Actuel – Votations

3 mars 2013: OUI à l’article constitutionnel sur la famille

Grâce à l’impulsion donnée par l’initiative parlementaire „ Politique en faveur de la famille. Article constitutionnel », le Parlement a enfin rédigé un article dans la Constitution réservé à la « politique familiale ». Le Conseil fédéral soutient aussi le nouvel article sur la famille. Grâce au nouvel article constitutionnel 115a, l’importance de la famille pour la société sera enfin valorisée. La promotion de la conciliation entre famille, travail et formation relèvera des tâches des cantons et de la Confédération. Les cantons veilleront en particulier à ce que l’offre en structures de jour corresponde aux besoins des familles et des écoles. Travail.Suisse soutient l’article constitutionnel et s’implique activement pour que le OUI l’emporte le 3 mars 2013.

Ci-après vous trouvez une feuille d’information ainsi que le texte de l’arrêté fédéral sur lequel nous voterons le 3 mars prochain.

18 février 2013, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale

Initiative Minder: Un non qui conduit à une meilleure solution

La Sec Suisse, l’Association suisse des cadres (ASC) et Travail.Suisse ont décidé de dire non à l’initiative Minder. Pour ces trois organisations, il est évident que les salaires abusifs constatés ces dernières années ne peuvent être justifiés en aucun cas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elles ont soutenu l’initiative Minder lorsqu’elle a été lancée. Mais, au vu du contre-projet du Parlement, l’initiative a rempli sa fonction. Un non à l’initiative Minder conduira à une meilleure solution. suite

Pour le Conseiller national Thomas Weibel, Président de l’ASC, le 3 mars le peuple ne va pas décider s’il faut contrer les rémunérations abusives, mais uniquement se prononcer sur la manière d’agir. Certes, son intitulé est séduisant, mais l’initiative Minder nuit à la place économique suisse et met en jeu des places de travail. Les grandes entreprises ne seraient pas seules à en être affectées : le magasin de fleurs du coin ou le fabricant de produits semi-finis installé dans le village voisin le seraient aussi.

Martin Flügel, Président de Travail.Suisse, ne s’attend pas à ce que le renforcement des droits des actionnaires fasse des miracles. Ce qui, selon l’initiative, peut être atteint sur le plan du contrôle des rémunérations et de la transparence est atteint par le contre-projet. Là où l’initiative va plus loin, elle devient contradictoire et entraîne surtout des coûts à hauteur de millions pour les caisses de pension.

Le Conseiller national Daniel Jositsch, Président de la Sec Suisse et professeur de droit pénal à l’Université de Zurich, souligne que l’élection du Conseil d’administration pour une année continue d’entériner la réflexion à court terme, dommageable, de l’entreprise. Il est en outre plus qu’exagéré, du point de vue pénal, d’infliger une peine privative de liberté à un administrateur d’une caisse de pension s’il a omis d’exercer son droit de vote. De telles mesures n’aident pas à combattre les rémunérations abusives.

Tout compte fait, les trois organisations sont d’avis que les retombées négatives de l’initiative l’emportent et que, pour cette raison, également dans l’optique des employé-e-s et des travailleurs-euses, il faut faire triompher la meilleure solution en disant non à l’initiative.

17 janvier 2013, Martin Flügel, Président

Votations fédérales du 3 mars 2013: plus de démocratie pour les actionnaires ne suffit pas

Le Comité de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, a décidé aujourd’hui de soutenir le contre-projet indirect à l’initiative populaire sur les rémunérations abusives. Le contre-projet mène plus vite au but poursuivi et est plus cohérant sur le plan du contenu. L’initiative conduit en revanche à reprendre un long processus devant le Parlement avec des prescriptions en partie contradictoires et le danger de détournement est grand. suite

Lors de sa séance d’aujourd’hui, le Comité de Travail.Suisse a délibéré sur l’initiative sur les rémunérations abusives et le contre-projet indirect. Il a reconnu qu’il existe un besoin de rattrapage dans le domaine du droit des actionnaires et l’initiative était nécessaire pour obtenir des améliorations. Toutefois, le grand avantage du contre-projet est, qu’en cas d’acceptation, il entre tout de suite en vigueur alors que l’initiative signifie à nouveau un long processus devant le Parlement. De plus, le contre-projet est plus cohérent alors que l’initiative est très rigide sur quelques points. C’est pourquoi, le Comité de Travail.Suisse a décidé de soutenir le contre-projet et de rejeter l’initiative.

Renforcer la position des travailleurs et travailleuses plutôt que les actionnaires

Aussi bien l’initiative que le contre-projet s’orientent vers le renforcement des droits des actionnaires et ne représentent donc pas les préoccupations centrales de Travail.Suisse. En outre, l’effet sur les salaires – tant pour les managers que pour le personnel – est négligeable. C’est la raison pour laquelle Travail.Suisse continuera à s’engager avant tout pour le renforcement de la position des travailleurs et travailleuses. Pour ce faire, il faut, d’un côté, briser le cartel salarial des managers avec une représentation du personnel appropriée et, de l’autre côté, il faut protéger les salaires des travailleurs et travailleuses avec des salaires minimaux dans toute la Suisse fixés au niveau des régions et des branches.

07 novembre 2012, Martin Flügel, Président

Déçus, oui, mais nullement abattus

L’initiative « 6 semaines de vacances pour tous » a été rejetée le 11 mars en votation populaire. Certes, Travail.Suisse est déçue de ce résultat, mais nullement abattue. L’onéreuse campagne d’intimidation qu’ont menée les opposants a apparemment eu l’effet escompté, en raison de la situation économique incertaine. Mais l’initiative a permis de discuter largement la charge de travail et ses conséquences négatives sur la santé et l’économie, et de les prendre en compte pour la première fois. Ces problèmes n’ont pas disparu avec le Non, et le Conseil fédéral et les employeurs restent sollicités. suite

Travail.Suisse, l’organisation faîtière politiquement indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, et ses fédérations affiliées ont beaucoup travaillé au cours des cinq dernières années en faveur de l’initiative « 6 semaines de vacances pour tous ». Beaucoup d’énergie et de passion ont été déployées partout en Suisse, depuis la récolte de signatures jusqu’à la campagne de votation.

Déception oui, mais pas de frustration

Il va de soi qu’après un tel engagement, un rejet dans les urnes est décevant. Mais en même temps, nous savions dès le départ qu’il est toujours difficile de faire passer une initiative. Depuis le lancement de celle-ci en 2007, de massifs rejets économiques et politiques ont encore augmenté ces difficultés. Les sondages prévoyaient ce résultat avec une certaine précision deux semaines déjà avant la votation. Ce résultat s’inscrit dans le même cadre que ceux d’initiatives antérieures portant sur la durée du travail ou les vacances. Il y a quelques années, aussi bien la semaine de 40 heures que les cinq semaines de vacances avaient déjà été refusées, avec des résultats similaires ; quant à la semaine de 36 heures, elle avait même sombré encore plus fortement, recueillant 78 % de Non.

En outre, afin de tirer d’autres conclusions de cette issue, il sera important d’analyser de plus près le résultat de la votation et de voir qui a accepté l’initiative et qui l’a rejetée.

Les opposants n’ont fait que mener une campagne d’intimidation agressive mais efficace

Il est déjà clair aujourd’hui qu’economiesuisse, l’Union patronale suisse et l’Union suisse des arts et métiers, ainsi que l’ensemble des partis bourgeois, nous ont pris très au sérieux (ce qui bien évidemment nous honore). Pendant dix semaines et jusqu’à la veille de la votation, ils ont placardé des affiches à travers toute la Suisse, lançant des slogans absurdes et dépensant des millions pour leur campagne, et ils ont rempli les médias de propos ineffables émanant d’entrepreneurs plus ou moins éminents. Ils ont même fait tourner un petit film professionnel sur la votation, afin d’être également présents sur internet.

Et tout cela, avec un seul et unique objectif: faire croire aux gens qu’en accordant davantage de vacances, on pourrait risquer des suppressions d’emplois. Cette menace était – et reste – tout simplement fausse. Car des individus reposés et en bonne santé constituent le facteur essentiel du succès de l’économie helvétique ; davantage de repos pour compenser la pression au travail est une nécessité économique. Mais cette campagne d’intimidation a déployé tout son effet en raison de la grande insécurité ambiante due à la crise de l’euro et aux perspectives conjoncturelles. Au lieu du bien-être des individus et de la prospérité de l’économie suisse à long terme, de nombreux votants ont fait passer au premier plan – ce qui est compréhensible – leur souci actuel de conserver leur propre emploi.

Le Non n’est pas une solution: une forte charge de travail et certaines injustices continuent d’exister

Il est également clair aujourd’hui que ce Non du 11 mars n’a pas résolu les problèmes soulevés par l’initiative. Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a énormément changé. L’agitation est devenue de plus en plus grande, et la vie s’accélère. De ce fait, les travailleurs et travailleuses doivent, eux aussi, accélérer leur cadence de travail, ce qui à la longue est mauvais pour leur santé. Ces conditions de travail rendent de plus en plus de gens malades. En Suisse, une personne sur deux souffre de douleurs dorsales, arrive de moins en moins à venir à bout de la pression et doit cesser de travailler plus ou moins longtemps pour des raisons psychiques. Finalement, cette situation nous coûte cher : le Secrétariat d’Etat à l’économie estime à 10 milliards de francs par an les coûts de cette charge, nuisible à la santé, au lieu de travail.

De même, les injustices continuent d’exister en matière de réglementation des vacances: aujourd’hui, de nombreux cadres bénéficient déjà de six semaines de vacances, voire davantage. Les travailleurs et travailleuses « normaux » tels que les chauffeurs de poids lourds, les agents de police ou de larges fractions du personnel soignant, qui ont continuellement une lourde charge de travail et qui auraient besoin de toute urgence d’une meilleure compensation, doivent se contenter, aujourd’hui comme hier, du minimum légal de quatre semaines de vacances.

Il est nécessaire d’agir, démographie oblige !

À cela s’ajoute qu’un travailleur sur trois quitte le monde du travail pour des raisons de santé avant d’avoir atteint l’âge de la retraite. Voilà qui est effrayant ! D’une part, parce que ces chiffres recèlent des dizaines de milliers de tragédies humaines individuelles. En effet, les travailleurs et travailleuses concernés n’ont jamais eu pour objectif d’avoir une rente de l’AI ou de partir à la retraite de manière anticipée. Beaucoup plus souvent, c’est simplement la seule et unique possibilité pour eux de quitter la vie active d’une manière supportable, du moins financièrement. D’autre part, cette « usure » de forces vives est également une absurdité sociétale. À elle seule, l’évolution démographique mènera d’ici à 2030 à une pénurie de main-d’œuvre d’environ 400’000 personnes. Au cours des prochaines décennies, seule la catégorie des travailleurs de plus de 55 ans – celle qui est le plus fortement touchée par les problèmes de santé dus à une charge de travail continuelle – ira encore croissant. Il nous faut aujourd’hui améliorer et adapter au plus vite les conditions de travail pour toute la population active, afin que cette génération future de travailleurs et travailleuses d’un certain âge ne soit pas écartée prématurément du marché du travail et que la pénurie de main-d’œuvre ne s’aggrave pas.

Le Conseil fédéral et les employeurs restent sollicités

L’initiative a contraint d’importants milieux politiques et économiques à prendre acte de l’absurdité pour l’économie nationale et des coûts élevés pour l’individu et pour la société de cette charge de travail trop élevée, et à la prendre en compte. Ni la forte charge elle-même, ni la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre les conséquences négatives pour la santé et pour l’économie n’ont été contestées par le Conseil fédéral ou par l’Union patronale suisse.

Ce qui constitue la force de l’économie suisse, ce sont des travailleurs et travailleuses motivés et en bonne santé. Or, le monde du travail actuel met en danger la santé de l’individu et ne contribue guère à sa motivation à long terme. La démographie accentue cette évolution, ce qui met en péril le modèle même de la réussite helvétique. C’est justement un pays à hauts salaires comme la Suisse qui doit prendre particulièrement soin de ses travailleurs et travailleuses.

Le Non à l’initiative de Travail.Suisse « 6 semaines de vacances pour tous » n’écarte pas cette tâche. Le Conseil fédéral, le Parlement et les employeurs restent sollicités de chercher des solutions. Pendant la campagne de vote, les employeurs n’ont cessé d’insister sur le fait qu’ils souhaitaient améliorer les droits aux vacances en trouvant des solutions avec les partenaires sociaux. Il faut donc maintenant un partenariat social pour tous les travailleurs et travailleuses avec des réglementations sur les vacances allant au-delà du minimum légal. Et le Conseil fédéral n’a cessé de souligner que le droit aux vacances à lui seul ne résout pas tous les problèmes. Il est désormais prié d’élaborer des propositions concrètes sur la manière de traiter les conséquences négatives d’une charge de travail trop élevée.

19 mars 2012, Martin Flügel, Président

La surcharge à la place de travail reste d’actualité

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, regrette le non des citoyens et citoyennes à l’initiative « 6 semaines de vacances pour tous ». Mais le problème de la charge de travail trop élevée et de ses effets négatifs pour la santé et l’économie n’en disparaît pas pour autant. Le moment défavorable de la votation, et la campagne visant à faire peur des adversaires, ont empêché de faire un premier pas vers une solution à ce problème. La balle est maintenant dans le camp du Conseil fédéral et des employeurs. suite

Travail.Suisse est déçu que les citoyens et citoyennes aient rejeté aujourd’hui l’initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous ». Mais, en même temps, nous sommes fiers d’avoir réussi, grâce à l’initiative, à faire de la question de la forte charge de travail et ses conséquences négatives un sujet largement discuté. On a mis ainsi à l’ordre du jour de l’agenda politique une menace bien réelle pour le modèle de réussite économique de la Suisse.

Une forte charge de travail coûte cher et est préjudiciable à l’économie

La charge élevée au lieu de travail coûte environ 10 milliards de francs par an. Cela a comme conséquence qu’un travailleur sur trois ne peut pas travailler jusqu’à l’âge de la retraite pour des raisons de santé. L’initiative a contribué à ce que de larges cercles dans la politique et l’économie reconnaissent ces coûts élevés pour la société et préjudiciables à l’économie. Ni la charge élevée à la place de travail, ni la nécessité de mesures contre les conséquences négatives sur le plan de la santé et pour l’économie, ne sont remises en question par le Conseil fédéral ou les employeurs.

Une campagne jouant sur la peur a créé de l’insécurité

En raison de la grande incertitude liée à la crise de l’euro et des prévisions conjoncturelles, la votation a eu lieu à un moment très défavorable. Pour de nombreux citoyens et citoyennes, le souci actuel de son emploi l’a emporté de façon compréhensible sur le bien-être à long terme des personnes et de l’économie. Les adversaires de l’initiative ont joué ainsi à fond la carte de l’insécurité pour les travailleurs/euses avec une campagne jouant sur les peurs. En fin de compte, l’impression a prévalu qu’il n’est pas possible d’accorder plus de vacances dans la situation actuelle.

Défi à relever pour Le Conseil fédéral et les employeurs

La force de l’économie suisse repose sur des travailleurs et travailleuses en bonne santé et motivés. Le monde du travail actuel fragilise la santé des personnes et contribue peu à cette motivation sur la durée. La démographie renforce cette évolution. La réussite économique de la Suisse est ainsi menacée. Un pays à hauts salaires comme la Suisse doit justement faire tout particulièrement attention au bien-être des travailleurs/euses. Ce devoir reste d’actualité, aussi avec le non d’aujourd’hui. Le Conseil fédéral et les employeurs sont maintenant mis au défi, dans la politique et par le partenariat social, de chercher à trouver de nouvelles solutions. Nous restons prêts à saisir la balle au bond.

11 mars 2012, Martin Flügel, Président

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