Actuel – Votations

Travail.Suisse demande un service public fort

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a présenté aujourd’hui, avec les fédérations affiliées Syna, transfair et la commission de jeunesse Jeunesse.Suisse, le document de position « Un service public fort : fondement du développement économique, social et écologique de la Suisse ». Le but est, d’un côté, de renforcer le service public comme colonne vertébrale de la Suisse et, de l’autre, de donner une position claire contre « No Billag » et les plans actuels de démantèlement dans le service public audiovisuel. suite

Le service public est le fondement d’une Suisse moderne qui fonctionne efficacement, ce qui est déterminant pour son développement économique, social et écologique. La nécessité de réexaminer périodiquement l’étendue des prestations du service public, et de l’adapter aux besoins de la population, favorise une discussion adéquate sur l’étendue de ces prestations mais cela ne doit en aucun cas signifier un démantèlement ou des privatisations.

Ce que le marché est incapable de faire – à l’inverse du service public

Au cours des dernières années et même décennies, l’idéologie néo-libérale a marqué toujours plus fortement l’économie et la politique. Cette idéologie qui met le marché au centre, avec si possible le moins de conditions-cadres – aspire à laisser au marché les prestations du service public ; avec l’argument qu’il fournirait les mêmes prestations plus efficacement et à des coûts plus bas que l’Etat. Le document de Travail.Suisse sur le service public montre qu’il n’en va pas ainsi. L’idéologie occulte complètement le fait que le marché libre présente des faiblesses criantes, comme par exemple le renforcement des centres et l’affaiblissement des régions périphériques. Ainsi, si la Poste était une entreprise privée, jamais elle ne pourrait fournir des prestations comparables à celles d’aujourd’hui dans les régions périphériques peu peuplées. Le marché libre ne peut pas non plus garantir la pérennité des infrastructures du fait qu’il recherche un rendement à court terme et ne manifeste pas d’intérêt pour des investissements coûteux dans l’entretien régulier. Or, des infrastructures comme les télécommunications ou le réseau ferroviaire nécessitent impérativement un pareil entretien. Un autre élément très important est le fait que le marché ne peut pas garantir l’égalité des chances. Il rend les forts plus forts et les faibles plus faibles et produit ainsi un monde égoïste. C’est ce qui se passerait si l’on privatisait le système éducatif et seule une couche privilégiée pourrait s’offrir alors une formation scolaire de haute qualité.

Pour garantir la cohésion territoriale, économique et sociale de la Suisse et promouvoir un service public fort et moderne, Travail.Suisse formule trois revendications centrales :

Revendication 1 – Pas prendre de risques de privatisations : la privatisation de prestations de service public ne peut être acceptée que si l’on peut exclure des risques pour les prestations. Par ailleurs, les conditions de travail doivent être particulièrement bonnes et réglées dans une convention collective de travail. Il faut rejeter catégoriquement les privatisations pour des raisons idéologiques.

Revendication 2 – « L’économie care » comme nouvelle prestation de service public : le vieillissement de la population et la pénurie de personnel qualifié placent la Suisse devant de grands défis. Il faut améliorer la conciliation entre la vie professionnelle et familiale par une offre des pouvoirs publics – d’un côté pour l’accueil des enfants en âge préscolaire et scolaire et, de l’autre, pour décharger les proches aidants afin de permettre la compatibilité entre leurs devoirs familiaux et une activité lucrative.

Revendication 3 – Maintenir et développer le service audiovisuel public : l’initiative « No Billag » veut supprimer le service public audiovisuel, seul le marché déciderait de l’offre. Travail.Suisse rejette clairement l’initiative radicale « No Billag ». Le service public audiovisuel est une offre fondamentale de base et doit plutôt être complétée par des offres sur internet. La nouvelle concession pour la SRG SSR et la nouvelle loi sur les médias peuvent et doivent poursuivre le développement du service public audiovisuel.

Travail.Suisse et sa commission de jeunesse Jeunesse.Suisse vont s’engager, avec le soutien des fédérations affiliées Syna et Transfair, pour un service public fort et la mise en œuvre de ces revendications.

Pour d’autres informations:
• Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, mobile: 079 287 04 93
• Jacques-André Maire, conseiller national et vice-président de Travail.Suisse, mobile : 078 709 48 50
• Denis Torche, responsable du dossier service public, Travail.Suisse, mobile : 079 846 35 19
• Stefan Müller-Altermatt, conseiller national et président de transfair, mobile: Tel. 076 332 15 26
• Irène Darwich, responsable du secteur des services et vice-présidente de Syna, mobile: 079 758 08 12
• Nadine Walker, co-présidente de Jeunesse.Suisse, mobile: 079 900 68 98

30 janvier 2018, Adrian Wüthrich, Président

Un NON à l’initiative « no Billag » est dans l’intérêt des travailleurs

Nous votons le 4 mars sur l’initiative « no Billag » et donc sur la suppression des redevances radio et télévision. Du point de vue des travailleurs et travailleuses, il faut rejeter clairement cette initiative radicale. Sans redevances, de puissants groupes financiers pourront influencer les diffusions et exclure la voie des travailleurs. suite

Au printemps 2’014 l’ancien conseiller national UDC Mörgeli avait demandé par le biais d’une intervention parlementaire que l’on compose les instances dirigeantes de la SSR selon la force électorale des partis. En tant que parti le plus fort, l’UDC pourrait ainsi imposer le choix du Directeur général. Après l’avoir présentée aux médias, il a retiré son intervention à l’automne de la même année. Il a visiblement remarqué que la SSR n’est pas une entreprise d’Etat et est dirigée par une association indépendante selon les articles 60 et suivants du Code civil suisse. Le même conseiller national avait déjà demandé en l’an 2000 ce que demande l’initiative « no Billag » : la suppression des redevances radio et télévision. Derrière l’initiative, se cachent en fait des enjeux de pouvoir. Les journalistes travaillent selon des lignes directrices éditoriales et se doivent d’exprimer avec objectivité la diversité des opinions. Bien qu’il y ait toujours régulièrement des tentatives pour influencer les contenus journalistiques, les rédactions gardent leur liberté éditoriale. Cela se remarque bien dans les émissions destinées aux consommateurs : bien que les détaillants soient d’importants clients publicitaires, les émissions Kassensturz ou « A bon entendeur » sont critiques sur les produits. Ce n’est que parce qu’elle est indépendante que la SSR peut diffuser des émissions critiques sur l’économie et la politique. Et c’est le système de redevances qui garantit fondamentalement cette importante indépendance.

L’indépendance et une information objective sont en danger

Sans redevances, les médias audiovisuels sont tributaires financièrement de la publicité et d’abonnements. Une telle dépendance ne permet plus d’informer objectivement. C’est déjà monnaie courante parmi les petits journaux : un annonceur obtient un article dans la partie rédactionnelle. Les journalistes doivent être attentifs aux clients publicitaires. Le danger est alors grand que des entreprises et de riches individus décident du contenu des émissions et empêchent toute critique à leur égard. Par ailleurs, il n’y aura plus guère d’informations concernant le monde du travail. La manière de couvrir l’information sur les négociations des conventions collectives de travail pourrait ne refléter que la vision du camp patronal. Il y a aussi le risque d’informations tronquées (Fake-News !). C’est dangereux pour le vivre ensemble et pour notre démocratie.

Dans notre système politique, il est important que l’on informe tous les citoyens et citoyennes de manière objective et égale. Une acceptation de l’initiative « no Billag » anéantirait la garantie d’une couverture objective et l’obligation de faire ressortir de manière appropriée la diversité des opinions. Il n’y aurait donc plus de médias fournissant des informations de base et couvrant l’actualité nationale de manière objective à la télévision. Les opinions des minorités n’auraient plus de place. Des personnes très fortunées pourraient acheter l’opinion du peuple. Voulons-nous cela ?

Sans redevances, une offre plus chère

Un oui entraînerait la suppression de plus de 6000 places de travail à la SSR et parmi les diffuseurs locaux et régionaux car la création d’un système payant pour les prestations actuelles des prestataires n’est pas possible dans l’intervalle. Et même si c’était possible : les recettes de la vente d’abonnements pour quelques émissions comme le téléjournal ou des émissions sportives ne suffiraient pas pour maintenir l’offre actuelle. On ne pourrait plus financer une offre comparable pour la Suisse romande ou la population de culture et langue italienne. Grâce aux redevances de la Suisse alémanique, on peut financer le service public dans les quatre régions linguistiques du pays. Les coûts sur le marché libre pour les consommateurs seraient nettement plus élevés que les 365 francs par an ou 31 francs par mois. On voit bien ce que coûtent les offres payantes et pas seulement à l’étranger : par exemple, l’émission sportive Mysports, qui retransmet exclusivement des matchs de hockey sur glace, coûte 25 francs par mois !

Il n’est pas possible de mettre en œuvre l’exigence des initiateurs de l’initiative qui est de payer que ce que nous consommons. Les coûts fixes demeurent très élevés à la télévision pour maintenir la qualité de l’offre. Sans redevances, personne ne produirait en Suisse une offre médiatique similaire comme celle que l’on peut voir aujourd’hui via le cable ou internet. Et même s’il y avait encore une offre gratuite très restreinte, elle serait tellement coupée de publicité que plus personne ne la regarderait. Ainsi, les recettes publicitaires chuteraient et il faudrait restreindre encore plus l’offre. Il n’y aurait plus non plus de radios sans publicité. La publicité est interdite aujourd’hui sur les chaînes de radio de la SSR. Cela changerait aussitôt : on ne peut financer une radio nationale sans redevances que par une forte dose de publicité, ce qui, en même temps, restreindrait l’offre informative. Il n’y a pas d’offre payante ni sur les ondes FM ni dans la radio DAB.

Pas de contrôle de la politique et plus d’offres suisses

Sans la SSR, il manquerait une importante instance de contrôle pour la politique. Ce n’est pas pour rien que l’on décrit les médias comme le quatrième pouvoir. Les médias écrits ont déjà très fortement réduit leurs effectifs rédactionnels, y compris l’agence télégraphique suisse (ATS) ayant annoncé la suppression de 40 postes de journalistes. Si la SSR est aussi décimée avec « no Billag », il va manquer un important média indépendant pour décrire les événements politiques et économiques. Il manquera aussi des émissions qui thématisent la Suisse, qui ont un rapport avec la Suisse ou qui donnent une tribune à la scène artistique suisse. On ne pourra plus financer non plus le réseau de correspondants de la SSR dans tous les cantons et dans le monde entier. Et encore ceci de moins connu : de nombreuses émissions de la SRF, RTS et RSI sont diffusées à l’étranger. Via TV5monde, la RTS touche plus de 300 millions de ménages par mois. C’est une vitrine pour notre pays qui ne doit pas être sous-estimée. L’image animée a toujours plus d’influence que des textes et des photos. Et grâce à l’appartenance à l’Union européenne de radio-télévision (UER), qui regroupe les chaînes publiques d’Europe, la SSR profite – et donc aussi toute la Suisse – d’émissions et de retransmissions sportives que les près de 40 chaînes ne peuvent acquérir qu’en commun. Un oui à « no Billag » mettrait en danger l’appartenance à l’UER avec la disparition de cet avantage pour la Suisse.

Résumons : l’initiative « no Billag » est radicale et met en danger la cohésion nationale en Suisse avec ses quatre régions linguistiques. Un service audiovisuel public permet de donner une voix à tous dans une démocratie et favorise une vie en commun marquée par la compréhension mutuelle. C’est pourquoi rejetons l’expérimentation de « no Billag ». Le Comité de Travail.Suisse a dit non à l’unanimité à « no Billag ».

22 janvier 2018, Adrian Wüthrich, Président

Perspective de la session d’hiver 2017

Plusieurs propositions seront débattues au Parlement durant la session d’hiver lesquelles revêtent une importance centrale pour les travailleurs et les travailleuses. Nous vous présentons volontiers la position de Travail.Suisse sur certains thèmes choisis.

En tant qu’organisation faitière indépendante des travailleurs et des travailleuses, Travail.Suisse s’engage dans la politique et en tant que partenaire social au niveau national pour que le travail ait de l’avenir. Vous en saurez plus sur notre document de congrès « Pour un travail ayant de l’avenir » sous www.travailsuisse.ch.

Nous vous souhaitons une bonne session et restons en tout temps à votre disposition pour répondre à vos questions.
(Secrétariat : 031 370 21 11 ou par e-mail).

22 novembre 2017, Linda Rosenkranz, Responsable de la communication

Votations fédérales du 4 mars 2018 : non à « no Billag » et oui au nouveau régime financier

Lors de sa séance d’aujourd’hui, le Comité de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, recommande à l’unanimité de dire non à l’initiative « no Billag » et oui au nouveau régime financier. suite

L’*initiative « no Billag »*, en prévoyant de supprimer les redevances radio et télévision et en interdisant tout subventionnement de chaînes de radio et télévision, met de facto fin au service public audiovisuel. Non seulement la SSR serait très gravement touchée mais aussi de nombreuses chaînes locales et régionales qui dépendent de manière prépondérante de la redevance. Il en résulterait un grave affaiblissement de la diversité linguistique et culturelle mais aussi de la démocratie. La suppression de la redevance entraînerait une réduction de l’offre en matière d’information et de débats nécessaires pour se forger une opinion sur différents thèmes. L’information sera davantage orientée en fonction d’intérêts privés. Les travailleurs et travailleuses seront prétérités car, avec la disparition du service public audiovisuel, qui garantit la pluralité et la diversité des opinions, les thèmes qui les concernent directement seront moins pris en considération ou alors traités de manière partiale.

Un oui à l’initiative « no Billag » privera la SSR de l’essentiel de ses moyens et on voit mal comment elle pourrait les compenser suffisamment par d’autres sources de financement. Il en résultera donc des suppressions d’emplois massives à la SSR mais aussi auprès des chaînes privées locales et régionales pour lesquelles la redevance peut représenter jusqu’à deux tiers de leurs recettes.

Le nouveau régime financier est indispensable pour garantir à partir de 2021 et jusqu’en 2035 que la Confédération continue à bénéficier des sources de revenus que sont la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’impôt fédéral direct (IFD). Etant donné que l’IFD date de 1983 et la TVA de 1995, et que la part de ces impôts représentent environ deux tiers des recettes de la Confédération, Travail.Suisse aurait souhaité qu’on les inscrive définitivement dans la Constitution fédérale comme le proposait le Conseil fédéral. Etant donné que cette option n’a pas été retenue, il faut au moins garantir les recettes de l’IFD et de la TVA à partir de 2021 et jusqu’en 2035.

Pour d’autres informations :
Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, Tél. 079 287 04 93
Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Tél. 079 777 24 69

15 novembre 2017, Adrian Wüthrich, Président

Le non à Prévoyance vieillesse 2020 : un blocage qui coûte cher

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, est très déçue du non serré à Prévoyance vieillesse 2020. Un temps précieux sera ainsi perdu car les défis de la démographie demeurent. Toute nouvelle solution sera plus chère que le paquet qui a été rejeté. Travail.Suisse continuera à se positionner pour un financement supplémentaire raisonnable pour garantir le niveau des rentes actuel et lutter contre des mesures de démantèlement des rentes. Le plus urgent est de transférer les 0.3 pourcent de TVA de l’AI à l’AVS. Il faut parallèlement discuter de sources de financement pour financer la « bosse » démographique qui marquera les deux décennies à venir. suite

Le résultat d’aujourd’hui va prolonger le blocage de la réforme de la prévoyance vieillesse. Du fait des différentes positions des adversaires de la réforme, il est peu vraisemblable que l’on puisse mettre rapidement en œuvre un plan B consensuel. On perd ainsi un temps précieux pendant lequel la lacune de financement de l’AVS va encore grandir et la répartition défavorable entre les personnes assurées actives et celles au bénéfice d’une rente se poursuivre.

Il est incontesté que l’AVS a besoin de moyens supplémentaires en raison du grand nombre de personnes arrivant à la retraite ces prochaines années. On ne conteste pas non plus le fait qu’il faut garantir le niveau des prestations. C’est pourquoi, il faut tout d’abord aller de l’avant avec l’adaptation prévue de la TVA en faveur de l’AVS. En même temps, il faut être ouvert sans préjugés à des sources de financement supplémentaires pour l’AVS.

Le but des employeurs est clair : ils veulent augmenter l’âge de la retraite. Et cela, si possible, sans compensation. Travail.Suisse s’opposera de manière déterminée à cette démarche. Le non d’aujourd’hui n’est pas un oui à la retraite à 67 ans. La situation réelle sur le marché du travail montre que de nombreux travailleurs et travailleuses ont déjà de la peine aujourd’hui à rester dans la vie active, déjà jusqu’à 65 ans. Il est donc évident qu’un relèvement généralisé de l’âge de la retraite ne peut en aucun cas ouvrir la voie à une nouvelle réforme. L’absence d’égalité salariale était évidemment une raison pour laquelle les femmes ont voté contre le relèvement de l’âge de la retraite. Un nouveau projet devra donc apporter des améliorations dans le domaine de l’égalité des salaires.

Personnes de contact :
• Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, mobile : 079 287 04 93 (momentanément atteignable à Berne à la Grossen Schanze)
• Matthias Kuert Killer, responsable du dossier de politique sociale, Travail.Suisse, Mobile 079 777 24 69

24 septembre 2017, Adrian Wüthrich, Président et Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

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