé paternité : Le Conseil des Etats va dans la bonne direction, à pas de bébé

Lors de sa séance de ce jour, le Conseil des Etats a débattu des trois interventions relatives au congé paternité. En juin 2017, l’association « Le congé paternité maintenant ! » a déposé avec succès l’initiative qui demande un congé paternité de 20 jours – à prendre de manière flexible dans un délai d’un an après la naissance de l’enfant. Le Conseil des Etats a aujourd’hui manqué une opportunité de montrer à quoi pourrait ressembler une politique familiale moderne en Suisse en rejetant l’initiative pour un congé paternité. Il a néanmoins reconnu le besoin social en approuvant le contre-projet. suite

Contrairement au Conseil fédéral, le Conseil des Etats a certes su reconnaître les signes du temps en approuvant au moins le contre-projet à l’initiative pour un congé paternité. Mais ce n’est pas un message clair en faveur de la conciliation entre travail et famille. « Le Conseil des Etats a bel et bien fait un pas de bébé en direction d’une vraie politique familiale. Mais il est incompréhensible qu’il ne se soit pas montré plus courageux en disant Oui au modèle raisonnable qui prévoyait un congé paternité de 20 jours », dit Adrian Wüthrich, président de l’association « Le congé paternité maintenant ! » et conseiller national.

La balle est désormais dans le camp du Conseil national. Il va vraisemblablement se prononcer sur le contre-projet lors de la session d’automne et sur l’initiative populaire lors de la session d’hiver.

Citations :

Adrian Wüthrich, président de l’association « Le congé paternité maintenant ! » et président de Travail.Suisse,
Mobile : 079 287 04 93
« Il est grand temps de faire de la politique familiale pour les salariés. Sinon, nous risquons non seulement une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, mais un véritable trou noir sans main-d’œuvre qualifiée. »

Maya Graf, vice-présidente de l’association « Le congé paternité maintenant ! » et co-présidente d’alliance F,
Mobile : 079 778 85 71
« Un congé paternité raisonnable de 20 jours aurait été un petit début en direction d’une véritable égalité – c’est dommage que le Conseil des Etats ait manqué cette chance. »

Markus Gygli, vice-président de l’association « Le congé paternité maintenant ! » et président de männer.ch,
Mobile : 079 757 79 91
« Le temps où les pères disaient tout juste bonne nuit aux enfants sont révolus. C’est dommage que le Conseil des Etats ne l’ait pas compris. Les hommes ont le droit de démarrer décemment leur vie de famille. »

Philippe Gnägi, vice-président de l’association « Le congé paternité maintenant ! » et directeur de Pro Familia Suisse, Mobile : 079 476 29 47
« Le temps est venu pour la Suisse d’avoir une politique familiale digne de ce nom. »

Liens :
- Fiche d’information sur les coûts directs et indirects du congé paternité : https://bit.ly/2KZLZl3
- www.vaterschaftsurlaub.ch / www.facebook.com/papizeit / Twitter @papizeit

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2019 06 20 Medienmitteilung Verein Vaterschaftsurlaub-jetzt SR-Entscheid f.docx 57 KB

2019 06 20 Factsheet Direkte-indirekte-Kosten Vaterschaftsurlaub f.pdf 410 KB

20 juin 2019, Linda Rosenkranz, Responsable de la communication et Linda Rosenkranz, Responsable de la communication Drucker-icon

Toutes (et tous) à la Grève du 14 juin 2019 !

Les fédérations membres de Travail.Suisse soutiennent et participeront à la Grève féministe du 14 juin prochain. Tous les membres, qu’ils soient hommes ou femmes, sont invités à manifester un soutien, quel qu’il soit. Aucune exclusion n’est à l’ordre du jour. L’heure est à l’action, car l’égalité entre femmes et hommes est l’affaire de toutes et de tous. Que ce soit dans le travail familial et ménager ou que ce soit en entreprise en matière d’égalité salariale, l’engagement de toutes et de tous est toujours aussi nécessaire. mehr

Récemment, certains quotidiens en mal d’audience ont cru bon titrer que les femmes qui feront grève le 14 juin prochain exerçaient un « sexisme à l’envers », en voulant exclure les hommes de la mobilisation qui se déploiera dans toutes les régions et les villes de notre pays. Il ne faut pas se leurrer : il ne s’agit là que d’un effet de manchette destiné à créer une polémique là où elle n’existe pas.

Certes, le tout premier Manifeste élaboré par les Assises féministes romandes au cours de l’été 2018 fait état d’une position plutôt radicale1. Ce collectif à l’origine de la Grève féministe 2019 a voulu donner la parole aux femmes, et uniquement aux femmes, durant le processus de gestation de la réflexion. De fait, la parole n’a de facto pas été donnée aux hommes.

Car c’est un fait que la recherche a abondamment constaté : en société, devant un public mixte, bon nombre de femmes renoncent encore et toujours à prendre la parole. C’est le résultat de décennies de conditionnement familial et social, où il n’est pas bien vu pour une femme d’oser se mettre en avant ni de dire haut et fort ses revendications, à sa manière. Il est difficile de se faire entendre « quand chacun doit s’imposer pour prendre la parole, couper celle des autres, forcer les décisions, par sa voix, son charisme «naturel» ou sa position dominante » comme le décrit très bien la Conseillère aux Etat sortante Géraldine Savary, forte de la longue expérience en politique.

Codes sociaux persistants

Nous sommes pourtant en 2019 et les femmes sont plus nombreuses à obtenir un diplôme d’une université ou d’une haute école que les hommes. Les trentenaires d’aujourd’hui n’ont plus les mêmes retenues que leurs mères et leurs grand-mères. Mais les schémas et les codes sociaux ont la vie dure.

La même Géraldine Savary le remarquait dans les colonnes du quotidien Le Temps2 : « De ces séances non mixtes, avec des prises de parole non hiérarchisées, sont nées des revendications nouvelles, hier ignorées, aujourd’hui reconnues. » Dubitative au début, elle reconnaît maintenant que la liberté de parole n’aurait pas été la même si les séances de réflexion du début avaient été mixtes. Et elle conclut très joliment ainsi : « Evidemment que les hommes sont bienvenus aux manifestations du 14 juin. Mais comme les femmes dans les stades de foot: pour soutenir leur équipe. ». Soit légèrement en retrait, mais dont le soutien est indispensable.

Le Collectif genevois syndical a d’ailleurs imaginé diverses façons, pour les hommes, de soutenir la Grève féministe de manière utile3. Et il faut aussi noter qu’en Suisse alémanique, une association d’hommes féministes a vu le jour : ce sont les « Feministen »4, soit des hommes qui ne sont pas satisfaits des rôles, des attentes et des représentations que notre société a attribués aux deux sexes. Pour eux, féminité et masculinité ne sont que des constructions sociales. Ils rejoignent la position de grandes féministes françaises comme Elisabeth Badinter ou plus loin dans le temps, Simone de Beauvoir.

Pour revenir à la Grève féministe de juin prochain, les fédérations membres de Travail.Suisse partagent le constat que l’égalité entre femmes et hommes dans les faits n’est toujours pas une réalité. Réunis le 24 avril dernier, les délégués et les déléguées ont tenu à marquer leur soutien à la Grève féministe en adoptant le propre Manifeste de Travail.Suisse5. Diverses actions régionales sont prévues.

Le Manifeste de Travail.Suisse est volontairement inclusif

Le préambule de ce Manifeste donne le ton : « … parce que l’égalité entre femmes et hommes est l’affaire de toutes et de tous … parce que chacun-e doit bénéficier des mêmes chances, des mêmes opportunités et pouvoir choisir sa vie, … parce que chacun-e doit pouvoir subvenir à ses besoins de manière indépendante, …parce que chacun-e doit être responsable de soi-même et des personnes qui dépendent de lui ou d’elle (enfants, proches affaiblis ; mais aussi le personnel) ;…parce que les valeurs de Travail.Suisse (solidarité, dialogue et partenariat social) sont intangibles ».

Le Manifeste met l’accent sur cinq points :
1 : le combat de la discrimination salariale sur le terrain
2 : la lutte contre la discrimination des mères sur le marché du travail
3 : l’adoption des conditions-cadres nécessaires pour permettre la conciliation de l’activité professionnelle et du travail de care réalisé auprès des enfants et des adultes
4 : l’adoption de mesures étatiques pour encourager la parentalité
5 : l’adoption de modèles de travail du futur respectueux des personnes

Sur le premier point, et d’une manière très concrète, les Délégué-e-s ont dit oui à un nouveau projet de Travail.Suisse et de ses fédérations : l’accompagnement de la mise en œuvre de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes révisée. La LEG obligera bientôt les entreprises à contrôler l’égalité salariale en leur sein. Ce projet est maintenant en gestation et sera opérationnel au moment de l’entrée en vigueur des éléments révisés de la loi, selon toute probabilité en 2020.

La véritable égalité, choisie et vécue par les unes et les autres, c’est l’affaire de toutes et de tous.


1 A consulter sur le site de la Grève féministe www.frauenstreik2019.ch.
2 Géraldine Savary, « La tribune aux femmes, les tribuns sur le banc », Le Temps, édition du 5 mai.
3 « Le 14 juin, c’est la Grève des femmes* / Grève féministe. Je suis un homme… Que faire ? Comment soutenir ? », Collectif genevois, à consulter sur le site dédié à la Grève.
4 www.feministen.ch
5 A consulter sur le site de Travail.Suisse.

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2019 05 20 Greve-feministe f.docx 26 KB

20 mai 2019, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Le politique doit poser les bases de la conciliation

Lentement mais sûrement, la politique familiale commence à bouger. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, a lancé la discussion avec l’initiative sur le congé paternité. Certains cantons et communes, et aussi quelques entreprises comprennent qu’ils doivent offrir plus qu’un jour de congé paternité à leurs employés, s’ils veulent rester des employeurs intéressants. suite

À la fin de l’année dernière, la Ville de Saint-Gall a introduit un congé paternité de 20 jours, suivie début 2019 par Neuchâtel, premier canton à faire de même. Les entreprises privées aussi comprennent qu’elles doivent offrir quelque chose à leurs employés si elles entendent rester des employeurs intéressants. Ainsi Novartis ouvre la marche en offrant un congé paternité payé de 90 jours, et d’autres multinationales lui emboîtent le pas : Google (60 jours), Johnson & Johnson ou Microsoft (40 jours).

Seuls les employés de l’administration et des multinationales profitent de l’évolution actuelle

Ce sont certes des nouvelles réjouissantes, mais l’initiative pour un congé paternité raisonnable demande que 20 jours soient accordés dans toutes les entreprises de Suisse. Dans un contexte de domination des multinationales et de manque de main-d’œuvre, il ne faut pas qu’une moyenne entreprise ne puisse offrir à ses employés un congé paternité raisonnable. La disparité est beaucoup trop grande entre un employeur comme Novartis, qui paie un salaire plein pour un congé paternité de 90 jours, et les nombreuses PME qui ne peuvent se permettre que le jour de congé obligatoire. Le problème nécessite une solution politique raisonnable, afin que les PME de Suisse puissent prendre le train en marche.

Il serait désolant que l’argumentaire des employeurs triomphe. Dans sa réponse à la procédure de consultation sur le contre-projet prévoyant dix jours de congé paternité, l’Union patronale suisse prétend qu’un congé paternité ancré dans une loi, est « une forme de mépris pour les efforts sans nombre consentis dans les entreprises et n’améliore en rien la conciliation entre le travail et la famille ». C’est comme si l’Union patronale n’avait pas encore compris que la famille, aujourd’hui, est conçue autrement qu’il y a 30 ans. Les pères aujourd’hui veulent être plus présents au sein de la famille à la naissance d’un nouveau membre. Ils soutiennent leur femme, s’occupent des éventuels frères et sœurs du nouveau-né, se lèvent la nuit, consolent, langent, soignent. Tout cela indépendamment du modèle de rôle choisi. Même dans les familles bourgeoises organisées traditionnellement, les pères occupent une place différente de celle qui prévalait il y a 30 ans. Il faut accompagner ce fait sur le plan politique. Un congé paternité de 20 jours, qui doivent être pris d’entente avec l’employeur et de manière flexible pendant la première année du bébé, représente la solution raisonnable et juste.

D’entente avec son employeur, un employé peut prendre, par exemple, dix jours juste après la naissance, et les dix autres jours dans le courant de l’année, soit environ un jour par mois. Qui prétend que c’est impossible à organiser doit d’abord expliquer comment on fait en cas de maladie ou d’absence pour service militaire.

Travail.Suisse estime qu’il est grand temps d’introduire un congé paternité de 20 jours. Les pères actuels ne se comportent plus comme la génération d’hommes (et de femmes) qui composent majoritairement le Parlement aujourd’hui. On attend avec impatience la délibération du Conseil des Etats lors de la session d’été. Il est probable que l’initiative sur le congé paternité et le contre-projet indirect seront traités simultanément. Le Conseil des Etats pourra alors montrer si une politique familiale raisonnable – au moment même où l’on manque de main-d’œuvre – est importante ou pas.

Contre-projet versus initiative

L’initiative sur le congé paternité et son contre-projet diffèrent sur deux points : le contre-projet demande un congé paternité de dix jours, à répartir souplement au cours des six premiers mois suivant la naissance, et ancré dans une loi. L’initiative exige 20 jours – à prendre également de manière souple, mais tout au long de la première année – qui, – comme le congé maternité – doivent être inscrits dans la Constitution.

Les sondages actuels montrent qu’une partie croissante des employés travaillent dans des entreprises ou des administrations qui offrent déjà un congé paternité. L’évolution ne concerne de loin pas tous les travailleurs et l’ampleur du congé paternité laisse à désirer1. Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs et travailleueses, est d’avis que l’évolution ne doit en aucun cas prendre une orientation qui pénaliserait les PME de Suisse. Mais aujourd’hui, malheureusement, la situation se présente ainsi : la petite menuiserie ne peut pas offrir plus à ses quelques employés qu’une journée de congé paternité. Est-ce vraiment cette évolution que la politique suisse souhaite ?

… et encore la question de l’argent

Pour que la PME suisse traditionnelle puisse se permettre un congé paternité, il faut trouver une solution solidaire, par le biais des allocations pour perte de gain (APG). Selon le Conseil fédéral, quatre semaines de congé paternité coûtent entre 400 et 450 millions de francs par an au maximum, ce qui représente pour l’employeur et l’employé un prélèvement de 0.055 % du salaire chacun. Pour un salaire mensuel suisse moyen, cela équivaut à 3 francs, soit moins qu’une tasse de café.

1http://ts-paperclip.s3-eu-west-1.amazonaws.com

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09 avril 2019, Linda Rosenkranz, Responsable de la communication Drucker-icon

Le congé d’adoption a de nouveau une chance

La commission CSSS-N doit se mettre au travail. Le plenum n’a pas apprécié sa proposition de classer l’initiative parlementaire du démocrate-chrétien Marco Romano, alors que ce texte a trouvé précédemment grâce aux yeux des deux commissions. Travail.Suisse se félicite qu’une telle manœuvre – qui ne respecte pas le jeu parlementaire – ait échoué. suite

Travail.Suisse, l’organisation indépendante des travailleurs et travailleuses, soutient le principe d’un congé payé égalitaire de 12 semaines accordé aux parents adoptant un enfant de moins de 4 ans. Lacune de la politique familiale, l’adoption n’est pas prévue par la loi.

Pour mettre fin à cette inégalité de traitement entre parents naturels et parents adoptifs, le démocrate-chrétien Marco Romano avait lancé une initiative parlementaire, qui avait passé la rampe des deux commissions compétentes. Passées les élections fédérales de novembre 2015, la nouvelle commission a voulu détricoter le travail réalisé par la précédente. Au lieu de se mettre au travail, elle a proposé de classer l’affaire et la chambre basse ne l’a pas suivie. Selon Valérie Borioli Sandoz, responsable de la politique de l’égalité chez Travail.Suisse, « Trois conseillers n’étaient pas présents lors du vote en commission ; le plenum ne pouvait pas accepter la proposition de classement de sa commission. Celle-ci doit enfin se mettre enfin au travail ! »

A l’heure où la société a besoin d’un congé paternité, et à terme d’un congé parental, il est absurde de laisser le congé d’adoption sur le bas-côté. Il fait pleinement partie de l’arsenal d’une véritable politique familiale.

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2019 03 22 MM Adoptionsurlaub keine-Abschreibung f.doc 54 KB

22 mars 2019, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

L’association « Le congé paternité maintenant! » félicite le canton de Neuchâtel

L’association « Le congé paternité maintenant! » se réjouit que le canton de Neuchâtel offre bien-tôt quatre semaines de congé paternité à ses propres employés. Neuchâtel est ainsi le premier canton qui satisfait à ce que demande l’initiative populaire pour un congé paternité raisonnable. suite

Le parlement cantonal neuchâtelois a décidé cette semaine d’augmenter le congé paternité qu’il ac-corde à ses employés de cinq à vingt jours. Les promoteurs de l’initiative populaire pour un congé paternité raisonnable se réjouissent que le canton de Neuchâtel devienne le premier canton de Suisse à offrir ce que le texte déposé demande. Les employeurs publics ont un rôle de modèle à remplir. C’est ce qu’ont reconnu plusieurs villes, lesquelles offrent aussi à leurs employés 20 jours ou plus de congé paternité (Genève, Berne, Lucerne, Neuchâtel, Lausanne, Bienne, Bellinzone).

Pour plus d’informations:
Adrian Wüthrich, Président de l’association « Le congé paternité maintenant! », tél. 079 287 04 93
Matthias Kuert Killer, Directeur de l’association « Le congé paternité maintenant! », tél. 078 625 72 73

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2019 01 24 Verein gratuliert Kanton NE f.docx 30 KB

24 janvier 2019, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon