Médias – Communiqués de presse

Communiqués de presse 2015

Votations fédérales du 28 février 2016 : deux fois non, une fois oui

Le Comité de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses a, lors de sa séance du 9 décembre 2015, déterminé ses consignes de vote pour les votations fédérales du 28 février 2016. Il recommande le rejet de l’initiative contre la pénalisation du mariage et de l’initiative de mise en œuvre. Il dit oui, par contre, à l’initiative «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires». Il renonce à une recommandation de vote pour la réfection du tunnel routier du Gothard. suite

L’initiative pourrait se retourner contre les couples

C’est à l’unanimité que le Comité a dit non à l’initiative contre la pénalisation du mariage. Travail.Suisse craint entre autres que l’initiative pour les couples dans l’AVS apporte plus d’inconvénients que d’avantages. En effet, face à la position désavantageuse pour les couples du plafonnement de la rente de couple à 150 pourcent d’une rente simple AVS maximale, on dénombre aussi différents privilèges financiers importants liés au mariage. Il faut partir du fait qu’un aménagement de l’AVS indépendant de l’état civil coûterait davantage aux couples que cela leur rapporterait. A cela, il faut ajouter qu’une acceptation de l’initiative ancrerait pour la première fois dans la Constitution la définition du couple. Les couples de même sexe seraient ainsi exclus de cette forme de communauté pour l’avenir sur la base de la définition proposée.

Indigne d’un Etat de droit

Le Comité de Travail.Suisse recommande sans opposition de dire non à l’initiative de mise en œuvre. L’initiative enfreint non seulement le principe de proportionnalité, elle est aussi indigne d’un Etat de droit. L’initiative prévoit que l’on puisse expulser de Suisse une personne sans qu’un juge puisse juger du cas. Cela enfreint notre ordre juridique qui est basé sur le principe de la justice pour chaque personne. L’initiative viole aussi différents accords internationaux. En outre, le Parlement a adopté une loi d’exécution pour l’initiative sur le renvoi qui aggrave déjà massivement le droit pénal en lien avec le renvoi du pays et l’interdiction d’entrée.

Donner un signal

Le Comité de Travail.Suisse recommandé à l’unanimité le oui à l’initiative « Pas de spéculations sur les denrées alimentaires ». Il n’est pas tolérable que l’on puisse spéculer sur la hausse des prix des denrées alimentaires et ainsi pousser à la faim et à la pauvreté des millions de personnes. En luttant de façon conséquente contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires, la Suisse peut donner un signal qui aura aussi des effets dans le monde.

Le Comité de Travail.Suisse a décidé de renoncer à une recommandation de vote au sujet de la réfection du tunnel routier du Gothard.

Pour plus d’informations :
Adrian Wüthrich, Président, tél. 079 287 04 93

09 décembre 2015, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Poursuite du développement de l’AI : optimiser oui, démanteler non

Le rapport envoyé aujourd’hui en consultation par le Conseil fédéral montre comment on envisage la poursuite du développement de l’AI. L’assainissement de l’AI est en cours et de nouvelles mesures sur ce point ne sont pas nécessaires. Il faut par contre optimiser le système de l’AI. Il faut juger positivement les efforts visant à une meilleure intégration des jeunes adultes ayant des problèmes de santé et la possibilité de collaboration contraignante entre l’Etat avec les organisations faîtières du monde du travail pour augmenter les chances de réinsertion. Travail.Suisse est ouvert à l’idée de l’introduction d’un système de rentes linéaire s’il est neutre sur le plan des coûts et exécuté sans réductions de rentes. Sinon, le nouveau système de rentes risque bien de trébucher comme lors de la précédente révision. suite

La révision de la loi sur l’assurance-invalidité présentée aujourd’hui par le Conseil fédéral contient différentes mesures qui doivent améliorer la réinsertion professionnelle de jeunes adultes avec des problèmes de santé et de personnes avec des problèmes psychiques. Une consultation professionnelle ainsi qu’un accompagnement et des mesures plus flexibles d’intégration doivent y contribuer. Travail.Suisse salue aussi le fait que les offices AI au vu de l’intégration professionnelle des jeunes en danger collaborent plus étroitement avec les offices cantonaux.

La Confédération devra, et c’est nouveau, conclure avec les organisations faîtières du monde du travail des conventions de collaboration pour la réinsertion des personnes ayant un handicap. Cela est à saluer. Mais Travail.Suisse demande une formulation plus contraignante, qui oblige les employeurs de participer à la réinsertion de personnes ayant un handicap.

Ce qui est nouveau aussi, c’est l’introduction d’un système de rentes linéaire. Un tel système avait échoué lors de la révision 6b. Ce système a certes ses avantages mais il pourrait être la cause de l’échec de la réforme si on l’emploie pour économiser sur le dos des personnes à l’AI. C’est pourquoi Travail.Suisse n’est ouvert vis-à-vis de ce système que s’il est neutre sur le plan des coûts et qu’il est exécuté sans réductions de rente.

Pour d’autres renseignements :
Matthias Kuert Killer, Responsable de la politique sociale, 079 777 24 69

07 décembre 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Mise en œuvre de l’art. 121a Cst. : pas aux dépens des travailleurs et travailleuses!

Les grandes lignes présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral pour mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse remettent en question les accords bilatéraux. On ne connaît pas les répercussions sur la place économique suisse et le marché du travail de la possibilité d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde. Pour Travail.Suisse, une concertation avec l’Union européenne est absolument nécessaire. En outre, le projet du Conseil fédéral laisse à désirer du point de vue de la protection par étapes nécessaire des salaires et des conditions de travail et omet des mesures concrètes pour renforcer la l’intégration des jeunes et la participation des femmes et des travailleurs âgés sur le marché du travail. Travail.Suisse exige du Conseil fédéral un engagement clair dans ce sens le 18 décembre 2015. suite

Du point de vue de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleuses et des travailleurs, la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. présentée aujourd’hui par le Conseil fédéral joue avec le feu en menaçant de se faire aux dépens des travailleuses et des travailleurs.

D’entente avec l’UE et non pas contre elle

Pour Travail.Suisse, les négociations avec l’UE restent essentielles en matière de mise en œuvre de l’art. 121a de la Constitution fédérale. Seule une solution négociée avec l’UE permettra de maintenir les accords bilatéraux et, partant, de garantir de bonnes relations avec nos voisins et nos principaux partenaires commerciaux. Nous considérons la possibilité présentée aujourd’hui d’introduire unilatéralement une clause de sauvegarde avec des contingents éventuels comme un instrument inapproprié. Un risque de rupture des accords de libre circulation des personnes avec des répercussions incertaines sur les accords bilatéraux est indigne d’un Etat de droit comme la Suisse. En même temps, les bonnes conditions cadres de la place économique suisse sont remises en question et l’insécurité menace la stabilité économique et le marché du travail.

Assurer la stabilité du marché du travail au lieu de le mettre en péril

Travail.Suisse s’oppose résolument à la revendication des milieux économiques et des employeurs à établir un régime d’autorisation de courte durée. Le Conseil fédéral doit y renoncer. Ce régime correspondrait en fait à rétablir le statut de saisonnier et entraînerait beaucoup d’abus sur le marché du travail. Toute discrimination sur le marché du travail suisse crée une pression supplémentaire dans toute la Suisse sur les salaires et les conditions de travail. Pour Travail.Suisse, la politique doit améliorer la situation des travailleuses et des travailleurs et non pas l’affaiblir. Les mesures annoncées pour lutter contre les abus sont essentielles pour stabiliser les salaires et les conditions de travail. L’analyse du marché du travail envisagée dans les décisions d’aujourd’hui offre cependant une lueur d’espoir, mais une optimisation des mesures d’accompagnement est un minimum. Du point de vue de Travail.Suisse, l’augmentation des amendes en cas de sous-enchère salariale doit être mise en œuvre sans tarder puisque de toute façon les travaux législatifs sont en cours. En outre, les autres facettes de l’optimisation des mesures d’accompagnement doivent être impérativement intégrées dans le message relatif à la mise en œuvre de l’art. 121a Cst. ou reprises dans les décisions du Parlement. Il faut prendre des mesures concrètes pour améliorer l’intégration des jeunes travailleurs sur le marché du travail, augmenter la participation des femmes via l’harmonisation entre vie professionnelle et vie familiale et encourager les travailleurs âgés à rester au travail. Nous attendons du Conseil fédéral qu’il montre davantage de détermination au lieu de faire quelques retouches d’ordre cosmétique.

Pour d’autres informations :
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, 079 287 04 93

04 décembre 2015, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Non au démantèlement de prestations de service public sous couvert d’un programme de stabilisation

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, rejette le programme de stabilisation du Conseil fédéral. L’état des finances de la Confédération ne justifie aucunement un tel programme qui comporte d’importantes réductions de prestations du service public. suite

Le milliard de francs qu’il est prévu d’économiser dès 2017 ne se justifie pas au vu de l’endettement toujours très faible de la Confédération et de la nécessité d’investir et de dépenser davantage pour garantir la prospérité de la Suisse. Travail.Suisse rejette tout particulièrement les coupes prévues dans l’assurance-invalidité et la formation, pourtant fondamentale pour garantir la prospérité de la Suisse.

On notera aussi l’aspect complètement déséquilibré du programme puisqu’il ne repose que sur la réduction de dépenses et sur aucune nouvelle recette.

De surcroît, Travail.Suisse déplore que la 3ème réforme de la fiscalité des entreprises n’est pas contrefinancée et qu’elle causera justement à la Confédération des pertes fiscales d’environ 1 milliard de francs, soit le montant que la Confédération entend économiser. Il est injuste que ce soit le personnel de la Confédération et même maintenant la population dans son ensemble qui doive faire les frais d’une politique financière erronée faisant des cadeaux fiscaux aux entreprises.

Pour plus d’informations :
Denis Torche, Responsable de la politique financière, tél. 079 846 35 19

26 novembre 2015, Denis Torche, Responsable de la politique fiscale et financière Drucker-icon

Réforme des prestations complémentaires: le niveau des prestations doit être maintenu

La révision des prestations complémentaires mise en consultation aujourd’hui par le Conseil fédéral fixe comme objectif le maintien des prestations. Organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses indépendante, Travail.Suisse salue ce but et va maintenant examiner le projet en détails à la lumière de cet objectif. Pour le maintien du niveau des prestations, il est tout aussi important que le Parlement adapte enfin les montants maximaux pris en compte au titre du loyer aux coûts effectifs du logement pour les bénéficiaires des prestations complémentaires. suite

Les prestations complémentaires (PC) sont un des piliers de la sécurité sociale en Suisse. La hausse des coûts des PC sont le prix que nous payons en Suisse pour la croissance démographique et les réductions des systèmes en amont (par ex. l’assurance invalidité AI). Pour les personnes aux revenus modestes, les PC sont le filet de sécurité en cas de vieillesse et d’invalidité. „Il est inacceptable qu’une personne dépende de l’aide sociale malgré son droit aux prestations complémentaires“, souligne Matthias Kuert, responsable de la politique sociale chez Travail.Suisse. C’est à cette aune que Travail.Suisse mesurera les propositions présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral. Car la réduction du montant de fortune librement disponible, la diminution du montant minimal des PC et la possibilité d’abaisser les réductions de primes individuelles dans l’assurance maladie sont des mesures qui menacent le niveau de prestations pour certain-e-s bénéficiaires.

Certaines restrictions dans le retrait du capital LPP sont acceptables

Même si le retrait de capital – contrairement à ce qu’affirment certains médias – ne constitue pas le principal facteur de coût du deuxième pilier, Travail.Suisse estime que certaines restrictions dans le retrait du capital sur la partie obligatoire de la LPP sont compréhensibles et acceptables. Le versement du capital pour la fondation d’une société est souvent un piège financier et abaisse la rente LPP future. A la lumière du dernier rapport du Conseil fédéral, Travail.Suisse va maintenant examiner jusqu’à quel point le retrait d’avoir de vieillesse sous forme de capitaux doit être complètement interdit.

Enfin aller de l’avant avec les contributions à l’abaissement du loyer

L’adaptation des montants maximaux pris en compte au titre du loyer, actuellement en cours au Parlement, doit aller enfin de l’avant. Pour le maintien du niveau des prestations, c’est tout aussi décisif qu’une réforme intelligente des PC. Aujourd’hui, les charges locatives coûtent cher aux bénéficiaires de PC, parce que les prestations complémentaires pour loyers n’ont plus été adaptées depuis 2001. Pour payer leur loyer, les personnes concernées doivent en bonne partie utiliser l’argent prévu pour d’autres coûts liés à des besoins élémentaires. Cela contredit l’objectif des PC et c’est inacceptable.

Pour plus d’informations:
Matthias Kuert, responsable de la politique sociale, Tel. 031/370.21.11 ou 079/777.24.69

25 novembre 2015, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon